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Présentation ; Des revendications diverses ; L'aiguillon français ; L'Italie et l'aspiration à l'unité nationale ; Le réveil de la mosaïque allemande ; L'Autriche au bord de la dislocation ; Un retour à l’ordre ancien ?
Révolutions de 1848, vaste vague révolutionnaire — à dominante républicaine (France), libérale et unitaire (Italie, Allemagne), nationaliste (Autriche) — qui a traversé l’Europe en 1848-1849. Ayant débuté en janvier-février 1848, les révoltes ont fortement ébranlé les monarchies européennes déjà fragilisées par les échecs précédents des tentatives de réformes politiques et économiques.
Sur un plan politique, la bourgeoisie et une certaine noblesse exigent la création de gouvernements constitutionnels, aux dépens des monarchistes absolutistes en place. Dans le souvenir d’une crise économique à peine finissante, les ouvriers et paysans, essentiellement en France, entrent pour leur part en rébellion contre l’exploitation capitaliste — en particulier celle des gros propriétaires fonciers ; leur intervention donne une coloration sociale à la crise. D’un point de vue général, ce séisme d’échelle continentale remet en cause l’ordre établi au cours du congrès de Vienne (1815), qui a redessiné la carte de l’Europe sans tenir compte des spécificités nationales, en particulier dans les Balkans et en Europe centrale. La secousse du « Printemps des peuples » traverse l’Europe des Empires (se faisant ressentir jusqu’en Grande-Bretagne) et témoigne ainsi d’une de ses principales caractéristiques : le réveil des nationalités qui exigent leur autonomie (tels les Polonais, Allemands, Italiens, Tchèques, Slovaques, Hongrois, Croates, Roumains, etc.).
La révolution éclate en France le 22 février 1848 (voir Révolution française de février 1848). Guidés notamment par Louis Blanc, les partisans du suffrage universel et des réformes sociales forcent le roi Louis-Philippe à abdiquer et à prendre la route de l’exil le 24. La nouvelle de cette abdication, fortement symbolique, se propage dans toute l’Europe en même temps que l’annonce de l’instauration de la IIe République. L’opinion française peut croire que la rupture avec l’ordre ancien est consommée. Mais les divergences entre les insurgés (bourgeois libéraux socialement conservateurs d’une part, et républicains démocrates favorables à une république sociale d’autre part) entraînent une bataille politique pour le contrôle du nouveau régime. Il s’ensuit un large désordre qui désoriente la classe ouvrière, première concernée par l’éventuel succès de la révolution sociale. Lassé et laissé pour compte, le petit peuple de Paris s’insurge à la suite de la fermeture des Ateliers nationaux — garants du travail face à la crise et au chômage. Des émeutes éclatent entre le 23 et le 26 juin 1848. Leur sanglante répression (6 000 morts au total) marque l’agonie du mouvement révolutionnaire : avec le soutien du parti de l’Ordre composé de monarchistes et de catholiques, Louis Napoléon (neveu de Napoléon Ier et futur Napoléon III) se fait élire président à la fin de l’année. La révolution parisienne de 1848, dans sa force propre et parce que la France est le creuset de l’esprit révolutionnaire (1789), fait office de symbole. C’est une des étincelles qui embrase l’Europe et encourage en particulier les mouvements républicains favorables à l’unité nationale (Italie). Au reste, le caractère emblématique des événements ayant entraîné la chute de Louis-Philippe ne doit pas masquer d’autres faits. Ainsi, le feu couve en Italie depuis 1847 ; il éclate en plusieurs points de la péninsule dès janvier 1848, un mois avant la révolution parisienne. En somme, s’il y a une coïncidence temporelle dans le Printemps des peuples, il ne faut pas faire de Paris l’épicentre ou l’unique détonateur d’une crise d’envergure continentale, aux causes multiples et différenciées.
Sous l’horizon d’une Italie morcelée par les petits royaumes, la révolution est provoquée par une triple aspiration des Italiens à la liberté politique, à l’unité de la péninsule (voir unification italienne), à l’indépendance vis-à-vis de l’Empire austro-hongrois.
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