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marionnettes

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Marionnettes du théâtre de GuignolMarionnettes du théâtre de Guignol
Plan de l'article
1

Présentation

marionnettes, figurines inanimées utilisées dans un spectacle théâtral pour représenter des êtres humains, des animaux ou des personnages mythologiques. De taille variable, elles sont fabriquées selon plusieurs méthodes et peuvent être actionnées à la main ou par d’autres moyens.

Connues déjà dans l’Antiquité, comme le révèle le Symposium de Xénophon, écrit au Ve siècle av. J.-C., les marionnettes appartiennent à une tradition populaire, en particulier en Europe et en Asie, et constituent l’une des plus anciennes formes théâtrales. Elles ont en effet précédé l’écriture dramatique ainsi que le théâtre incarné par des acteurs.

2

Typologie

Les marionnettes peuvent être en relief ou en a-plat, manipulées à vue ou sous forme d’ombres. La plus simple d’entre elles est la marionnette à gaine, que le marionnettiste enfile et anime à l’aide de ses doigts.

Les marionnettes à tige ou à tringle peuvent être de simples figures de carton ou des figurines en trois dimensions, animées par le marionnettiste (aidé d’un ou plusieurs assistants), du dessous ou des côtés pour celles à tiges, et du dessus pour celles à tringle. Une seule baguette commande habituellement la tête et le cou, une autre l’un ou l’autre bras, tandis que les jambes pendent librement.

Enfin, les marionnettes à fil sont actionnées par le dessus, chaque pied et chaque main, ainsi que la tête et la taille, étant reliés à une ficelle. Des fils supplémentaires peuvent être ajoutés pour créer des mouvements particuliers ; mais elles sont articulées afin que chaque partie du corps puisse évoluer en toute autonomie. Par ailleurs, d’autres types de marionnettes, à feu ou à eau subsistent encore dans certaines régions de Chine.

Généralement, le théâtre de marionnettes ressemble à une baraque de forain ou à un théâtre à l’italienne en miniature. Les spectacles peuvent aller de la simple saynète à deux personnages animés par un seul marionnettiste, dans un théâtre portatif, à des représentations beaucoup plus sophistiquées dans le cadre d’opéras ou de pièces plus traditionnelles dans des décors aux dimensions humaines. Ce type de représentation nécessite alors de nombreuses figurines et comprend de la musique. Pour ce qui est de l’intrigue, elle peut être racontée par un narrateur ou bien intégrée à des dialogues interprétés par les marionnettistes.

3

Historique

3.1

Période classique

Dans l’Antiquité, notamment en Égypte, en Grèce et en Chine, les figurines manipulées eurent d’abord une fonction religieuse, avant de constituer progressivement un art à part entière. Les marionnettes à tige de Java et d’Orient, par exemple, servaient à raconter des contes populaires, inspirés pour l’essentiel des poèmes épiques hindous du Ramayana et du Mahabharata, et apparaissaient en ombre chinoise sur un voile transparent. Le bunraku, théâtre japonais très sophistiqué, utilisait de grandes poupées, actionnées à l’aide de fils et de leviers par trois personnes habillées de noir et visibles sur scène. Le spectacle reprenait des drames héroïques traditionnels ou des tragédies japonaises dont l’action était mimée, tandis qu’un chanteur, accompagné d’un orchestre, récitait l’histoire.

À partir du XVIe siècle, les artistes de la commedia dell’arte firent des marionnettes des personnages de théâtre, incarnant parfois l’esprit national, tels que Punch et Judy en Angleterre, Guignol en France, Kasperl en Allemagne ou Petrouchka en Russie. Les spectacles étaient alors composés de saynètes traditionnelles, farcesques, de combats violents et d’incidents volontairement grossis de la vie quotidienne.

Le XVIIe siècle vit s’affirmer, en Europe et tout particulièrement en Italie, la différence entre deux pratiques : l’une, populaire, fondée sur l’improvisation et la technique de la marionnette à gaine ; l’autre plus élitiste, davantage tournée vers la littérature, utilisait la marionnette à fil. Au XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne, les écrivains se servaient du théâtre de marionnettes pour y présenter des satires violentes. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la France connut un engouement pour une forme plus littéraire. George Sand fonda un théâtre de marionnettes à Nohant en 1847, jouant les pièces écrites par son fils.

3.2

Le XXe siècle

L’art de la marionnette a connu un renouveau au XXe siècle, à la fois en Asie et en Occident. En Orient et plus particulièrement en Inde, la pratique s’enrichit à partir des années 1950, sous l’impulsion de Devi Lal Samar, de nouveaux modes d’expression et d’histoires plus actuelles, puis elle s’ouvrit progressivement aux techniques occidentales, conduisant à un équilibre fragile entre modernité et tradition.

En Europe, pendant la première moitié du XXe siècle, de nombreux écrivains et plasticiens s’emparèrent de cet art. Paul Claudel, Michel de Ghelderode, Maurice Maeterlinck ou Federico García Lorca écrivirent des pièces pour marionnettes, et des artistes comme Paul Klee créèrent des figurines originales. Mais ce sont surtout les surréalistes et les dadaïstes, ainsi que les futuristes italiens et russes, qui réaffirmèrent les vertus de la marionnette et revendiquèrent son utilisation en tant que technique unique permettant d’en finir avec l’illusion théâtrale. Ainsi Alfred Jarry conçut sa pièce, Ubu Roi (1896) pour des pantins qu’il avait lui-même sculptés. En réaction au naturalisme stanislavskien, de nombreux théoriciens tels qu’Edward Gordon Craig, en Angleterre, ou Vsevolod Meyerhold, en Russie, préconisèrent l’utilisation de la marionnette et tentèrent de l’imposer comme modèle formel pour le jeu d’acteur. Ces théories allaient durablement influencer la création dramatique en Occident.

À partir des années 1950, le théâtre de marionnettes fut confronté à deux problèmes majeurs : d’une part, la disparition progressive du théâtre populaire traditionnel, d’autre part, le glissement du genre vers un divertissement destiné exclusivement aux enfants. Pour pallier ces évolutions, de nouvelles formes se développèrent. En France, le Centre national de la marionnette, puis le festival de Charleville-Mézières furent créés. De l’animation des poupées géantes de la compagnie Bread and Puppet dans les années 1960 à l’utilisation de figures articulées dans de nombreux spectacles de rue aujourd’hui, l’art de la marionnette a su renouer peu à peu avec ses origines populaires. Parallèlement, certains metteurs en scène ou chorégraphes, comme Tadeusz Kantor ou plus récemment Philippe Genty, ont volontairement réintroduit la marionnette au cœur du théâtre, en créant des spectacles avec la participation d’acteurs et de pantins.

Enfin, la télévision a permit d’explorer de nouvelles voies. On note, aux États-Unis, le Muppet Show, inventé par le marionnettiste Jim Henson, dont fut tiré en France le Bébête-Show, créé en 1988, transposition télévisée du traditionnel café du commerce. Satire caustique, les Guignols de l’info ont su s’attirer les faveurs d’un public jeune toujours plus nombreux.

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