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Plan de l'article
Présentation ; L’union des Tchèques et des Slovaques ; La Ire République (1918-1938) ; La IIe République (1938-1939) et la Seconde Guerre mondiale ; La IIIe République (1945-1948) ; La Tchécoslovaquie communiste (1948-1990) ; La scission de la Tchécoslovaquie
Tchécoslovaquie, ancien État fédéral d’Europe centrale fondé en octobre 1918, au lendemain de la Première Guerre mondiale, et dissous le 31 décembre 1992. La partition de la Tchécoslovaquie a donné naissance à deux nouveaux États : la République tchèque et la Slovaquie.
Jusqu’à la Première Guerre mondiale, ni les Tchèques, ni les Slovaques n’ont manifesté de velléité d’indépendance comparable à celle des Slaves ou des Hongrois à l’intérieur de l’Empire austro-hongrois. Les deux peuples n’ont jamais formé ensemble un État indépendant, mais se sont rapprochés à la fin du xixe siècle. En mai 1917, les députés tchèques proposent la constitution d’un État confédéral dont la Bohême — agrandie de la Slovaquie — formerait la troisième composante avec l’Autriche et la Hongrie. Le projet est rejeté par l’empereur Charles Ier, en raison de l’opposition des Magyars (Hongrois). Dès 1916, les Tchèques Tomáš Masaryk, Edvard Beneš et le Slovaque Milan Štefánik ont fondé à Paris un Conseil national tchécoslovaque.
La défaite de l’Autriche-Hongrie face aux Alliés, en 1918, précipite les événements. Le 28 octobre, la république est proclamée à Prague. Le 31, un gouvernement provisoire d’union nationale reconnu par les Alliés s’installe dans la capitale, et Tomáš Masaryk est proclamé président. Deux présidents — Tomáš Masaryk (de 1918 à 1935), qui se retire en raison de son grand âge, et Edvard Beneš (de 1935 à 1938) — se sont succédé à la tête de cette Ire République tchécoslovaque. Les frontières sont définies au traité de Saint-Germain (10 septembre 1919), puis revues au traité de Trianon (4 juin 1920). La partie tchèque de la république comprend la Bohême, la Moravie, la Silésie autrichienne et les Sudètes. La Slovaquie, ancienne dépendance de la Hongrie, étend sa frontière au sud pour bénéficier d’une ouverture sur le Danube et à l’est, en Ruthénie. La Constitution de 1920, qui établit une république parlementaire centralisée, inspirée du modèle français, fait figure d’exception en Europe centrale. Les députés sont élus au suffrage universel et les droits de l’homme sont garantis. Cependant, l’extrême éclatement de la représentation parlementaire impose la constitution de gouvernements de coalition autour du Parti agrarien pendant presque toute la période. Les groupes extrémistes de droite et de gauche, y compris le mouvement fasciste et le Parti communiste (créé en 1921), n’obtiennent jamais une réelle influence. Les territoires nouvellement acquis et les ressources industrielles héritées de l’Empire austro-hongrois font de la Tchécoslovaquie un pays relativement prospère. Une monnaie stable et un programme modéré de redistribution des terres lui permettent de surmonter la crise économique de l’après-guerre, mais la crise économique de 1929 provoque une chute de 40 % de la production industrielle en quatre ans.
Le tracé des frontières ne tient pas compte du peuplement et porte en germe de lourds conflits avec les pays voisins. La Tchécoslovaquie comprend deux tiers seulement de nationaux, le reste étant composé d’Allemands (22 %, surtout dans les Sudètes), de Hongrois (5 %, en Slovaquie et Ruthénie), de Polonais (1 % du territoire de Teschen) et d’Ukrainiens (Ruthénie). Les droits des minorités sont respectés (aucune plainte n’est déposée avant 1938 devant la commission des minorités de la Société des Nations), contrairement à ce qui se passe dans les pays voisins, mais certains groupes de populations ont manifesté leur réticence à intégrer le nouvel État dès sa fondation. Les Allemands des Sudètes, en particulier, ont émis le souhait d’être incorporés au puissant voisin. Les revendications des Ukrainiens et des Hongrois vont également constituer une menace de plus en plus sérieuse pour le jeune État. En outre, les relations entre Tchèques et Slovaques se dégradent rapidement. En 1918, Tomáš Masaryk a signé l’accord de Pittsburgh avec des émigrants slovaques aux États-Unis, garantissant à la Slovaquie un statut autonome dans le futur État commun. Cependant, la constitution de 1920 proclame que la Tchécoslovaquie est l’État unique et centralisé d’un seul « peuple tchèque » parlant « la langue tchèque ». Les Slovaques sont également indignés par l’attitude condescendante des Tchèques, plus urbanisés et plus industrialisés, qui ont la mainmise sur le gouvernement et la plupart des administrations, même en Slovaquie. Leur catholicisme fervent s’offense de l’hostilité qui existe entre le gouvernement et le Vatican. Le Parti populiste slovaque de l’abbé Hlinka, sous l’influence croissante de Mgr Jozef Tiso, adopte des positions de plus en plus autonomistes et fascisantes, et remporte la moitié des suffrages en Slovaquie, en 1932.
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