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TchécoslovaquieArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’union des Tchèques et des Slovaques ; La Ire République (1918-1938) ; La IIe République (1938-1939) et la Seconde Guerre mondiale ; La IIIe République (1945-1948) ; La Tchécoslovaquie communiste (1948-1990) ; La scission de la Tchécoslovaquie
La question des minorités et ses implications en politique étrangère constituent une menace de plus en plus sérieuse pour la jeune république, favorable au statu quo. Effrayée par les projets révisionnistes de ses voisins allemands, autrichiens, hongrois et polonais, elle cherche à garantir sa sécurité par le biais d’accords, d’alliances militaires et de traités de coopération. Entre 1920 et 1922, elle forme la Petite Entente avec la Roumanie et la Yougoslavie (qui s’en retire en 1936). Soucieuse de se ménager l’appui d’une grande puissance, elle signe en 1925 un traité d’assistance militaire avec la France. En 1935, elle conclut un pacte défensif avec l’URSS, dont la mise en application est subordonnée au respect des engagements français.
Les divisions internes combinées aux menaces externes vont causer la disparition de la République tchécoslovaque. En 1933, l’arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne replace au premier plan la question des trois millions d’Allemands des Sudètes. Deux ans plus tard, le parti pronazi de Konrad Henlein obtient près d’un tiers des suffrages de l’électorat allemand. Après l’annexion de l’Autriche par Adolf Hitler, le 12 mars 1938, tous les partis politiques allemands de Tchécoslovaquie, à l’exception des sociaux-démocrates, quittent le gouvernement. Encouragé par Hitler, Konrad Henlein rassemble ses revendications dans le programme en huit points, de Karlsbad (ou Karlovy Vary) en avril 1938. Son exigence d’une autonomie complète des Sudètes dans un État fédéraliste est d’abord repoussée par Prague, malgré les pressions des Français et des Britanniques. Quand le président Edvard Beneš accepte finalement (4 septembre), grâce à la médiation de Lord Runciman, Konrad Henlein rompt les négociations et déclenche une vague d’attentats. Réfugié en Allemagne, il demande le rattachement des Sudètes au IIIe Reich. Le 12 septembre, Adolf Hitler prononce un discours très violent à l’égard de la Tchécoslovaquie. Cherchant à éviter la guerre, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain rencontre le Führer à Berchtesgaden (15 septembre), et accepte le principe d’une cession des Sudètes. Les Français, plus hésitants en raison du traité qui les lie, tombent d’accord avec Londres pour encourager Prague à accepter. Les nouvelles exigences formulées par l’Allemagne (22 septembre) accroissent la tension et provoquent la mobilisation en France. À la demande du Britannique Chamberlain, une conférence réunissant Édouard Daladier (France), Adolf Hitler (Allemagne) et Benito Mussolini (Italie) est organisée à Munich, les 29 et 30 septembre. N’ayant pas été convié, le Premier ministre tchécoslovaque Syrovy est placé devant le fait accompli. Les accords de Munich, entrés en vigueur dès le 1er octobre 1938, enlèvent à la Tchécoslovaquie un territoire de 30 000 km², peuplé de 3 millions d’habitants et lui fait perdre ses fortifications, ses défenses naturelles ainsi que d’importantes ressources économiques. Profitant de l’affaiblissement de Prague, la Pologne et la Hongrie lancent des ultimatums concernant la cession des territoires frontaliers contestés. Dès le 30 septembre, la Pologne annexe le territoire de Teschen. À la suite de l’arbitrage italo-allemand (2 novembre), la Hongrie récupère le sud de la Slovaquie. En un mois, la Tchécoslovaquie a perdu 4,8 millions d’habitants, dont un quart sont Tchèques et Slovaques, un tiers de ses territoires et un quart de son potentiel industriel.
La IIe République tchèque ne dure que six mois (jusqu’en mars 1939) : à la suite des accords de Munich, le président Edvard Beneš ayant démissionné et pris le chemin de l’exil (5 octobre), un nouveau gouvernement de droite est formé par le président Emil Hácha Slavishly. Dès le 6 octobre 1938, Mgr Jozef Tiso proclame l’autonomie de la Slovaquie et imprime à son régime une orientation résolument fasciste. Soutenue par Adolf Hitler, la diète de Bratislava vote l’indépendance de la Slovaquie le 14 mars 1939. Jozef Tiso, homme de paille et allié militaire du Reich, prend la présidence. Pour sa part convoqué à Berlin dans la nuit du 14 au 15 mars, Emil Hácha Slavishly est contraint sous la menace de « remettre avec une pleine confiance le pays tchèque entre les mains du Führer ».
Le 15 mars 1939, les troupes allemandes franchissent la frontière et, le soir même, Adolf Hitler signe à Prague le décret instituant le protectorat de Bohême-Moravie. La Hongrie reçoit la Ruthénie (Ukraine subcarpatique). Les établissements d’enseignement supérieur sont fermés en novembre 1939 et des centaines de milliers de Tchèques sont envoyés dans les usines allemandes à partir de 1941. La répression s’abat sur toutes les couches de la population, particulièrement les intellectuels (les écrivains Vladislav Vanèura et Julius Fuèik sont exécutés). Le Comité central de la Résistance intérieure, formé au début de l’année 1940, parvient à entrer en contact avec Londres, où Edvard Beneš reprend le titre de président et forme un gouvernement en exil, avec Jan Masaryk et Mgr Sramek. Hormis quelques actions d’éclat — comme l’assassinat du Reichsprotektor Reinhard Heydrich (le « Boucher de Prague »), le 27 mai 1942 —, la Résistance ne peut guère étendre son action et se consacre essentiellement au sabotage et au renseignement. Déçu par l’attitude des démocraties occidentales lors des accords de Munich, Edvard Beneš décide de préparer l’avenir en signant avec l’URSS, le 12 décembre 1943, un traité d’assistance mutuelle et de coopération. Cet accord, qui prévoit l’incorporation volontaire de la Tchécoslovaquie dans la sphère soviétique, la socialisation des moyens de production et l’élimination des ennemis de l’URSS, contient en germe la mise sous tutelle du pays après la guerre. En Slovaquie, une coalition de différents partis (dont les communistes) se regroupent en un Conseil national slovaque qui tente de renverser le régime, mais l’insurrection du 29 août 1944 est réprimée par les Allemands. Sachant l’arrivée des armées soviétiques imminente, la population de Prague se soulève contre l’occupant nazi le 5 mai 1945 et le 9, l’Armée rouge libère la ville dans la liesse populaire.
Installé à Košice dès le 4 avril 1945 par Edvard Beneš, le gouvernement tchèque comprend un fort contingent communiste, de même que les comités d’action qui se mettent en place dans tout le pays et prennent le contrôle de l’administration locale. Le programme de Košice (5 avril) adopte le principe d’une république dans laquelle Tchèques et Slovaques sont traités sur un pied d’égalité, avec un programme de nationalisations, une réforme agraire et la planification de l’économie. Le 16 mai, le gouvernement s’installe à Prague.
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