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    La Tchécoslovaquie fut un pays d' Europe centrale du 28 octobre 1918 au 31 décembre 1992 (à l'exception de la période 1938-1945).

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    Tchécoslovaquie, ancien État fédéral d’Europe centrale fondé en octobre 1918, au lendemain de la Première Guerre mondiale, et dissous le 31 décembre..

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Tchécoslovaquie

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Klement Gottwald (discours)Klement Gottwald (discours)
Plan de l'article
5.1

La pression communiste

Au cours de la IIIe République tchécoslovaque, les communistes étendent peu à peu leur pouvoir politique grâce à l’appui soviétique. Les élections de mai 1946 leur donnent plus du tiers des sièges au parlement. Edvard Beneš revient à la présidence, mais le leader communiste Klement Gottwald est chargé de former un nouveau gouvernement et ses partisans reçoivent les ministères de l’Éducation, de l’Intérieur et des Communications. La Tchécoslovaquie retrouve ses frontières d’avant-Munich, à l’exception de la Ruthénie (Ukraine subcarpatique), cédée à l’Union soviétique. L’expulsion brutale des 2,5 millions d’Allemands des Sudètes met fin à une présence vieille de sept siècles et permet au pays d’avoir une population à 95 % tchèque ou slovaque. Les principaux partis politiques conservateurs d’avant-guerre, notamment les Agrariens et les Populistes slovaques, sont interdits. Néanmoins, le multipartisme se maintient, contrairement à ce qui se passe dans les pays voisins passés sous la coupe soviétique.

Au cours de l’année 1947, le contexte international se modifie. Edvard Beneš, qui souhaite accepter le plan Marshall proposé par les Américains, est contraint d’y renoncer sous la pression des Soviétiques. À l’intérieur, la baisse d’influence des communistes accroît la tension à l’approche des élections prévues en mai 1948. Le conflit éclate au sein du gouvernement à propos de la nomination systématique de communistes au sein de l’administration et de la police.

5.2

Le coup de Prague

Le 21 février 1948, douze ministres libéraux démissionnent du gouvernement, pensant que la crise politique engendrée provoquera la chute du Parti communiste lors des élections programmées ; mais la tentative échoue. Les communistes sont toujours en majorité au gouvernement et le contrôle qu’ils exercent sur la police et les milices ouvrières leur permet d’organiser des manifestations de rue. Le président Beneš, malade et effrayé des risques de guerre civile, capitule et nomme un nouveau gouvernement, dominé par les communistes et leurs alliés.

Dès lors, les événements s’accélèrent. Nombre de dirigeants de l’opposition s’exilent, et Jan Masaryk est retrouvé mort (officiellement suicidé, mais les circonstances de sa mort restent controversées). En avril, toute l’industrie est nationalisée et en mai, des élections sur listes uniques donnent 86 % de voix au PC. Edvard Beneš démissionne en juin ; c’est la fin de la IIIe République tchécoslovaque.

6

La Tchécoslovaquie communiste (1948-1990)

6.1

La mise en place d’une démocratie populaire

Le communiste Klement Gottwald accède à la présidence du pays. La Tchécoslovaquie se transforme rapidement en démocratie populaire, satellite de l’URSS. L’agriculture est collectivisée, les églises attaquées et soumises à des restrictions, l’éducation et la vie culturelle et intellectuelle réorganisées selon les principes marxistes. Le procès des criminels de guerre est l’occasion d’un amalgame entre fascistes et anticommunistes, qui sont emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail. Entre 1949 et 1954, plus de 40 000 personnes sont jugées pour atteinte à la sûreté de l’État et 178 exécutées. L’Église, les juifs, les intellectuels et les anciens chefs des partis bourgeois sont les premiers visés.

Au début des années 1950, une purge frappe le Parti communiste : le procès de Prague. Les principaux membres du parti, tels Rudolf Slánsky (ancien secrétaire général du Parti), Vladimir Clementis (ancien ministre des Affaires étrangères) sont condamnés à mort après des aveux forcés au cours de procès publics à caractère antisémite. Arthur London, survivant de ces procès, en décrit les mécanismes dans son célèbre roman l’Aveu (1968, adapté au cinéma en 1970 par le réalisateur Costa-Gavras).

Après la mort de Klement Gottwald, en mars 1953, Antonín Zápotocký est porté à la tête du pays. La mort de Joseph Staline (le 5 mars, peu avant celle de Gottwald) et la déstalinisation mise en place dans l’URSS de Khrouchtchev, mais aussi les conflits ouvriers et le mécontentement des agriculteurs, des intellectuels et des étudiants amènent les dirigeants tchécoslovaques à libéraliser le régime. Cette ouverture prend fin en 1957 avec la nomination à la présidence du secrétaire général du Parti communiste Antonín Novotný. Dès 1963 cependant, les communistes de pure obédience occupant le pouvoir sont contraints d’entreprendre la déstalinisation du pays, en raison de graves difficultés économiques. Les victimes des purges de 1952 sont réhabilitées et Mgr Beran, archevêque de Prague, est libéré.

6.2

Alexander Dubček et le Printemps de Prague

Les critiques du régime et les difficultés économiques s’aggravent et, au début de l’année 1968, la faction progressiste du Parti communiste est portée au pouvoir. Antonín Novotný est remplacé au secrétariat du Parti en janvier par Alexander Dubček (chef du PC slovaque), et à la présidence en mars par le général Ludvik Svoboda (héros de la Seconde Guerre mondiale). Au cours des mois qui suivent, connus sous le nom de Printemps de Prague, le nouveau régime annonce son intention de suivre une voie originale dans l’édification du socialisme (le « socialisme à visage humain ») et de démocratiser le pays. La méfiance des Soviétiques à l’égard de cette expérience se transforme rapidement en une forte pression quand les réformes sont mises en place.

Les libertés d’expression, de la presse, de réunion et de religion sont reconnues. Le nouveau régime donne un rôle plus important aux partis non communistes et adopte des réformes économiques, en particulier la décentralisation des instances de décisions (autogestion) et l’introduction d’incitations monétaires. Les victimes de la période 1949-1954 sont réhabilitées, et la Slovaquie obtient la promesse d’une constitution fédérale. Le programme reçoit l’approbation générale des Tchécoslovaques, le soutien de la Roumanie de Ceauşescu, de la Yougoslavie de Tito et de la plupart des partis communistes occidentaux.

Cependant, l’URSS et les leaders socialistes d’autres pays de l’Est s’y opposent, par crainte d’une contagion du mouvement. En dépit de mises en gardes officielles, de vives attaques dans la presse soviétique et de manœuvres militaires d’intimidation, les réformistes tchécoslovaques campent sur leurs positions. Lors de réunions avec la direction soviétique, en août 1968, les menaces se font plus précises. Les dirigeants tchécoslovaques s’engagent à préserver la position dominante du Parti communiste, ainsi qu’à maintenir l’alliance avec l’URSS et les États membres du pacte de Varsovie (signé en 1955).

6.3

L’invasion soviétique

Non convaincus, l’URSS et ses alliés du pacte de Varsovie décident de mettre un terme à l’expérience tchécoslovaque. Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, environ 600 000 soldats soviétiques, est-allemands, polonais, hongrois et bulgares pénètrent dans le pays pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « contre-révolution de droite ». Plusieurs dirigeants réformistes, notamment Alexander Dubček, sont enlevés et conduits en URSS. À l’issue de discussions très tendues, un compromis est signé. Croyant obtenir un sursis, Alexander Dubček accepte le « stationnement provisoire » de troupes soviétiques sur son territoire, qui marque en fait la fin du Printemps de Prague. La résistance non violente des Tchécoslovaques fait néanmoins 25 victimes civiles.

L’intervention est condamnée dans le monde entier, aussi bien par des communistes que par des non communistes. Le 15 janvier 1969, le suicide par immolation du jeune Jan Palach symbolise aux yeux du monde la résistance désespérée du peuple tchécoslovaque face à l’oppression. Les troupes soviétiques sont bientôt rejointes par une horde de conseillers civils et militaires, qui viennent encadrer la politique de « normalisation ». En avril 1969, Alexander Dubček est évincé de la direction du Parti communiste tchécoslovaque et remplacé par le Slovaque Gustáv Husák (ancienne victime des purges de 1952).

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