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TchécoslovaquieArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’union des Tchèques et des Slovaques ; La Ire République (1918-1938) ; La IIe République (1938-1939) et la Seconde Guerre mondiale ; La IIIe République (1945-1948) ; La Tchécoslovaquie communiste (1948-1990) ; La scission de la Tchécoslovaquie
Dès 1969, le nouveau chef du PC tchécoslovaque Gustáv Husák (qui assure la présidence du pays entre 1975 et 1989) met en place la politique de « normalisation » voulue par le Soviétique Leonid Brejnev. Il annule les réformes économiques et la libéralisation mises en place lors du Printemps de Prague, à l’exception de la promesse d’une constitution fédérale, qui est appliquée. Chaque république dispose d’une assemblée, d’un Premier ministre et d’un gouvernement. Le pouvoir fédéral est compétent en matière de défense, de politique étrangère et économique, tandis que les républiques sont responsables de l’éducation et des affaires culturelles. Les réformistes sont éliminés du pouvoir et pourchassés. La Tchécoslovaquie redevient un État communiste modèle et un allié fidèle de l’URSS. Le contrôle des médias (cinéma, radio, télévision) est rétabli, de même que la censure. Le ministère de l’Information supervise le contenu éditorial de tous les journaux et le ministère des Communications est responsable de la distribution. Outre le principal journal communiste, Rudé Právo (« Justice rouge »), les quotidiens nationaux comprennent les organes de deux partis alliés au Parti communiste. À la fin des années 1980, le Conseil central des syndicats compte dans ses rangs 97 % de la classe ouvrière. Cet organisme est essentiellement chargé d’encourager la productivité, d’informer le gouvernement sur les besoins des ouvriers et d’assurer leurs loisirs. Les adhésions et les cotisations mensuelles sont obligatoires. Au cours des années 1970, une opposition au régime se développe progressivement après la conférence d’Helsinki. Le principal acte de défi de l’opposition est la publication, le 1er janvier 1977, de la Charte 77, un document rassemblant 243 signataires (parmi lesquels des intellectuels, universitaires, hommes d’Église, etc.), qui accuse le gouvernement de Husák de graves violations envers les droits de l’homme. Le régime réplique par la condamnation et l’emprisonnement en 1979 des intellectuels dirigeants le mouvement, notamment Jan Patoèka (philosophe), Václav Havel (dramaturge), Jiri Hájek (enseignant et ancien ministre des Affaires Étrangères de Dubček). Un groupe dissident, le Comité de défense des personnes injustement poursuivies (VONS), continue à communiquer à l’Occident des informations sur les conditions de vie en Tchécoslovaquie. L’opposition est neutralisée, mais non supprimée.
En décembre 1987, Gustáv Husák abandonne symboliquement son poste de secrétaire général du parti au profit de Miloš Jakeš, autre communiste orthodoxe, pour laisser entendre sa bonne volonté à la prestavba (synonyme de perestroïka, « restructuration »). Il conserve néanmoins la présidence du pays. Alors que les changements politiques s’accélèrent dans l’URSS de Gorbatchev et dans les autres pays d’Europe de l’Est, le nouveau dirigeant du parti est incapable de maîtriser l’aspiration de son peuple aux réformes. Misant sur les retombées de la perestroïka soviétique, l’opposition commémore l’anniversaire du Printemps de Prague et de la mort de Jan Palach (15 janvier 1989) et manifeste dans une capitale quadrillée par la police. Arrêté, Václav Havel, figure emblématique de la dissidence, est condamné à neuf mois de prison (21 février). Le 29 septembre, 2 500 Allemands de l’Est voulant passer à l’Ouest se réfugient dans l’ambassade de RFA à Prague, donnant le signal de l’écroulement des régimes socialistes en Europe de l’Est (voir révolutions démocratiques de 1989). La violente répression d’une manifestation d’étudiants, le 17 novembre 1989 est le point d’orgue de la Révolution de velours, qui entraîne la chute du communisme en Tchécoslovaquie. Le 25 novembre, Miloš Jakeš et les autres dirigeants du PC démissionnent. Le Premier ministre Ladislav Adamec entame des négociations avec la principale formation d’opposition, le Forum démocratique de Václav Havel, qui aboutissent à la formation d’un gouvernement de coalition le 3 décembre. Le 7 décembre, Ladislav Adamec se retire et est remplacé par le Slovaque Marian Čalfa, un ancien communiste. Après la démission du président Gustáv Husák (10 décembre), l’Assemblée nationale place à sa tête Alexander Dubček et élit Václav Havel président de la Tchécoslovaquie. Au cours des premières élections libres depuis 1946, en juin 1990, le Forum démocratique et ses alliés obtiennent la majorité des deux chambres du Parlement. Václav Havel est réélu pour un mandat de deux ans et maintient Marian Čalfa à la tête du gouvernement de coalition.
Dès le 30 mars 1990, le mouvement pour l’indépendance de la Slovaquie a réuni 2 000 personnes à Bratislava. Au printemps 1992, les disparités économiques accroissent les divergences de vue entre les Tchèques, partisans d’une instauration rapide du libéralisme, et les Slovaques favorables au maintien du rôle de l’État. En outre, les Slovaques rejettent la proposition tchèque d’un régime confédéral. L’échec des négociations entraîne un blocage des institutions au cours de l’été. Le 20 juin, Václav Klaus, Premier ministre tchèque, et le Slovaque Vladimir Mečiar aboutissent à un accord de partition. Le 17 juillet, jour de la proclamation de souveraineté de la Slovaquie, Václav Havel démissionne de la présidence fédérale. La Tchécoslovaquie cesse d’exister le 31 décembre 1992. Elle est remplacée le lendemain par la République tchèque et la Slovaquie, qui élisent respectivement Václav Havel et Michal Kováč comme présidents.
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