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Plan de l'article
Présentation ; Le successeur de Justin Ier ; La reconquête des territoires romains ; L’œuvre intérieure de Justinien
Justinien Ier (482-565), empereur byzantin (527-565). Surnommé Justinien le Grand, Justinien Ier a étendu à l’Occident la domination de l’Empire byzantin (héritier de l’Empire romain d’Orient), embelli sa capitale Constantinople et parachevé la codification de la loi romaine. La vie de cet empereur est bien documentée grâce aux écrits de l’historien Procope, son contemporain.
Né en Illyrie, neveu de l’empereur Justin Ier, Justinien — en latin Flavius Petrus Sabbatius Justinianus — fait ses études à Constantinople (actuelle Istanbul). En 518, il devient l’administrateur de Justin, qui le choisit pour successeur. Il épouse Théodora, une ancienne actrice et courtisane, en 523. Quatre ans plus tard, après la mort de son oncle, Justinien accède au trône impérial auquel il associe son épouse.
Durant son règne, Justinien s’emploie à reconstituer les frontières géographiques de l’ancien Empire romain, dont la partie occidentale a été perdue au cours des Grandes Invasions du ve siècle. Avec l’aide de deux brillants généraux, Bélisaire et Narsès, l’empereur entreprend de reconquérir l’Afrique du Nord, l’Italie méridionale, la Sicile, la Sardaigne et une partie de l’Espagne. Ainsi, en 533, une armée impériale, dirigée par Bélisaire, part à l’assaut des Vandales établis en Afrique du Nord ; après la prise de Carthage et de la capture du roi Gélimer, l’ancienne province d’Afrique est réintégrée à l’empire (534). Fort de cette victoire, les armées byzantines s’emparent de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse. Puis, en 535, l’armée impériale mène campagne contre les Ostrogoths en Italie. Cette « guerre gothique », à laquelle prennent part Bélisaire puis Narsès, dure près de vingt ans (535-553) ; ce n’est qu’après l’assassinat du roi ostrogoth Totila, en 552, que les Byzantins soumettent l’Italie et y installent l’exarchat (préfecture) de Ravenne. Enfin, une troisième campagne est lancée dans la péninsule Ibérique (550-554), au terme de laquelle les Wisigoths perdent leurs territoires en Bétique (l’antique Andalousie). Parallèlement, Justinien doit sécuriser les frontières orientales de l’Empire byzantin. Il s’assure la paix en versant un tribut au roi Khosro Ier, à la suite des campagnes perses de 531-532 et de 540-545. Cependant, les Slaves et les Huns progressent dans les Balkans. Il n’en demeure pas moins qu’à la fin du règne de Justinien, l’essentiel des anciens territoires romains du pourtour méditerranéen (à l’exception de la Gaule et du nord de l’Espagne) est entré dans le giron byzantin.
À l’intérieur de l’Empire, Justinien est confronté à une insurrection populaire qui enflamme Constantinople en 532 : la sédition de Nika ; celle-ci s’achève dans une sanglante répression menée par Bélisaire. Entre 532 et 537, la basilique Sainte-Sophie, détruite durant la sédition, est reconstruite à l’initiative de l’empereur, selon les plans d’Anthémios de Tralles et d’Isidore de Milet. Le dessein de Justinien de faire revivre l’ancien Empire romain s’accompagne d’une œuvre législative considérable. La principale disposition est un recueil de droit civil que l’on appelle Code Justinien. La première version de ce recueil, le Corpus juris civilis, est publiée en 529 ; la seconde version, le Codex retitae praelectionis (la seule préservée), date de 534. Cette codification législative de grande ampleur reste le fondement du droit civil moderne en Europe. Simultanément à cette réforme législative, Justinien prend des mesures propres à mettre un terme aux abus dans le domaine administratif (les novellae). Lorsque Justinien meurt en novembre 565, son neveu lui succède sous le nom de Justin II.
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