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Dostoïevski, Fedor

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Fedor DostoïevskiFedor Dostoïevski
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1

Présentation

Dostoïevski, Fedor (1821-1881), écrivain russe, représentant le plus illustre, avec Tolstoï, de l’âge d’or de la littérature russe.

Né à Moscou, Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski est le fils d’un médecin de l’armée au caractère brutal. Sa famille appartient à la vieille noblesse russe. À l’âge de dix-sept ans, alors que sa mère est morte, il est placé par son père, devenu alcoolique, à l’Académie du génie militaire de Saint-Pétersbourg. C’est là qu’il apprend la mort de celui-ci, assassiné par des paysans de sa propriété. Il se sent peut-être coupable de ce crime, pour avoir lui-même désiré l’accomplir, comme le laisse supposer le thème du parricide très présent dans son œuvre (les Frères Karamazov). Formé aux sciences exactes, il se passionne très tôt pour la littérature, dévorant les écrits russes et français. Nommé officier en 1843, il démissionne dès l’année suivante pour se consacrer à l’écriture.

2

Écrits de jeunesse

Les Pauvres Gens (1846), roman par lettres où se révèle l’influence de Gogol, obtient un succès éclatant. À travers les mésaventures amoureuses d’un modeste fonctionnaire dont la bonté le pousse à s’effacer devant son riche rival, l’auteur exprime sa compassion pour les opprimés. L’analyse des conflits psychologiques s’intègre étroitement au récit. Cette veine, thématiquement et esthétiquement novatrice, est également illustrée dans le Double (1846), la Logeuse (1847), Nuits blanches (1848), nouvelles qui ne rencontrent qu’indifférence et rejet.

Dès 1848, il rejoint un groupe de jeunes intellectuels fouriéristes, le cercle de Petrachevski, qui forme le projet d’abolir le servage et rêve de révolution socialiste. Dostoïevski est arrêté en avril 1849 et condamné à mort avec l’ensemble du groupe en décembre 1849. Il est gracié avec ses compagnons face au peloton d’exécution, terrible épreuve qui lui donne le bonheur de redevenir « un homme parmi les hommes ». Sa peine est commuée en quatre ans de travaux forcés en Sibérie.

3

L’épreuve du camp, l’exil

Publié dans le Temps, revue fondée avec son frère Mikhaïl en 1861, Souvenirs de la maison des morts (1861-1862) décrit les effroyables conditions de vie faites aux détenus. Dans ce récit autobiographique, fait à la première personne par le héros-narrateur, Dostoïevski brosse des portraits de bagnards avec qui il a vécu, capables des pires méfaits comme de générosité et de spiritualité. La figure du Christ lui apparaît alors comme seule capable de transcender l’expérience de la souffrance et d’offrir à l’homme une chance de rédemption. Il dit aussi dans ses lettres à son frère sa découverte au bagne du « peuple russe ». Cette expérience le marque psychologiquement, mais aussi physiquement, puisque c’est très probablement à cette époque qu’apparaissent ses premières crises d’épilepsie.

Relaxé en 1854, il est envoyé comme simple soldat dans une ville de garnison, à Semipalatinsk. En 1857, il y épouse Maria Dimitrievna, une jeune veuve tuberculeuse qu’il veut sauver de la misère, mais qu’il doit disputer à un rival. Succédant à l’expérience traumatique du camp, l’exil est pour l’écrivain une période de retour à la vie. Il lit avidement les œuvres parues pendant sa détention, et écrit quelques nouvelles. Cinq ans plus tard, en 1859, autorisé enfin à regagner Saint-Pétersbourg à cause de ses crises d’épilepsie, il reprend pleinement son activité littéraire. Là, on l’a oublié, et il doit tout reprendre de zéro.

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La maturité

Ce retour marque une étape décisive dans la vie et dans l’œuvre de Dostoïevski. Publié en 1861, Humiliés et Offensés, roman en partie autobiographique, sorte d’hommage à Dickens et à Eugène Sue, exprime avec une force renouvelée le sentiment de compassion éprouvé envers les faibles et la foi en la leçon de l’Évangile. Le thème de la rédemption y occupe une place centrale. Mais ce roman n’est pas du goût de la critique.

Dostoïevski s’engage dans la querelle qui oppose slavophiles et occidentalistes, prônant une position médiane fondée sur l’attachement aux valeurs russes. Il exprime ses positions dans sa revue, le Temps. Au cours des étés des années 1862 et 1863, il fait en Europe tout un périple qui lui inspire Notes d’hiver sur des impressions d’été (1863), dans lesquelles il prend encore davantage ses distances vis-à-vis de l’Occident, règne de l’inégalité et de l’argent. Sa revue ayant été interdite, il lance l’Époque (1864-1865), où il publie la nouvelle Mémoires écrits dans un souterrain (1864), aussi nommé parfois le Sous-sol. Dans ce monologue fiévreux se mêlent de façon inextricable éléments subjectifs et objectifs. La crise de conscience du personnage, dont la revendication de liberté absolue et la révolte contre le conformisme se muent en doute profond face à l’amour dont une femme lui fait don, et qu’il refuse, annonce ses œuvres futures, où la question du mal tient une place centrale.

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