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Chardin, Jean-Baptiste

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Chardin, Nature morte avec raie et oignonsChardin, Nature morte avec raie et oignons
Plan de l'article
1

Présentation

Chardin, Jean-Baptiste (1699-1779), peintre et pastelliste français, auteur de scènes de genre et les natures mortes d’une remarquable intensité.

Les œuvres de Jean-Baptiste Chardin, certainement les plus populaires de l’art du xviiie siècle, traitent pourtant de sujets « mineurs » à une époque encore très attachée à la hiérarchie des genres — au sommet de laquelle se situe alors la peinture d’histoire — et relèvent d’une technique et d’une vision tout à fait originales qui ont fait l’admiration de peintres modernes, tels Paul Cézanne, Georges Braque ou Giorgio Morandi.

2

Des natures mortes d’animaux et de fruits

Né à Paris d’un père menuisier spécialisé dans la fabrication de billards, Jean-Baptiste Siméon Chardin se distingue d’abord des grands peintres du xviiie siècle par sa formation : il ne suit en effet pas les cours de la prestigieuse et officielle Académie royale, mais entre dans les ateliers des peintres d’histoire Pierre-Jacques Cazes et Noël-Nicolas Coypel (demi-frère du peintre Antoine Coypel). Il est reçu à l’Académie de Saint-Luc en 1724 puis, grâce à ses deux premières natures mortes de taille monumentale, la Raie (v. 1727, musée du Louvre, Paris) et le Buffet (1728, musée du Louvre), il est admis en 1728 à l’Académie royale de peinture et de sculpture dans la catégorie la plus basse, celle des peintres « d’animaux et de fruits ». Les tableaux de cette époque, souvent consacrés au gibier, associent déjà les deux caractéristiques majeures du peintre : grande liberté de facture et disposition minutieuse des différents éléments.

Outre plusieurs commandes décoratives, Jean-Baptiste Chardin poursuit ses recherches dans les années 1730 en limitant les motifs de ses tableaux à de simples « ustensiles et objets de ménage ». Il parvient ainsi à dépasser l’objet pour ouvrir un vaste espace pictural dans lequel se répondent les matières, les vides et les pleins, l’ombre et la lumière (la Fontaine de cuivre, v. 1730, musée du Louvre).

3

Des scènes de genre

3.1

Les femmes de la bourgeoisie

L’artiste se consacre bientôt aux scènes de genre qui lui valent un large succès. Les figures dépeintes par l’artiste sont surtout féminines et issues de la bourgeoisie, saisies dans leur intérieur à des occupations quotidiennes (Femme cachetant une lettre, 1733, Staatliche Museen, Berlin). Les mères et leurs enfants constituent à ce titre un thème intimiste cher à Jean-Baptiste Chardin, qui en offre deux déclinaisons d’une extrême délicatesse au roi Louis XV : la Mère laborieuse (av. 1740, musée du Louvre) et le Bénédicité (v. 1740, musée du Louvre). Les toiles condensent admirablement l’art de Chardin à mêler gravité et tendresse, rendu des textures et retenue des sentiments.

3.2

Les domestiques

Jean-Baptiste Chardin use des mêmes cadrages resserrés, des même fonds neutres pour saisir servantes et valets dans des situations ordinaires. Les gestes suspendus, les regards perdus dans le vague (l’Écureuse, 1738, musée de Glasgow ; la Pourvoyeuse, 1739, musée du Louvre) engagent là encore le spectateur à dépasser la banalité de la scène pour y chercher une autre signification.

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