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Plan de l'article
ode, poème lyrique de célébration, à l’origine chanté ou accompagné de musique.
Venant du grec odê, « chant, poème lyrique », lui-même dérivé de aidein « chanter », le mot « ode » s’applique d’abord à des poèmes lyriques grecs destinés à être chantés. La signification du mot s’est par la suite restreinte en France, pour seulement désigner un poème lyrique à la prosodie régulière, dont l’ambition est d’« exprimer les sentiments les plus passionnés » (Encyclopédie de Diderot et d’Alembert). L’Encyclopédie fait bien la distinction entre les odes grecques et latines, et les odes françaises : « Dans la poésie grecque et latine, l’ode est une pièce de vers qui se chantait, et dont la lyre accompagnait la voix. Le mot ode signifie chant, chanson, hymne, cantique. Dans la poésie française, l’ode est un poème lyrique, composé d’un nombre égal de rimes plates ou croisées, et qui se distingue par strophes qui doivent être égales entre elles, et dont la première fixe la mesure des autres. » Nicolas Boileau, dans son Art poétique décrit l’ode ainsi : « L’Ode, avec plus d’éclat et non moins d’énergie, / Élevant jusqu’au ciel son vol ambitieux, / Entretient dans ses vers commerce avec les dieux. […] / Tantôt, comme une abeille ardente à son ouvrage, / Elle s’en va de fleurs dépouiller le rivage : / Elle peint les festins, les danses et les ris ; […] / Son style impétueux souvent marche au hasard / Chez elle un beau désordre est un effet de l’art. »
Dans la Grèce antique, le mot « ode » désigne un poème chanté ou récité avec un accompagnement musical. L’ode, à l’origine, n’est donc pas un texte littéraire au sens moderne, mais une pratique sociale : le chant et la danse tiennent une grande place dans les cérémonies publiques ou privées (chant de banquet). L’uniformisation culturelle de la civilisation égéenne et la pratique des concours, puis la compilation savante de textes amènent la classification de ces chants sous des noms d’auteurs (plus ou moins légendaires). On distingue l’ode monodique (à une seule voix) et l’ode chorale (à plusieurs voix). L’ode monodique apparaît à Lesbos au viie siècle av. J.-C., chez Alcée et Sappho. Ce sont des poèmes d’amour, de banquet ou de guerre faits pour être accompagnés au barbitos (sorte de lyre). C’est Anacréon qui fixe le modèle de l’ode légère, et c’est sous son nom que sont rangées de nombreuses imitations tardives (odes anacréonniennes). L’ode chorale est une sorte de cantate marquant un événement solennel. On a surtout conservé, dans ce genre, les épinicies (ou odes triomphales) de Bacchylide et de Pindare. Ces odes, composées en l’honneur d’un athlète vainqueur aux grands jeux panhelléniques, chantent la victoire en l’associant à un épisode mythologique. Elles se composent d’une strophe et d’une antistrophe de même rythme, suivies d’une épode de rythme différent.
À Rome, les formes de ces chants rituels ou de circonstance sont imitées par la poésie non chantée. Dans ce genre non chanté, la tradition amoureuse ou familière (Horace, Catulle) coexiste avec celle du poème solennel (odes « civiques » d’Horace célébrant la Rome d’Auguste).
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