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Présentation ; De tout temps, les nouvelles circulent… ; Le cap de la Renaissance ; Le xviie siècle et la naissance des périodiques ; Le xviiie siècle : la presse, canal du politique ; Industrialisation, liberté et massification ; L’« âge d’or » de la presse ; L’entre-deux-guerres ; La presse depuis 1945 ; 1975-2000 : un état des lieux nuancé ; Au seuil du xxie siècle
presse, histoire de la, histoire des journaux quotidiens ou périodiques. Des premières feuilles périodiques publiées au xviie siècle aux journaux en ligne qui se développent à la fin des années quatre-vingt-dix (la presse « on line »), la forme et le rôle de la presse évoluent considérablement. Les xixe et xxe siècles, avec l'avènement du journal d’information populaire à grand tirage, sont, plus que toute autre période, le théâtre d’une évolution rapide, aboutissant à une grande diversification et à une multiplication des médias écrits.
Dans la Rome antique, les Acta Diurna (nouvelles quotidiennes) font figure de lointains ancêtres de la presse. Dès le ier siècle av. J.-C., Jules César ordonne que ces feuillets manuscrits soient quotidiennement livrés au Forum. Mais le privilège de l’invention de la presse imprimée revient à la Chine : c'est à Pékin, à la fin du ixe siècle apr. J.-C., qu'apparaît le premier journal, fabriqué à partir de blocs de bois sculptés en creux, encrés et appliqués sur du papier. En Europe, jusqu’au Moyen Âge, l’information circule d’abord par le biais de l’oralité. Les nouvelles sont ensuite diffusées par placards ou par des crieurs publics. Elles sont encore et pour l’essentiel une préoccupation des marchands, soucieux de se renseigner de l’état des marchés (en Italie tout particulièrement). À partir du milieu du xve siècle, grâce à l'invention de l'imprimerie typographique (Gutenberg, 1438), puis grâce à l’effervescence intellectuelle de la Renaissance, les feuilles d’annonces et autres occasionnels imposent progressivement l’idée d’une transmission imprimée des nouvelles. Pour autant, le concept de la presse comme organe de communication périodique n’apparaît pas avant le xviie siècle.
Durant les xve, xvie et xviie siècles, le nombre de livres et le nombre des élites alphabétisées et lectrices s’accroissent. Le peuple lui aussi voit ses moyens d’information accrus avec l’apparition de la Bibliothèque bleue de Troyes. Les notions et la conscience collective de « l’opinion » et de « l’information » progressent, renforcés, toujours, par le placardage d’affiches, de libelles lus en public, puis par l’accélération de la circulation des livrets de colportage, canards et autres occasionnels. À côté du vecteur historique de la transmission des informations par l’oralité, toujours dominante, l’écrit se présente comme un canal nouveau, auquel la fin de la période médiévale et surtout la Renaissance, avec leur ouverture au monde et leurs conflits (guerre de Cent Ans, guerres de Religion du xvie siècle), donnent une importance accrue. Ce besoin d’information et sa nouvelle forme trouvent un relais important dans l’organisation des postes modernes : à la création des grands États modernes correspond, en effet, une plus grande sécurité dans les communications et la naissance des services postaux (1464 en France, 1478 en Angleterre).
Appétit d’information, imprimerie et moyens de diffusion favorisent alors la naissance des premières feuilles volantes imprimées comportant des « nouvelles » et autres récits plus ou moins véridiques. Dès le xve siècle, les « occasionnels », petits cahiers de quatre pages agrémentés de gravures sur bois, racontent un événement précis : bataille, funérailles, fête princière. Ils sont surtout vendus par colportage. Plus tardifs, les « canards » n’ont avec l’actualité que des rapports diffus, puisqu’ils traitent avant tout d’événements surnaturels ou diaboliques, de crimes, de miracles, d’histoires d’amour. Le plus ancien connu en France est édité en 1529. Les « libelles », enfin, naissent au xvie siècle. Ce sont des feuilles volantes inspirées pour l’essentiel par le débat d’idées autour de la religion et de la monarchie absolue. À la différence des occasionnels et des canards, ce sont des textes élitistes, parfois subversifs, qui entraînent d’ailleurs la naissance des bureaux de censure (en France en 1537). Mais c’est dans le premier tiers du xviie siècle que naissent les premières gazettes et avec elles les notions de périodicité de publication, de suivi de l’information — deux principes cardinaux qui permettent de parler, au sens moderne, de presse.
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