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L'Aurore du 13 janvier 1898L'Aurore du 13 janvier 1898
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Le xviie siècle et la naissance des périodiques

Au xviisiècle, les périodiques imprimés apparaissent dans toute l’Europe. D’abord en Hollande, en 1605, avec un mensuel : les Nouvelles d’Anvers. Entre 1610 et 1622, à Strasbourg, Bâle, Hambourg, Amsterdam ou Londres (avec le Weekly), sont publiés les premiers hebdomadaires. Ce type de publication apparaît ensuite en Italie (1636), en Espagne (années 1660), puis en Russie à la fin du siècle.

En France, l’hebdomadaire la Gazette est lancé en 1631 par Théophraste Renaudot, un protégé de Richelieu. C’est l'organe officieux de la Cour où l’on publie pour l’essentiel des nouvelles de l'étranger. Dans un supplément intitulé Relations des nouvelles du monde, Renaudot, considéré comme le père de la presse, s’essaie un temps au journalisme d’analyse et de commentaire, mais il renonce rapidement à cette entreprise périlleuse car la monarchie surveille ce nouveau médium qui permet implicitement le développement du libre arbitre, donc une attitude critique envers le régime. Les publications sont alors soumises à un régime préventif comportant l'obligation d'obtenir une permission ou un privilège. Seules les publications officielles peuvent traiter des sujets d'actualité, mais avec prudence. Par une compensation naturelle à la médiocrité de la presse d'information, les nouvellistes prennent donc une importance considérable à Paris : dès le milieu du xviie siècle, des articles de commentaires étendent leur champ d'information à tous les aspects de la vie sociale et culturelle, inondant la France de multiples nouvelles manuscrites. Du reste, en 1762, la Gazette est annexée au ministère des Affaires étrangères, et, jusqu'à la Révolution, elle conserve seule le monopole des informations politiques, nationales et internationales.

Parallèlement, dans la généalogie de la presse française, deux autres titres importants s’imposent aux cotés de la Gazette : le Journal des savants (scientifique) et le Mercure galant (culturel et littéraire).

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Le xviiisiècle : la presse, canal du politique

5.1

La tentation d’une presse libre

Au xviiie siècle en France, à la différence de l’Angleterre où la presse est déjà engagée dans la lutte politique (voir quatrième pouvoir), les instruments privilégiés des débats d’idées demeurent le livre et le libelle. L’activité journalistique n’est pas encore considérée comme un métier à part entière. Et de façon générale, les nouvellistes n’ont pas bonne presse…

Surveillée, censurée (sauf pour certains titres bilingues publiés sous le manteau en Hollande et diffusés clandestinement), la presse doit attendre la période révolutionnaire pour que la pression événementielle et la curiosité qu’elle fait naître au sein de l’opinion lui confèrent toute son importance et son rôle capital dans l’arène politique. Le rôle des Lumières est aussi très important : la curiosité intellectuelle du xviiie siècle et les élans frondeurs de certains intellectuels favorisent le développement d’un idéal de libre arbitre politique dont la presse constitue un lieu de représentation et un canal de diffusion.

5.2

Le tournant des années révolutionnaires

La Révolution française marque une étape fondamentale dans l'histoire de la presse. Quelques années après la naissance du premier quotidien (le Journal de Paris, 1777) sont établis pour la première fois les grands principes de la liberté de la presse, qui servent de programme, durant tout le xixe siècle, aux revendications des journalistes du monde entier. L'article XI de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789) affirme, en effet, « la libre communication de la pensée et des opinions comme un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

De 1789 à 1800, plus de 1 500 titres paraissent, allant du pamphlet de parution irrégulière publié par un seul homme au véritable quotidien d’information rédigé par toute une équipe. Les ténors de la Révolution, tels Camille Desmoulins, fondateur du Vieux Cordelier, ont souvent une tribune de presse où s’exprimer.

Il y a certes des freins à la liberté de la presse, dus à l’instabilité gouvernementale : objet de houleux débats, elle est à plusieurs reprises suspendue et, en 1800, un décret rétablit le régime de l’autorisation préalable, le contrôle et la censure. Nonobstant, cette flambée de publications et le rôle central des journaux dans le débat et le combat politique de la dernière décennie du xviiisiècle soulignent la puissance acquise par le journal auprès de l’opinion. Certes, la lecture est encore l’apanage des élites et il faut attendre le xixe siècle pour que sa lente démocratisation entraîne une diffusion auprès du peuple. Néanmoins, le journal s’est imposé comme le canal privilégié de transmission de l’information politique. Son statut est reconnu dans le déroulement du débat public.

5.3

Reprise en main

Après la période révolutionnaire, la sévère surveillance à laquelle l'Empire et la monarchie de Juillet soumettent la presse témoigne d'une prise de conscience très nette de ce pouvoir (sinon déstabilisateur, du moins de forte influence sur l’opinion). Les rédacteurs du National jouent un rôle central dans le déclenchement des Trois Glorieuses (Révolution de juillet 1830), répondant ainsi à l’intensification de la censure de presse au cours des années 1820. Jusqu'en 1881, la presse française lutte pour reconquérir la liberté à laquelle elle a goûté pleinement de 1789 à 1792.

6

Industrialisation, liberté et massification

Au xixe siècle en France, la presse vit trois révolutions successives : l’industrialisation des procédés de reproduction, l’explosion des tirages de la grande presse populaire à bas prix, l’obtention de la loi fondamentale de liberté de la presse en 1881 et la démocratisation du régime de l’information.

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