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Résultats avec Windows Live® Search Bourguiba, HabibArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le combattant pour l’indépendance ; Le père de la Tunisie moderne ; Un homme d’État de stature internationale ; Dérive et fin du régime de Bourguiba
Bourguiba, Habib (1903-2000), artisan de l’indépendance de la Tunisie et premier président de la République tunisienne (1957-1987).
Né à Monastir dans une famille de la petite bourgeoisie tunisienne, Habib Bourguiba quitte la Tunisie au début des années 1920 pour poursuivre des études de droit à Paris — la Tunisie est sous le protectorat de la France depuis 1881. De retour à Tunis en 1927 et nourri d’ardents sentiments nationalistes, il exerce la profession d’avocat et pratique un militantisme actif. Membre du Destour, parti de l’indépendance tunisienne, il collabore à plusieurs publications nationalistes avant de fonder en 1932 son propre journal, l’Action tunisienne. Ses prises de position originales en faveur d’une Tunisie indépendante, moderne et laïque s’opposent rapidement à l’aile la plus traditionaliste et islamique du Destour. Dès 1934, Bourguiba provoque la scission du parti en fondant le Néo-Destour avec un groupe de jeunes militants favorables comme lui à l’instauration d’un État laïque.
À l’instar des autres dirigeants du Néo-Destour, sa lutte anticolonialiste vaut à Bourguiba d’être poursuivi par les autorités françaises, arrêté et interné à plusieurs reprises, notamment à la suite des grèves et des émeutes de 1938 à Tunis. Libéré en 1942 par les Allemands, il refuse de se ranger du côté des puissances de l’Axe. Toutefois, à la libération de la Tunisie (1943) par les Alliés, il est placé en résidence surveillée par les autorités coloniales. Il parvient à s’échapper et quitte clandestinement la Tunisie pour l’Égypte. De retour d’exil, il intensifie les appels à la lutte et, après une campagne d’agitation, il est de nouveau arrêté en 1952 et assigné à résidence en métropole jusqu’en 1954. Alors que la Tunisie connaît durant ces années une vague d’incidents et d’attentats terroristes et que le président du Conseil Pierre Mendès France proclame sa volonté d’émanciper le peuple tunisien, le chef populaire du Néo-Destour s’impose comme un interlocuteur privilégié dans les négociations qui mènent à l'autonomie interne de la Tunisie, en 1955. Après son retour triomphal en Tunisie, le 1er juin 1955, il écarte du Néo-Destour son principal rival, Salah ben Youssef, et se retrouve naturellement à la tête du pays lorsque celui-ci acquiert son indépendance en mars 1956.
Désigné président du Conseil après la victoire écrasante du Néo-Destour aux élections législatives d’avril 1956, Bourguiba fait destituer le bey. La monarchie est abolie et la République est proclamée le 25 juillet 1957. Investi des pouvoirs de chef de l’État, Bourguiba entreprend d'audacieuses réformes dans un pays de tradition musulmane, interdisant la polygamie, accordant le droit de vote et d'éligibilité aux femmes et substituant un droit civil au droit coranique. Convaincu du rôle de l’éducation dans la lutte contre le sous-développement, il promeut la démocratisation de l’enseignement. Sur le plan politique cependant, fort de sa légitimité de « Combattant suprême » de l'indépendance, il exerce un pouvoir autocratique, appuyé sur un parti unique, qui quadrille toute la société civile. Pour le père de l’indépendance, le processus d’édification d’une Tunisie moderne ne saurait supporter aucune forme de contestation : le multipartisme, la liberté de la presse et les syndicats sont interdits. Dans le domaine économique, face aux problèmes sociaux auxquels est confronté le pays, le président Bourguiba tente la voie du socialisme autoritaire — en 1964, le Destour est rebaptisé Parti socialiste destourien (PSD). Toutefois, la tentative de collectivisation de l’économie échoue, et, dès 1969, la Tunisie s’ouvre à la libéralisation.
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