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Plan de l'article
Présentation ; Phases du cycle économique ; Diversité des cycles économiques ; Causes des cycles ; Effets multiplicateurs et accélérateurs ; Mesures pour réguler les cycles
cycle économique, succession de phases de hausse et de baisse de l’activité économique (niveau de la croissance, de la production ou de l’emploi).
S’il est difficile de prévoir la durée d’un cycle, il est en revanche plus aisé d’en déterminer les phases. Nombreux sont les économistes qui s’accordent pour en dénombrer quatre — prospérité, récession, crise et reprise — utilisant les concepts initialement développés par l’économiste américain Wesley Mitchell, qui a consacré la majeure partie de ses travaux à l’étude des cycles économiques. La phase de prospérité est marquée par une hausse de la production. L’emploi, les salaires et les bénéfices augmentent en proportion. Les entrepreneurs expriment un optimisme de nature conjoncturelle par le biais de l’investissement destiné à accroître le niveau de production futur. Cependant, à mesure que la reprise se confirme, se dressent des obstacles qui barrent la route à une nouvelle expansion : hausse des coûts de production, pénurie de matières premières, hausse des taux d’intérêt, des prix, et baisse de la consommation en réaction aux hausses de prix. La consommation ne suivant pas la production, les stocks s’accumulent, provoquant une chute des prix. Les industriels réduisent alors leurs dépenses et procèdent à des licenciements. Ces événements cumulatifs conduisent à une phase de récession. L’optimisme laisse alors place à un pessimisme qui affecte les décisions des agents économiques (entrepreneurs et consommateurs) qui voient chuter leurs revenus. Chacun thésaurise ou constitue une épargne de précaution, aux dépens de l’investissement et de la consommation. On assiste à une réduction de la production. Le chômage se développe : ces éléments ont pour effet de propager la crise. Plusieurs facteurs peuvent alors amorcer une nouvelle phase d’expansion : parmi eux signalons « le remède keynésien » axé autour de la reprise de la consommation, stimulée par une action des pouvoirs publics. Généralement lente et inégale au début, la relance s’accélère. Les prix augmentent plus vite que les coûts. L’emploi reprend et participe à l’amélioration du pouvoir d’achat, ce qui permet d’accroître les débouchés des entreprises. L’optimisme gagnant l’économie, de nouvelles anticipations des agents se font jour, qui viennent entretenir le déroulement de la croissance : un nouveau cycle se prépare. En réalité, les cycles économiques se déroulent rarement selon une mécanique de « schéma idéal » : l’ampleur des phénomènes et leur périodicité varient d’un cycle à l’autre, en régularité et en amplitude.
Parmi les cycles spécifiques identifiés par les économistes, il en existe de particuliers liés à l’activité de certaines industries. Ces cycles, qualifiés de saisonniers, se situent toutefois à la marge de la théorie des cycles, dans la mesure ou ils sont déterminés, en grande partie, par des événements extérieurs à l’activité économique elle-même. Il en est ainsi de tous les métiers affectés par le déroulement du rythme des saisons, qu’ils soient agricoles ou liés à des activités touristiques. L’existence de ces cycles qualifiés de « purs » n’est cependant pas forcément encadrée par une limite temporelle courte. Les activités du bâtiment obéissent à des cycles de longue durée, qui se reproduisent selon un schéma temporel plus ou moins identique.
À l’opposé, certains économistes ont mis en lumière l’existence de cycles longs, d’environ un demi-siècle. Les études de l’économiste russe Nikolaï Kondratieff qui portent sur une longue période (XIXe siècle et début du XXe siècle), ont eu pour objet de caractériser les grandes phases qui ont marqué les étapes du développement des nations qui ont été les protagonistes de la révolution industrielle. Selon Kondratieff, les éléments collectés et analysés semblent prouver l’existence de cycles longs. Les « vagues » d’expansion et de contraction se décomposent en trois grandes périodes : 1792-1850, 1850-1896, et 1896-1940. À l’intérieur de chacune d’elles, Kondratieff distingue une phase de croissance des prix et de la production à laquelle succède une période de récession. À l’intérieur de ces cycles longs, certains ont tenté d’isoler certaines périodes qui constitueraient à elles seules des cycles significatifs de croissance / dépression : tel est le résultat des travaux menés par Kitchin ou le Français Clément Juglar, qui ont tous deux identifié des cycles d’une périodicité différente (de l’ordre de 40 mois pour le premier, de 8 à 11 ans pour le second). La pluralité de ces périodes n’exclut pas l’interaction que chacune d’elles est susceptible d’avoir sur les autres.
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