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AlgérieArticle
Plan de l'article
Capitale politique, Alger est aussi la capitale culturelle du pays. La Bibliothèque nationale, qui y est située, possède l’un des fonds les plus riches du pays (650 000 volumes), comprenant d’importants ouvrages sur l’Afrique. La bibliothèque de l’université d’Alger abrite plus de 700 000 volumes. Le musée de la Préhistoire et de l’Ethnographie, le musée national des Antiquités classiques et musulmanes et le musée national des Beaux-Arts se trouvent tous à Alger. Le musée de Cirta, à Constantine, conserve des collections d’art et d’archéologie. Héritiers d’une tradition ancienne, les écrivains algériens ont su maintenir la richesse d’expression de la littérature de langue arabe tout en lui associant la langue française (voir aussi littérature du Maghreb). À l’image de la nation algérienne, la plus occidentale, sans doute, des nations arabo-musulmanes, la littérature algérienne contemporaine s’est forgée à partir d’une double influence qui lui confère sa singularité. Les écrits de Mohammed Dib, Malek Haddad, Kateb Yacine, Assia Djebar ou, encore, Rachid Mimouni et Rachid Boudjedra se font l’écho des espoirs et des contradictions d’une société aujourd’hui déchirée. Voir aussi art de l’islam ; musique arabe ; musique islamique ; cinéma africain.
L’Algérie est l’un des pays les plus riches du continent africain. Avec un produit intérieur brut (PIB) de 102,26 milliards de dollars en 2005, elle affiche un PIB par habitant de 3 112,50 dollars qui la place au 94e rang mondial. Le pays, qui possède de très importantes réserves de gaz naturel et figure parmi les principaux producteurs de pétrole au monde, a fondé son développement sur l’extraction, la production et l’exportation de ses ressources minières. Alors que la production d’hydrocarbures représente la quasi-totalité des exportations, 40 p. 100 du PIB et 60 p. 100 des recettes de l’État, la croissance économique algérienne — de 2,17 p. 100 en moyenne de 1990 à 2002 — est très fortement soumise aux fluctuations des prix des hydrocarbures. Alimentée principalement par la hausse du prix des hydrocarbures de 1973 à 1980, cette croissance s’effondre à partir de 1986 avec la chute de 50 p. 100 des prix du baril de pétrole. La crise économique révèle la faillite du système d’industrialisation étatisée, axée sur les industries lourdes, censées entraîner l’ensemble de l’économie. En 1989, le gouvernement de Mouloud Hamrouche, sous la présidence de Chadli Bendjedid, lance un vaste programme de réformes visant à stabiliser l’économie et à ouvrir le pays à l’économie de marché. Les avancées accomplies, en dépit de l’opposition des caciques du FLN, marquent toutefois un coup d’arrêt sous l’effet de la guerre civile dans laquelle le pays plonge en 1992. De 1994 à 1998, afin de résoudre le grave problème du poids de la dette extérieure, accentué par l’effondrement des cours du pétrole, l’Algérie applique une politique d’ajustement structurel dans le cadre d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et de programmes de rééchelonnement de la dette extérieure avec ses créanciers. Cette politique permet de redresser la plupart des indicateurs économiques. Le pays renoue notamment avec la croissance, à la faveur de la remontée des prix du pétrole et du gaz à la fin des années 1990. En décembre 2001, l’Algérie intensifie son insertion dans l’économie mondiale en concluant avec l’Union européenne (UE), son principal partenaire commercial, un accord d’association devant déboucher à terme sur une zone de libre-échange. Elle s’engage parallèlement à poursuivre ses réformes, notamment dans les domaines bancaire et fiscal, et à mettre en œuvre un vaste programme de privatisations visant le désengagement de l’État dans tous les secteurs. La diversification de l’économie est en outre en cours, le gouvernement algérien s’efforçant d’attirer les investissements intérieurs et étrangers dans le secteur industriel hors hydrocarbures. Les mesures d’austérité mises en place depuis le milieu des années 1990 présentent cependant un coût social très élevé. Le pays est confronté à une augmentation de la pauvreté et son taux de chômage est l’un des plus élevés au monde : touchant près de 30 p. 100 de la population active au début des années 2000, il atteint environ 50 p. 100 chez les moins de 30 ans. L’État doit en outre faire face à une grave pénurie de logements — le taux d’occupation par unité est l’un des plus élevés au monde — et à de continuelles difficultés d’approvisionnement en eau.
Défavorisée par un climat aride — les terres arables ne constituent que 3 p. 100 du territoire —, l’agriculture souffre de la dégradation des sols et de la faiblesse de l’irrigation. Elle a en outre été délaissée dans les années 1960 en faveur de l’industrie. Les diverses politiques dirigistes mises en place ont abouti à une baisse de la productivité et, par conséquent, à la hausse de la dépendance alimentaire. Aujourd’hui, le secteur primaire emploie environ 26 p. 100 de la population active et représente 8,6 p. 100 du PIB (2000). La faible productivité (par exemple pour le blé, 794 kg/ha, contre 6 676 kg/ha en France) rend l’importation de denrées alimentaires nécessaire — seuls 25 p. 100 des besoins alimentaires sont couverts par la production nationale. La balance agricole est régulièrement déficitaire. Des efforts sont néanmoins entrepris pour améliorer les performances, notamment en libéralisant le secteur agricole et en subventionnant les pratiques d’irrigation dans le Sud. Les principales cultures sont les céréales, qui occupent 35 p. 100 des terres arables, notamment le blé (2,60 million de t en 2005) et l’orge (1 300 000 t). Les autres productions agricoles importantes incluent la pomme de terre, la vigne, les agrumes, les olives et les dattes. L’élevage constitue un secteur actif et dynamique. En 2001, le cheptel se compose d’environ 18,9 millions d’ovins (14e rang mondial), 3,6 millions de caprins, 1,6 million de bovins et de 125 million de volailles. En 2005, les forêts couvrent 1 p. 100 de la superficie du pays. D’importants projets de reboisement ont été entrepris dans les années 1970. Les coupes restent modestes : 7,7 millions de m3 en 2005. La pêche est un secteur actif : en 2004, les prises représentaient 140 002 t de poissons (sardines, anchois, thons et fruits de mer).
Les hydrocarbures sont la principale richesse du pays. Les réserves de pétrole (9,2 milliards de barils) et de gaz naturel (3,626 milliards de m3) dont dispose l’Algérie au Sahara figurent parmi les plus importantes au monde. La production de pétrole brut (588 millions de barils en 1999, 17e rang mondial) et celle de gaz naturel (82,4 milliards de m3 en 2003, 5e rang mondial) assurent 30 p. 100 du PIB, 60 p. 100 des recettes du pays et 97 p. 100 de ses exportations. La part des produits miniers hors hydrocarbures n’est pas négligeable (17 p. 100 du PIB environ) ; l’Algérie dispose notamment d’importantes ressources en phosphates, minerai de fer, houille, plomb, zinc, mercure et uranium. Le raffinage du pétrole occupe une place de premier plan dans un secteur industriel algérien insuffisamment diversifié en raison de la priorité donnée au développement des industries lourdes dans les années 1960. Outre la sidérurgie (acier), la chimie et la pétrochimie (engrais, matières plastiques, produits pharmaceutiques), le pays possède une importante industrie agroalimentaire (vin, huile d’olive), textile (fabrication traditionnelle de tapis) et mécanique (camions, machines agricoles). La quasi-totalité des activités industrielles, qui représentent environ 60 p. 100 du PIB, est localisée à la périphérie d’Alger et d’Oran. Placées sous le contrôle de l’État et souvent peu rentables, elles font l’objet d’un programme de privatisation élaboré dès le milieu des années 1990. Compte tenu de la lenteur des réformes, la mise en œuvre de la privatisation des entreprises publiques ne commence véritablement qu’au début des années 2000, dans un contexte où l’amélioration de la situation politique rend le marché algérien plus attractif aux investisseurs étrangers.
L’unité monétaire est le dinar algérien subdivisé en 100 centimes. En 1966, tous les établissements bancaires ont été nationalisés. Les fonctions monétaires et bancaires du gouvernement algérien sont centralisées dans le cadre de la Banque d’Algérie, qui, en 1986, a entrepris la libéralisation du secteur bancaire et permis la constitution de banques privées. Soutenu par le FMI et par ses principaux bailleurs de fonds, l’État algérien a entrepris des efforts d’assainissement de ses finances et a vu sa dette extérieure diminuer à partir de la fin des années 1990. L’encours de la dette extérieure est passé de plus de 33 milliards de dollars en 1996 à 22,5 milliards de dollars en 2001. Le service de la dette en pourcentage des exportations de biens et de services est en outre passé de 73,9 p. 100 en 1991 à 19,5 p. 100 en 2001.
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