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AlgérieArticle
Plan de l'article
Les réseaux ferroviaire et routier algériens, les plus denses du Maghreb, desservent principalement le tiers nord du pays. Toutefois, la liaison Nord-Sud est assurée par la portion algérienne de la grande route transsaharienne (achevée en 1985), qui s’étire depuis la côte méditerranéenne jusqu’au-delà de Tamanrasset, à la frontière du Niger. Le réseau routier, constitué de 108 302 km (2004), dont 69 p. 100 bitumés, relie les centres miniers et pétrolifères du Sahara à la côte. Le réseau ferroviaire, qui s’étend sur 3 572 km (2005), dont 301 km électrifiés, est composé de 5 lignes desservant le nord du Sahara. Les principaux ports maritimes sont Alger, Oran et Annaba. Les transports aériens sont assurés par Air Algérie, la compagnie aérienne nationale.
Le gaz naturel et le pétrole constituant 97 p. 100 des revenus d’exportation du pays, la balance commerciale de l’Algérie est très fortement tributaire du prix des hydrocarbures. Ainsi la hausse du prix du baril de pétrole enregistrée à la fin des années 1990 a-t-elle entraîné un redressement des indicateurs commerciaux. En 2004, les exportations s’élèvent à 32,08 milliards de dollars contre 18,39 milliards d’importations. Outre les hydrocarbures, l’Algérie exporte des phosphates, du minerai de fer, du cuir, du liège, du tabac, des fruits et des légumes. Ses principales importations concernent les denrées alimentaires, les biens de consommation et les produits d’équipement industriel. Le principal partenaire commercial de l’Algérie est l’Union européenne, avec qui elle réalise plus de la moitié de son commerce extérieur, devant les États-Unis.
Des ossements découverts sur le territoire algérien témoignent d’une présence humaine qui remonte à plus de 500 000 ans (voir paléolithique). Des civilisations ibéromaurusiennes (de 13 000 à 8 000 av. J.-C. environ), définies pour la première fois à La Mouillah, près de Tlemcen, et capsiennes (de 7 500 à 4 000 av. J.-C. environ) se développent respectivement dans le Nord (région de Constantine), dans l’Est et dans le Sahara. On ne connaît pas l’origine exacte des Berbères. Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs, ils s’organisent en tribus et en confédérations, que les Grecs distinguent sous les noms de Libyens, et les Romains sous ceux de Numides et de Maures.
Aux alentours de 814 av. J.-C., les Phéniciens, navigateurs venus de l’est méditerranéen, fondent la ville de Carthage, dans l’actuelle Tunisie. Son rayonnement commercial n’est effectif qu’après la décadence de Tyr (550 av. J.-C.), leur principale cité. Les Carthaginois établissent des comptoirs sur la côte algérienne (Annaba, Skikda, Alger, etc.), et exercent une domination économique et politique sur les populations libyco-berbères. En revanche, les chefs numides ont mieux su jouer des rivalités que la cité a développées avec Rome. Ainsi, durant les guerres puniques (iiie-iie siècles av. J.-C.), Masinissa, un chef numide allié à Rome, s’empare de Cirta (Constantine). Cette capitale des rois berbères de Masaesyles, dont le territoire s’étendait jusqu’au Maroc oriental, devient alors celle de la Numidie. Après un long règne (203-148 av. J.-C.), Masinissa meurt, laissant le royaume en partage à ses fils, qui composent avec les Romains. Mais le petit-fils de Masinissa, Jugurtha, refuse la mainmise romaine ; instigateur d’une insurrection en 111 av. J.-C., il est soumis par Rome en 105 av. J.-C. Sous l’autorité romaine, la Numidie devient avec l’Égypte le « grenier de Rome », fournissant blé et huile d’olive. La Maurétanie, annexée à l’Empire romain en 40 apr. J.-C., est divisée en deux provinces impériales (Maurétanie tingitane et Maurétanie césarienne), tandis que l’est de l’Algérie est rattaché à la province proconsulaire d’Afrique. Pour protéger la région des raids des tribus nomades, un réseau de voies militaires est construit, reliant entre elles des villes de garnison, plusieurs cités de 5 000 à 10 000 habitants, qui sont dotées de tous les attributs des villes romaines (Timgad, Lambèse). Au ive siècle apr. J.-C., alors que les légions romaines appelées à défendre l’Empire en déclin se retirent de Numidie, la région est, pour un temps, déclarée indépendante, sous la pression du mouvement donatiste. La population berbère latinisée, tôt convertie à la foi chrétienne, s’est en effet massivement ralliée à cette secte chrétienne, persécutée par les autorités romaines, après que le christianisme est devenu religion officielle de l’Empire (313), tandis que les tribus berbères des montagnes, non latinisées, continuent à résister. Dans un contexte d’anarchie, les Vandales, peuple germanique, envahissent l’Afrique du Nord et y établissent un royaume en 429. Leur domination, limitée à la bande côtière, reste cependant fragile, et des principautés berbères indépendantes se reconstituent durant cette période. En 533, les Vandales sont chassés par les armées de l’empereur byzantin Justinien Ier, dont le rêve est de faire renaître la splendeur de l’Empire romain. La conquête byzantine, pourtant, se limite seulement à l’est du pays.
Le rêve de Justinien Ier s’effondre lorsque, en 647, les Arabes, porteurs d’une nouvelle religion, l’islam, se lancent à la conquête de l’Afrique du Nord, et trouvent un accueil favorable dans les populations urbaines et côtières, dont beaucoup se convertissent. À l’est, dans les Aurès, ils doivent s’opposer à la résistance de deux chefs berbères, Kusayla et la Kahina, une prophétesse. Mais, dès le début du viiie siècle, les Berbères se soumettent et se convertissent massivement à l’islam. Des chefs de guerre, tel Musa ibn Nusayr, s’illustrent dans les troupes musulmanes. Dès le début du viiie siècle, l’Algérie, comme l’ensemble du Maghreb, est devenue une province placée sous l’autorité des Omeyyades. Les Arabes et les nouveaux convertis, qui ont adopté leur genre de vie et leur langue, y constituent une élite urbaine. Après 740, tandis que se multiplient les querelles de succession pour le califat, les Berbères se dressent contre l’autorité califale et beaucoup rallient les kharijites, dissidents fondamentalistes et démocrates de l’islam. Une communauté kharijite subsiste d’ailleurs aujourd’hui dans le Mzab (ibadites). Les Berbères kharijites fondent plusieurs petits royaumes, dont l’un des plus importants, celui des Rostémides, créé en 777 à Tahert (Tiaret), est balayé en 911 par la dynastie arabe chiite des Fatimides, soutenue par les Kabyles, une confédération berbère de l’Est. Dès le xie siècle, l’arabe devient la langue majoritaire dans les plaines et les steppes. Seuls les Berbères des montagnes résistent durablement. Deux dynasties berbères règnent cependant sur toute la région entre le xie et le xiiie siècle : les Almoravides et les Almohades. Venues de la Mauritanie pour la première et du nord du Maroc pour la seconde, elles étendent leur influence du Nord-Ouest africain au sud de l’Espagne. Tlemcen, la capitale des Almohades, devient un centre artisanal réputé. On y construit de belles mosquées et de nombreuses écoles coraniques. Les ports maritimes (Bejaïa, Annaba et Alger, en pleine expansion) développent un commerce actif, apportant en Europe les fameux chevaux barbes, de la cire, un cuir de qualité et des tissus.
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