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AlgérieArticle
Plan de l'article
L’Algérie accède à l’indépendance dans un climat de guerre civile et d’intenses luttes pour le pouvoir. Incarcéré en France depuis 1956, Ahmed Ben Bella est libéré après la signature des accords d’Évian. Il s’oppose au GPRA, qu’il chasse d’Alger grâce au soutien du chef d’état-major de l’Armée de libération nationale (ALN), le colonel Houari Boumédiène ; dans le nouveau paysage politique algérien, l’armée de l’extérieur prend l’avantage sur les maquis de l’intérieur. En septembre 1962, Ben Bella est élu président de la République algérienne démocratique et populaire. Il remplace Mohammed Khider à la tête du bureau politique du FLN en avril 1963, et suspend la Constitution en octobre suivant. Mais, le 19 juin 1965, il est destitué par le Conseil de la révolution que préside Boumédiène, lequel lui reproche ses méthodes de gouvernement autoritaires. Emprisonné et assigné à résidence, il est ensuite exilé en France, puis en Suisse, où il fonde, en 1984, le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA). Adepte d’un socialisme autoritaire, Boumédiène gouverne le pays à partir de juillet 1965. Il met en place un pouvoir fort, appuyé par l’armée. Bâtisseur de l’Algérie moderne, il permet au pays d’acquérir une stature de premier plan sur la scène internationale, en lançant notamment, à l’Organisation des Nations unies, l’idée d’un nouvel ordre économique mondial en 1974. Sur le plan intérieur, l’ère Boumédiène est celle des nationalisations des secteurs essentiels de l’économie et de la priorité donnée au développement de l’industrie lourde, fondée essentiellement sur les hydrocarbures, au détriment du secteur fondamental de l’agriculture. Boumédiène perçoit lui-même les dysfonctionnements du système peu avant sa mort, survenue en décembre 1978. Le colonel Chadli Bendjedid lui succède.
En janvier 1979, le IVe congrès du FLN accorde les pleins pouvoirs au colonel Chadli Bendjedid, qui devient secrétaire général du Parti et est désigné comme candidat unique à la présidence de la République. Le 7 février 1979, le peuple algérien ratifie ce choix, et Chadli succède ainsi officiellement à Houari Boumédiène. Il est réélu pour un deuxième puis pour un troisième mandat en janvier 1984 et en décembre 1988. Dès son arrivée au pouvoir, Chadli engage une politique de libéralisation économique et sociale. S’il maintient la politique étrangère de non-alignement qu’a inaugurée son prédécesseur, il prend cependant ses distances avec l’Union soviétique, effectuant une visite officielle aux États-Unis en 1985. Sa présidence a suscité de nombreux espoirs, mais il se forge vite une réputation de prodigalité à l’égard de son clan, venant renforcer le climat de corruption qui règne déjà dans le pays. C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers maquis islamistes, avec l’équipée d’un ancien combattant du FLN, Mustapha Bouyali, dont le Mouvement islamique armé (MIA) tient le maquis de 1982 à 1985. En octobre 1988, à Alger, des émeutes de la faim opposent principalement les jeunes, premières victimes de la faillite du modèle de développement algérien, qui a tout misé sur un pétrole cher, aux forces de sécurité. Elles sont sévèrement réprimées, mais elles contribuent à l’accélération de la politique de réforme du régime. Chadli fait adopter par référendum une nouvelle Constitution en février 1989, qui ouvre l’Algérie au multipartisme. En juin 1990, le Front islamique du salut (FIS), qui a su exploiter le désarroi d’une partie de la population algérienne, remporte les premières élections municipales démocratiques. En décembre 1991, le premier tour des élections législatives confirme l’avantage du FIS, sur le point d’obtenir la majorité au Parlement. Ce résultat provoque une reprise en main de l’armée, qui refuse la victoire d’un parti confessionnel prônant la dissolution de la nation algérienne dans la umma (communauté musulmane) et hostile à la laïcisation et à l’occidentalisation de la société algérienne. Le président Chadli Bendjedid est déposé le 11 janvier 1992 par un coup d’État militaire ; le processus de démocratisation est interrompu : le second tour des législatives est annulé, le Parlement et la Constitution sont suspendus.
Une nouvelle fois, il est fait appel à un héros de la guerre d’indépendance pour tenter d’apaiser la situation : le 16 janvier, Mohamed Boudiaf, l’un des dirigeants historiques du FLN, en exil au Maroc, est porté à la tête d’un Haut Comité d’État (HCE), qui concentre tous les pouvoirs. Le FIS est dissous en mars 1992, la répression s’abat sur les islamistes, qui répliquent par le terrorisme. Mohamed Boudiaf est lui-même victime d’un attentat le 29 juin 1992. Ali Kafi lui succède à la présidence du HCE. Ses Premiers ministres successifs (Belaïd Abdesselam, le père de l’industrialisation algérienne, Redha Malek, Mokdad Sifi) mènent une politique de répression anti-islamiste systématique. Les dirigeants du FIS, Abassi Madani et Ali Benhadj, sont emprisonnés. Les éléments les plus radicaux de la mouvance islamiste (constitués en Groupes islamiques armés, GIA) répliquent par le recours au terrorisme et engagent la lutte armée contre les autorités. Le pays plonge dans une guerre civile, où la violence procède autant des groupes islamistes armés (GIA et AIS), qui portent également le terrorisme sur le sol français, que des forces militaires et paramilitaires. Elle ne cesse de s’étendre, pour toucher la Kabylie, d’abord épargnée, mais n’atteint pas les régions sahariennes où se trouvent les gisements d’hydrocarbures sécurisés par l’armée, ni la frontière marocaine. La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme et sept formations politiques — dont le FLN, le Front des forces socialistes (FFS), dirigé par Hocine Aït Ahmed, et l’ex-FIS —, se faisant les porte-parole de la société civile prise au piège de l’affrontement entre pouvoir et islamistes, refusent la logique de guerre et prennent position pour l’ouverture de négociations politiques, préalablement à la future élection présidentielle. La « plate-forme pour une solution politique et pacifique de la crise algérienne », signée à Rome en janvier 1995, demande, entre autres, la libération des responsables du FIS et de tous les détenus politiques, ainsi que l’annulation de la décision de dissolution du FIS. Elle est rejetée par Liamine Zéroual, nommé « président de l’État » par la conférence nationale « de consensus » en janvier 1994. Le discours nationaliste dont il use à cette occasion contribue à son élection à la présidence, le 16 novembre 1995 avec 61 p. 100 des suffrages exprimés, mais le scrutin est boycotté par l’opposition. La population algérienne, y compris les quelque 2 millions de personnes vivant en France, participe massivement à ce scrutin (75 p. 100), manifestant son rejet de la violence.
L’évolution du conflit demeure complexe. L’armée, qui a protégé les consultations électorales, l’élection de Liamine Zéroual et le référendum sur la mise en place d’une nouvelle Constitution en novembre 1996, semble faire une guerre à distance sans provoquer d’affrontement direct. Elle protège l’« Algérie utile », les installations pétrolières, mais engage peu ses unités dans une lutte à mort, dont elle craint l’issue. L’essentiel de l’effort de guerre est assumé par les unités spéciales, la gendarmerie et les gardes patriotiques, milices armées par le pouvoir. Le terrorisme est jugé par le pouvoir comme « résiduel », alors que, quotidiennement, des Algériens sont tués par l’explosion de voitures piégées ou massacrés par dizaines dans des villages ou des fermes isolées. En quatre ans, vraisemblablement plus de 100 000 personnes trouvent la mort dans ce conflit. Les élections législatives du 5 juin 1997 sont précédées d’un renforcement des opérations de police, destinées à nettoyer les maquis et à inciter la population à se rendre aux urnes. Remportées par le Rassemblement national démocratique (RND), parti créé quatre mois avant le scrutin pour soutenir le président Zéroual, elles permettent l’entrée massive de l’opposition au Parlement. Le RND, qui n’obtient pas la majorité absolue (155 sièges sur 380), doit composer avec le FLN (64 sièges) et, surtout, avec deux mouvements islamistes modérés : le Mouvement de la société de la paix (69 sièges) et le mouvement Ennahda (34 sièges). L’émergence d’un mouvement islamiste conservateur lié à l’État permet aux autorités algériennes de contrôler le jeu politique. En juillet 1997, le président Zéroual libère, après six ans de détention, l’ancien leader du FIS, Abbassi Madani, qui est néanmoins remis en résidence surveillée en septembre 1997. Enfin, la désignation par le président du tiers des représentants du Conseil de la nation et l’élection du 25 décembre 1997 assurent au RND le contrôle de 80 des 96 sièges qui composent le Conseil de la nation, la Chambre haute du Parlement. Ce semblant de jeu démocratique ne règle pas pour autant le problème fondamental de la société algérienne : la guerre civile ouverte qui dure depuis cinq ans. Les autorités accroissent leurs capacités de répression en développant les milices. En même temps, la guerre prend un tournant difficilement analysable, celui des massacres collectifs. Ces massacres de villages entiers, qui ont commencé dans la plaine de la Mitidja, se produisent en priorité dans des régions qui ont voté massivement pour le FIS et qui sont très contrôlées par l’armée. Ils ont ensuite atteint d’autres régions de l’Est et de l’Ouest algérien. Ils suscitent une grande émotion dans l’opinion publique internationale. En juin, à la guerre civile vient se surimposer une tension en Kabylie, provoquée par l’assassinat du très populaire chanteur kabyle Lounès Matoub (opposé aux islamistes, critique à l’égard du pouvoir et défenseur de l’identité berbère) et par la mise en vigueur de la loi sur l’arabisation dans l’administration. Économiquement, l’Algérie est toujours dans une phase de restructuration. Les privatisations et la libéralisation du commerce entamées en avril 1994 permettent des ascensions sociales fulgurantes, servies par une corruption criante, alors que l’économie parallèle, symbole de la pauvreté du plus grand nombre, subsiste. L’État algérien, que l’on croyait au bord de l’effondrement en 1994-1995, tient « l’Algérie utile » et porte des coups sévères aux maquis islamistes, sans pour autant être capable de les éradiquer complètement. En septembre 1998, une forte opposition de la haute hiérarchie militaire, qui avait été à l’origine de la venue au pouvoir de Liamine Zeroual, aboutit à l’annonce par ce dernier de son départ du pouvoir en février 1999. Cette démission anticipée, suivie un mois plus tard de celle de son conseiller et du ministre de la Justice, révèle l’impuissance de l'État à rétablir la paix et à tracer une ligne politique propre à redonner confiance aux diverses composantes de la population. Aux élections du 15 avril 1999, l’opposition se présente divisée, avec plusieurs listes dirigées par Hocine Aït Ahmed du Front des forces socialistes (FFS), Abdallah Djallabah du Mouvement de la réforme nationale (MRN), représentant Ennahda, l’ancien ministre réformateur Mouloud Hamrouche, Ahmed Taleb Ibrahimi, un islamiste modéré, Youssef El Khatib, un ancien maquisard, dont la candidature vise surtout à s’opposer à celle d’Abdelaziz Bouteflika, candidat des militaires. Dénonçant les « fraudes massives », les six candidats de l’opposition se retirent à la veille du scrutin, laissant seul en lice Abdelaziz Bouteflika, qui a été élu.
Ministre des Affaires étrangères sous Boumédiène pendant seize ans, Abdelaziz Bouteflika se présente comme celui qui pourrait redonner à l’Algérie son prestige et son essor. Peu après son élection, l’AIS, avec l’appui « total et sans réserve » d’Abassi Madani, se dit prête à déposer les armes et à participer à la lutte contre le GIA. Abdelaziz Bouteflika annonce alors la tenue d’un référendum sur la « concorde civile », visant à instaurer une mesure d’amnistie pour les islamistes n’ayant pas commis de crimes de sang. Le 19 septembre 1999, la victoire écrasante du « oui » (98,6 p. 100 des suffrages exprimés) est interprétée par le président comme une approbation de sa politique. Le chef de l’État y trouve une occasion de faire valoir une légitimité contestée en raison des conditions de son élection. Si les résultats du référendum ont réduit pour un temps l’opposition au silence, l’amnistie, limitée au 13 janvier 2000, n’obtient pas le résultat escompté (un millier de repentis seulement), et encore moins l’assentiment des victimes du terrorisme. Malgré la nomination d’un nouveau Premier ministre en décembre 1999, Ahmed Benbitour, le pouvoir peine à faire face aux autres grands problèmes de la société algérienne : la révision du Code de la famille, trop défavorable aux femmes, la question du tamazight (la langue berbère) et de l’arabisation, le chômage (33 p. 100 des actifs) et le discrédit qui touche la classe dirigeante et les militaires. En revanche, dans le domaine de la politique étrangère, la première année de pouvoir du président Bouteflika est marquée par la tenue à Alger du sommet annuel de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), par la volonté de régler le contentieux du Sahara-Occidental avec le Maroc — dont le chef de l’État se rapproche à l’occasion de sa présence aux funérailles du roi Hassan II —, par la volonté de favoriser le règlement du conflit israélo-arabe (la poignée de main avec le Premier ministre israélien Ehoud Barak), mais aussi par son voyage officiel en France. Malgré une évolution du régime et une amélioration de la situation sur le plan des attentats, des querelles au sein du pouvoir conduisent à un remaniement ministériel. Le 26 août 2000, le Premier ministre Ahmed Benbitour démissionne de ses fonctions. En désaccord avec le chef de l’État sur le rythme de privatisation des entreprises publiques, Ahmed Benbitour n’accepte pas, par ailleurs, la mainmise d’Abdelaziz Bouteflika sur tous les dossiers. Le président nomme pour le remplacer son directeur de cabinet Ali Benflis, réputé pour être un réformateur. Dans le même temps, afin de rallier les islamistes modérés, le régime prône un retour à certaines valeurs religieuses, notamment sur le plan de la morale. Pour autant, la question de la violence des groupes islamistes est loin d’être résolue. En décembre 2000, la période du ramadan entraîne comme chaque année un regain d’assassinats et d’actions terroristes, alors que certaines révélations d’anciens militaires incriminent la responsabilité de l’armée dans plusieurs massacres attribués au GIA. Surtout la situation se dégrade fortement en Kabylie. En avril 2001, après la mort d’un adolescent de 18 ans placé en détention à Beni Douala et abattu par un gendarme, d’importantes émeutes ont lieu, notamment à Tizi Ouzou, entraînant la mort d’une quarantaine de personnes et le retrait du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), parti berbère, de la coalition gouvernementale. Au mois de novembre 2001, alors que des pluies torrentielles s’abattent sur l’Algérie — les inondations causent la mort de plusieurs centaines de personnes, en particulier à Alger, dans le quartier de Bab el Oued —, le gouvernement est confronté à la colère de la population, attisée par l’incurie des secours, lents et inadaptés. En avril 2002, le Parlement vote à l’unanimité un amendement à la Constitution qui institue le berbère comme langue nationale. Ce geste historique, qui revêt une dimension symbolique importante dans le processus de reconnaissance de l’identité berbère, intervient à l’approche des élections législatives, dans un climat tendu par les manifestations et les revendications qui continuent de remettre en cause l’autorité de l’État en Kabylie. Il n’empêche cependant pas les comités de villages kabyles d’appeler au « boycottage actif » du scrutin. Les deux principaux partis d’opposition, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), refusent également de participer à un scrutin dont ils contestent la régularité. En remportant 199 des 389 sièges que compte l’assemblée, soit la majorité absolue, le Front de libération nationale (FLN), l’ancien parti unique, sort grand vainqueur des élections de mai 2002. L’autre parti au pouvoir, le Rassemblement national démocratique (RND), obtient 48 sièges, contre 155 dans la législature précédente ; l’ensemble des partis islamistes légaux détiennent 81 sièges. En dépit des nombreux appels au vote lancés par le président Bouteflika, le taux de participation — de 46 p. 100 selon les chiffres officiels — est le plus bas depuis l’indépendance. En Kabylie, théâtre de nombreux affrontements entre manifestants et forces de sécurité, les appels au boycottage sont suivis par la quasi-totalité des électeurs, la plupart des bureaux de vote restant fermés. À l’issue des élections législatives, le Premier ministre et secrétaire général du FLN, Ali Benflis, est reconduit dans ses fonctions. Le début de l’année 2003 est marqué par la visite de Jacques Chirac en Algérie, première visite d’État d’un président français depuis l’indépendance de l’ancienne colonie. Cette visite, accueillie avec enthousiasme par la population algérienne, vise officiellement, côté français, à « refonder » les relations entre les deux pays que réunit une « destinée commune ». À l’approche du scrutin présidentiel de 2004, elle représente aussi, pour Abdelaziz Bouteflika, une démonstration du soutien dont il bénéficie sur la scène internationale. Conditionnée à cette échéance électorale, la vie politique algérienne est dominée par ses habituelles luttes de clans et par le bras de fer politique opposant le président et son Premier ministre, Ali Benflis. Devant son refus de prendre position en faveur de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis est limogé et remplacé par Ahmed Ouyahia, ancien Premier ministre (1995-1998) et secrétaire général du RND. Sur fonds de violentes querelles intestines, le FLN désigne Ali Benflis comme son candidat à l’élection présidentielle de 2004. Ces luttes de pouvoir interviennent alors que l’Algérie est endeuillée par un violent tremblement de terre survenu le 21 mai, dans la région d’Alger. Ce séisme, l’un des plus meurtriers jamais enregistrés en Algérie — 2 300 morts et plus de 10 000 blessés —, provoque la colère de la population, tant face à l’inertie des pouvoirs publics après le sinistre que face à leur incurie dans l’aménagement du territoire. Ces manquements, ajoutés aux pratiques frauduleuses des entreprises de construction (emploi de matériaux inadaptés, non-respect des normes techniques, corruption), auraient lourdement contribué au nombre de logements détruits (20 000) et de personnes sinistrées (plus de 100 000). Lors de l’élection présidentielle d’avril 2004, Abdelaziz Bouteflika est réélu dès le premier tour avec près de 85 p. 100 des suffrages — son rival Ali Benflis en recueille 6,42 p. 100. Tandis que la campagne électorale a laissé espérer un scrutin relativement ouvert — l’armée ayant officiellement affirmé sa neutralité —, l’opposition dénonce une fraude massive devant le score du président sortant. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia est reconduit dans ses fonctions. En février 2005, Abdelaziz Bouteflika devient président du FLN, une fonction honorifique qui n’existait pas jusqu’alors. Cela témoigne du réalignement du parti sur la politique du chef de l’État, notamment sur sa politique de « réconciliation nationale ». Alors que, selon les autorités, environ un millier d’islamistes sont encore en activité en Algérie, le président Bouteflika fait voter les Algériens sur son projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale visant à mettre fin à la guerre entre l’État et les groupes armés islamistes (150 000 morts et des milliers de disparus depuis 1992). À l’issue d’un scrutin boycotté par les partis d’opposition, les organisations de défense des droits de l’homme et les associations de familles de disparus, les Algériens se prononcent le 29 septembre 2005 à 97,38 p. 100 en faveur de la charte, avec une participation officielle de près de 80 p. 100, un chiffre dénoncé par l’opposition. Au mois de mai 2006, Ahmed Ouyahia démissionne sur fonds de querelles entre le FLN et le RND. Il est remplacé au poste de Premier ministre par Abdelaziz Belkhadem, un proche du chef de l’État.
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