Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur démon

Résultats avec Windows Live® Search

Afficher tous les résultats dans le contenu
Résultats avec Windows Live® Search

démon

Article
Médias
SatanSatan
Plan de l'article
1

Présentation

démon, être surnaturel aux pouvoirs maléfiques, dont l’existence est vouée à la perte des êtres humains, qu’il pousse à faire le mal. Plus spécialement, dans les traditions relatives aux trois grands monothéismes (judaïsme, christianisme, islam), le terme démon désigne une créature d’origine divine révoltée contre les commandements de Dieu, un ange déchu ; c’est un synonyme de diable, l’expression « le démon » désignant Satan.

Le mot « démon » vient du grec ancien daimôn, qui désigne à la fois le destin, les divinités qui ne peuvent être nommées, ainsi que les génies des hommes et des cités. Le terme daimôn dérivant lui-même de daiesthai, « diviser, partager », son étymologie peut être rapprochée de celle de diable, du grec diabolos, « celui qui divise ». Branche de la théologie, la démonologie consiste en l’étude de la nature et des pouvoirs de démons, par opposition à l’angélologie, qui étudie les anges. La littérature rabbinique non juridique (Aggadah), ainsi que la kabbale, ont élaboré une démonologie précise et développée. Dans l’Occident chrétien médiéval, la démonologie chrétienne a quant à elle établi une savante hiérarchie d’anges déchus, ou démons, qui ont pour chef suprême Satan.

2

Une figure multiple du mal

Dès les textes les plus anciens, traditionnellement, le démon n’est pas un mais multiple. L’Ancien Testament, ses textes apocryphes, le Nouveau Testament ainsi que le Coran évoquent ainsi de nombreux groupes de démons, d’anges rebelles, d’esprits malfaisants ; en témoigne, par exemple, l’épisode du « démoniaque gérasénien » raconté dans les Évangiles, au cours duquel Jésus rencontre un homme qui, possédé, erre parmi les tombes ou dans le désert : à la question de Jésus, « Quel est ton nom ? », l’homme répond « Légion est mon nom, car nous sommes beaucoup » (Évangile selon Saint Marc, V, 9).

Les démons « ordinaires » sont généralement conduits par un démon plus puissant qu’eux. Ainsi, dans le Lévitique (XVII, 7) ainsi que dans le Livre d’Hénoch (ou Énoch), le puissant démon Azazel, ou Azael, est présenté comme le chef d’une troupe de démons peuplant le désert. Dans la tradition islamique figure une foule d’êtres malfaisants, djinns (êtres créés à partir du feu et dotés dès l’origine de pouvoirs maléfiques) et shaytans (qui, créés à partir de la lumière, sont des anges déchus). Il existe aussi des démons femelles, telle la Lilith de l’Ancien Testament, qui hante les ruines et les lieux désolés. Citons également, dans la tradition médiévale chrétienne, les incubes et les succubes, démons respectivement mâles et femelles, qui prennent une apparence humaine pour abuser sexuellement de leurs victimes.

Au sommet de la hiérarchie des démons, le chef absolu est le diable, dénommé Satan dans la tradition chrétienne, Iblîs, ou Shaytan, dans la tradition islamique. Dans l’une comme l’autre, le diable figure le premier ange déchu, chassé du paradis par les anges pour avoir pêché par orgueil (ayant refusé de se soumettre à l’ordre intimé par Dieu de se prosterner devant Adam, le premier homme, créé postérieurement à lui), et son existence est vouée à corrompre les hommes.

3

Ruines, déserts et ténèbres

Dans l’Ancien Testament, les démons, souvent désignés sous le nom d’« esprits impurs », sont réputés peupler les lieux arides, les déserts, les ruines, les cimetières — « Lorsque l’esprit impur est sorti de l’homme, il erre par des lieux arides en quête de repos, et il n’en trouve pas. » (Matthieu, XII, 43). Associés à l’impiété, au mal sous toutes ses formes, ils sont fortement liés à la notion de ténèbres et d’abîme, dans lequel sont voués à être précipités les impies. Ainsi, dans les croyances islamiques, les shaytans ont pour rôle de jeter dans la Géhenne ceux qui tournent le dos à Allah ; dans l’Apocalypse, l’Ange de l’Abîme, qui « s’appelle en hébreu : « Abaddôn » [Destruction], et en grec : « Apollyôn » [Destructeur] » (Apocalypse, IX, 11), guide une nuée de sauterelles monstrueuses sorties du puits de l’Abîme.

Les démons commandent aux forces maléfiques et n’aiment rien tant qu’évoluer parmi les humains pour les tourmenter. Aussi, dans l’Ancien Testament, le démon Asmodée s’acharne-t-il sur Sarra : « Il faut savoir qu’elle avait été donnée sept fois en mariage, et qu’Asmodée, le pire des démons, avait tué son mari l’un après l’autre, avant qu’ils ne soient unis à elle comme de bons époux. » (Livre de Tobie, III, 7-8). De façon générale, les démons cherchent à détourner les hommes du droit chemin, de la piété et de leurs devoirs — « Et ils apprennent [des démons] / comment séparer le mari de la femme / […] Ils apprennent d’eux / ce qui leur est nuisible ou inutile. » (Coran, sourate II, 102).

Enfin, les démons jouent un rôle central dans la sorcellerie. Tandis qu’il est écrit, dans le Coran, que « [les shaytans] enseignent aux humains la sorcellerie » (II, 102), la description des cérémonies de sorcellerie des manuels de démonologie de la tradition chrétienne fait appel à la présence de démons — si ce n’est de Satan lui-même —, participant au sabbat, le plus souvent sous la forme d’animaux jugés maléfiques, tels les boucs ou les chats noirs.

4

Possession et pacte démoniaques

Dans nombre des traditions associées aux démons, ces derniers ont la capacité de prendre possession des humains pour les faire agir à leur guise, ou pour s’exprimer par leur bouche. La notion de possession se retrouve ainsi dans le judaïsme comme dans le christianisme et l’islam. La possession démoniaque, quelle que soit la religion considérée, présente plusieurs traits communs. Elle se traduit généralement par des crises comprenant notamment des convulsions incontrôlables secouant le corps des possédés (« Maître, je t’ai apporté mon fils qui a un esprit muet. Quand il le saisit, il le jette à terre, et il écume, grince des dents et devient raide. », Évangile selon Saint Marc, « Le démoniaque épileptique », IX, 17-18), alternant avec des phases « asymptomatiques » au cours desquelles les possédés retrouvent à la fois leur piété et leur personnalité normale. Ces crises sont interprétées par la médecine moderne comme des crises d’épilepsie ou des manifestations psychotiques. Autre point commun aux cas de possession, les démons s’expriment par la bouche des possédés, de laquelle sort une voix qui n’est pas la leur, hurlent des insultes et des obscénités, blasphèment, etc. De surcroît, nombre de possédés se trouvent capables de comprendre et de parler diverses langues étrangères, dont ils n’avaient auparavant aucune connaissance. Enfin, les possédés font souvent montre d’une force physique extraordinaire, qui dépasse largement leurs capacités habituelles. Bien que plus proches des farfadets que des démons, les djinns ont eux aussi la capacité de prendre possession des humains. Selon le judaïsme, le christianisme et l’islam, le seul moyen de chasser un démon ayant pris possession d’un humain est l’exorcisme, pratiqué par un ministre de Dieu (rabbin, prêtre, imam) au nom de celui-ci.

Une autre croyance relative aux démons est le pacte démoniaque : en échange de la damnation éternelle de son âme, offerte au diable, un humain reçoit des pouvoirs particuliers, souvent la puissance et l’argent. Si les exemples de culte démoniaque sont légion dans l’histoire des religions, les relations de pactes démoniaques sont moins nombreuses. Dans la tradition chrétienne, la plus célèbre est celle, qui connaît son âge d’or aux xiie et xiiie siècle, de Théophile, diacre, au vie siècle, d’une église de Cilicie (actuelle Turquie) : démis de ses fonctions par un évêque jaloux de ses compétences, celui-ci pactise avec Satan lui-même, qui lui offre la richesse. Cependant, Théophile ne tarde pas à se repentir amèrement et à s’adresser à Marie, qui détruit le pacte qu’elle a arraché au diable et rétablit le diacre dans ses fonctions. La croyance en l’acharnement du diable à faire signer aux justes un pacte destiné à entrer en possession de leurs âmes au moment de leur mort a donné naissance au mythe de Faust — savant qui, lui, accepte la damnation (avant toutefois de se repentir) en échange de l’accès à la connaissance —, apparu au xvie siècle, ainsi qu’à l’expression « vendre son âme au diable ».

Rechercher dans tout le texte de l'article
Afficher cet article au format imprimable
Envoyer




© 2008 Microsoft