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Plan de l'article
dictature, régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, dans lequel un homme ou un groupe d’hommes détient un pouvoir absolu.
Dans la Rome antique, le terme de dictature caractérise la magistrature exercée dans des circonstances exceptionnelles et pour une période limitée (en principe six mois) par un homme choisi par les consuls à la demande du Sénat. Le dictateur est alors seul détenteur du pouvoir exécutif et n’a pas à rendre compte de ses décisions, sauf en matière de finances. Sa juridiction militaire est limitée à la péninsule tandis que la juridiction civile est tenue par des magistrats ordinaires qui lui sont subordonnés. Au terme de la période, le dictateur remet ses pouvoirs aux consuls. Les historiens s’accordent à voir le premier dictateur en T. Larcius, choisi vers 501 av. J.-C. pour faire face aux menaces de la guerre contre les Latins et les Étrusques. Le dernier dictateur est désigné durant la deuxième guerre punique, en 216 av. J.-C. Les dictatures du général Sylla (82-79 av. J.-C.), et de Jules César, devenu dictateur à vie un mois avant sa mort en 44 av. J.-C., sont plus proches de la notion grecque de tyrannie, la violence étant utilisée pour la conquête du pouvoir et le maintien à la tête de l’État.
Le recours à la force pour l’établissement et le maintien de la dictature est également un trait des régimes dictatoriaux modernes, mais ceux-ci se définissent aussi, en comparaison avec la démocratie, par leur absence de légitimité et leur caractère arbitraire, exprimé par la suppression de fait des garanties de la liberté des citoyens. Le dictateur peut certes trouver dans les circonstances exceptionnelles qui le portent au pouvoir une légitimité temporaire. Mais faute d’élections démocratiques, celle-ci ne peut être permanente. Pour asseoir son pouvoir personnel, le dictateur peut jouer de son charisme — utilisant l’argument de l’« homme providentiel » — ou recourir au plébiscite. Il s’appuie sur l’armée, instrument de l’arbitraire, et éventuellement sur un parti unique, instrument de propagande.
Les dictatures naissent le plus souvent de situations de crise qui rendent insupportables les antagonismes sociaux. Après la Première Guerre mondiale, l’Europe connaît ainsi une multiplication des régimes dictatoriaux. Benito Mussolini en Italie, Józef Klemens Pilsudski en Pologne, António de Oliveira Salazar au Portugal, Ioannis Metaxas en Grèce, Adolf Hitler en Allemagne, exploitent les frustrations nationalistes et les exaspérations nées de la crise économique et sociale. La menace révolutionnaire, souvent exagérée, justifie également l’instauration des dictatures : en 1919, en Hongrie, le régent Miklós Horthy de Nagybánya prend la tête de l’armée contre-révolutionnaire pour renverser Béla Kun, lui-même parvenu au pouvoir à la faveur d’une insurrection. On distingue ainsi deux types de dictature. Les dictatures conservatrices visent, face à des transformations économiques et sociales, à défendre l’ordre établi. Dans le Portugal de Salazar ou l’Espagne de Miguel Primo de Rivera y Orbaneja et de Francisco Franco, l’alliance entre armée, classes dirigeantes et Église, exprime cette volonté. Les dictatures révolutionnaires portent en revanche un projet modernisateur et s’appuient sur le peuple, contre les classes dirigeantes, pour transformer le système social en vigueur. On peut citer l’exemple de Mustapha Kemal en Turquie, après 1919, et de Gamal Abdel Nasser en Égypte, de 1952 à 1970. Le fascisme et le totalitarisme ne peuvent être assimilés aux autres régimes dictatoriaux, en raison de leurs spécificités. Le fascisme italien et le national-socialisme ont en commun l’exaltation mystique de la nation, le rejet de la démocratie libérale et leur anti-individualisme. L’individu ne trouve sa raison d’être que dans la subordination à la communauté. Le totalitarisme se caractérise par sa volonté de modeler la société tout entière selon une idéologie très structurée par l’utilisation de la terreur et l’encadrement de toute une population. En ce sens, l’Allemagne nazie et l’Union des républiques soviétiques socialistes ont été l’une et l’autre des régimes totalitaires, même si les historiens répugnent parfois à les confondre dans une même catégorie en raison de leurs différences fondamentales.
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