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Goethe, Johann Wolfgang von

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Goethe, Autre Chant du voyageur la nuitGoethe, Autre Chant du voyageur la nuit
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4.4

Amitié avec Schiller

Absorbé par ses travaux scientifiques, Goethe délaisse la littérature. Mais la rencontre de Friedrich von Schiller, l’un des plus grands dramaturges allemands du siècle, réveille son intérêt pour l’écriture. L’amitié que nouent les deux hommes, en 1794, durera jusqu’à la mort de l’auteur des Brigands en 1805. Les deux hommes échangent critiques et suggestions, ce qui conduit Goethe vers de nouvelles expériences créatrices : les résultats les plus probants sont sa contribution au journal de Schiller, Die Horen, ainsi que sa défense de l’idéal grec tel qu’il est présenté dans les réflexions de l’archéologue et historien de l’art Johann Winckelmann. Parmi les œuvres écrites à cette époque, on peut citer les ballades intitulées l’Apprenti sorcier et la Fiancée de Corinthe (1797), le roman de formation (Bildungsroman) les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister, publié en 1795-1796, et l’épopée bourgeoise Hermann et Dorothée (1797). Schiller encourage également Goethe à reprendre le travail entrepris sur son Faust, dont la première version ne sera publiée qu’en 1808.

4.5

Dernières années

En dépit de la profonde tristesse que lui cause la mort de Schiller, la monotonie de sa vie conjugale avec Christiane Vulpius — qu’il épouse en 1806 — et les bouleversements politiques provoqués par les campagnes napoléoniennes (occupation de l’Allemagne en 1806), Goethe écrit beaucoup. Il ne s’oppose pas à la « guerre de libération » (1813-1815) menée par les États allemands contre Napoléon, mais se tient à l’écart des efforts d’unification de l’Allemagne, étant plutôt partisan du maintien de petites principautés gouvernées par des despotes éclairés et bienveillants.

Parmi les ouvrages de la dernière période, les plus célèbres restent les Affinités électives (1809) et les Années de pèlerinage de Wilhelm Meister (1821, révisé en 1829). Outre ces deux romans, il achève le compte-rendu de son séjour romain, le Voyage en Italie (1816-1829), dicte à Eckermann son autobiographie, Poésie et Vérité (1811-1814, publié en 1831), et compose le Divan occidental-oriental (1819), recueil de poèmes lyriques.

4.6

Faust

Vers la fin de sa vie, Goethe écrit la seconde partie de son Faust, qui ne sera publiée qu’après sa mort, le 22 mars 1832. Considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature occidentale, ce long poème dramatique représente l’accomplissement ultime de sa longue vie et le fruit de soixante années de travail. Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle interprétation du célèbre mythe de Faust, mais d’une allégorie de la condition humaine dans toute sa complexité. Le style et les idées du poème reflètent la distance qui, chez Goethe, sépare la période rebelle du Sturm und Drang de la sagesse des années de maturité, en passant par l’époque du classicisme mesuré. Tantôt en prose, tantôt en vers, ce drame médiéval fait la part belle à la passion et à la provocation. Dans le Second Faust, le savant, parce qu’il est motivé par le désir d’aller au-delà de lui-même, se voit finalement accorder le pardon. Sous les traits de Faust, on peut naturellement reconnaître Goethe lui-même, homme de science en perpétuelle quête de savoir.

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