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Italie

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Italie : drapeau et hymneItalie : drapeau et hymne
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5.11. 2

Les bouleversements du début des années 1990

La chute des régimes communistes d’Europe de l’Est bouleverse le paysage politique italien. En 1990, les communistes italiens exsangues se rebaptisent Parti démocratique de gauche (PDS). Abandonnant la rhétorique communiste traditionnelle lors du Congrès de Rimini en février 1991, le mouvement dirigé par Achille Occhetto élargit sa réflexion à l’environnement, au féminisme et à l’écart économique toujours présent entre le Nord industriel et le Sud agricole. Le Parti socialiste, toujours dirigé par Craxi, tente d’unifier la gauche et se baptise le Parti de l’unité socialiste.

Les électeurs sanctionnent les formations traditionnelles en avril 1992. Les démocrates-chrétiens, jadis tout-puissants, ne remportent que 29,7 p. 100 des suffrages, réalisant le plus mauvais score de leur histoire ; les néocommunistes obtiennent 16,1 p. 100 (26,6 p. 100 en 1987) et les socialistes 13,6 p. 100.

L’inertie de l’électorat résulte de la combinaison de différents facteurs : une économie malade, les ravages d’un chômage massif, la révélation d’une corruption politique généralisée en relation avec la Mafia.

Née en Sicile au xixe siècle, cette organisation fonctionnant selon une structure familiale, observant des rituels et des codes très particuliers, a, petit à petit, gangrené la société et l’économie. Au milieu des années 1980, les magistrats, réunis autour de Giovanni Falcone, ont obtenu d’importants succès contre cette « pieuvre », mais la situation ne cesse de se dégrader et plusieurs juges, dont Falcone lui-même, sont assassinés en 1992-1993. Au cours des années suivantes, plus de 6 000 personnes, dont des centaines de politiciens, de magistrats et d’hommes d’affaires, sont mises en examen ou emprisonnées pour des délits de toute nature. Bettino Craxi est même obligé de quitter son poste de secrétaire du Parti socialiste, au début de 1993.

En avril 1993, l’électorat italien approuve huit référendums de réformes du système électoral du pays. Puis, le président du Conseil, le socialiste Giuliano Amato, démissionne, après l’opération « Mains propres » visant la corruption des partis politiques et est remplacé par le directeur de la Banque d’Italie, Carlo Azeglio Ciampi.

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La restructuration du paysage politique

Après le scrutin de mars 1994, une coalition appelée le Pôle de la liberté accède au pouvoir, avec 43 p. 100 des suffrages. La gauche ne remporte que 34 p. 100 des voix, les partis centristes, 16 p. 100, signe de leur déclin historique.

Le Pôle de la liberté est composé de Forza Italia, du parti néofasciste de l’Alliance nationale de Gianfranco Fini et de la Ligue du Nord d’Umberto Bossi. Cette dernière est arrivée en quatrième position aux élections de 1992, en réclamant la partition de l’Italie en trois républiques distinctes. En 1994, elle revient à des positions plus modérées, prônant des réformes économiques, un nouveau système d’imposition et l’institution d’un fédéralisme à l’allemande. Cette nouvelle formation se limite géographiquement dans le Nord et met en avant les spécificités de la Lombardie ; parti xénophobe, elle dénonce tous les dysfonctionnements de la société.

Forza Italia, création du magnat des médias, Silvio Berlusconi, arrive en tête du scrutin avec 21 p. 100 des voix. Cette avance permet à la droite de détenir la majorité à la Chambre des députés et de constituer la force politique principale au Sénat. Silvio Berlusconi est nommé président du Conseil peu de temps après. Il se retrouve alors devant la double tâche de revitaliser une économie moribonde et de conserver l’équilibre entre les positions politiques antagonistes des deux autres membres du Pôle de la liberté. Son gouvernement chute au mois de décembre, la Ligue du Nord lui ayant retiré son soutien.

Silvio Berlusconi est remplacé par Lamberto Dini, son ministre du Trésor, qui reste président du Conseil jusqu’en mai 1996.

Durant son mandat, Dini, avec l’appui de la gauche, réduit le quasi-monopole médiatique de Berlusconi. Néanmoins, l’arrivée au pouvoir d’un homme des médias et de partis fédéralistes et populistes comme la Ligue du Nord a révélé la crise d’adaptation qui touche l’Italie. Sécularisation de la société, répartition des richesses entre provinces riches et provinces pauvres, désagrégation des unités nationales anciennes et des partis politiques traditionnels, mondialisation de l’économie, ces facteurs concourent à une crise de la formulation des identités nationales qui se développe en Italie.

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Les gouvernements Prodi et D’Alema

Le discours démagogique du Pôle de la liberté lui coûte les élections de 1996. À l’issue du scrutin, la coalition de l’Olivier conduite par un économiste catholique, Romano Prodi, l’emporte. Il semble que l’Italie amorce alors un nouveau virage. Cette coalition rassemble le PDS (21,1 p. 100 des suffrages) devenu social-démocrate sous l’impulsion de son dirigeant Massimo D’Alema ; Refondation communiste (8,6 p. 100) ; le PPI (6,8 p. 100) ; une liste formée par Lamberto Dini (4,3 p. 100) ; et les Verts (2,5 p. 100).

En septembre 1996, la Ligue du Nord (10 p. 100 des suffrages aux élections de 1996) proclame la sécession de la plaine du Pô, la « Padanie », en une république indépendante et souveraine. Cette sécession n’est considérée que comme un simulacre, cependant les dirigeants italiens demeurent inquiets à l’égard de cette formation politique.

Afin de satisfaire aux critères de convergence de Maastricht, Romano Prodi et son ministre de l’économie, Carlo Azeglio Ciampi lancent un vaste programme d’austérité, qui permet de réduire l’inflation et le déficit et de redresser les finances publiques. Retenue pour adhérer à l’Union économique et monétaire (UEM) en mars 1998, l’Italie ratifie le traité d’Amsterdam en 1998 et intègre la zone euro le 1er janvier 1999. Cette politique de rigueur se heurte aux critiques de Refondation communiste, qui, en retirant son soutien au gouvernement, provoque en octobre 1997 une grave crise politique marquée par la démission de Prodi. Celui-ci est reconduit presque aussitôt dans ses fonctions, grâce au soutien des communistes. Cependant, ces derniers retirent de nouveau ce soutien un an plus tard, lors du vote du budget en octobre 1998. Après plus de deux ans et demi au pouvoir, Romano Prodi démissionne. Dans l’opposition, Silvio Berlusconi cherche à transformer Forza Italia en un véritable parti dont il devient le président en avril 1998. En juin 1998, revenant sur un accord passé plus tôt, il fait échouer le processus engagé pour une révision de la Constitution (nouvelle loi électorale).

Massimo D’Alema, secrétaire du Parti démocratique de la gauche (PDS), rebaptisé Démocrates de gauche (DS) en janvier 2000 (avec à sa tête Walter Veltroni), succède à Romano Prodi et forme un gouvernement comprenant des néocommunistes, des démocrates-chrétiens et des Verts. Il est le premier ex-communiste à diriger un gouvernement dans l’UE. Romano Prodi, qui a fondé un nouveau parti, les Démocrates, est désigné en mai 1999 président de la Commission de Bruxelles. En mai 1999, l’ancien ministre de l’Économie, Carlo Azeglio Ciampi succède à Oscar Luigi Scalfaro à la tête de l’État.

Sur le plan international, l’« affaire Öcalan » envenime les relations avec la Turquie. Arrêté à Rome en novembre 1998, Abdullah Öcalan, le leader du Parti des travailleurs kurdes (PKK) n’est pas extradé vers la Turquie comme le demandent les autorités turques et peut quitter l’Italie en janvier 1999. L’Italie s’engage, par ailleurs, le 24 mars 1999, aux côtés de treize des dix-neuf membres de l’OTAN, dans l’opération « Force alliée » menée contre la Yougoslavie. Après la fin du conflit et le retrait serbe du Kosovo, l’Italie obtient une des cinq zones de la KFOR. Aux élections européennes de juin 1999, les démocrates de gauche au pouvoir, en recul, recueillent 17,3 p. 100 des suffrages (soit 15 sièges au Parlement européen), Forza Italia de Silvio Berlusconi 25,2 p. 100 des suffrages (22 sièges), les Démocrates de Romano Prodi 7,7 p. 100 (7 sièges) et la liste d’Emma Bonino (commissaire européenne) font une percée avec 8,5 p. 100 (7 sièges).

À l’issue de la crise avec les socialistes en décembre 1999, Massimo D’Alema démissionne mais, à la demande du président de la République, forme un nouveau gouvernement de centre-gauche. Le succès de la droite de Silvio Berlusconi aux élections régionales d’avril 2000 l’amène à présenter à nouveau sa démission. Il est remplacé à la présidence du Conseil par un socialiste modéré, Giulano Amato, qui prend la tête d’un gouvernement de continuité, le quatrième de la législature. Le référendum du 21 mai, qui porte principalement sur la réforme de la loi électorale — suppression de la proportionnelle aux législatives, notamment — mais également sur la Justice et sur le monde du travail (7 questions en tout), est invalidé, en raison du faible taux de participation (environ 30 p. 100, alors que le quorum minimum requis est de 50 p. 100). L’échec de ce scrutin ébranle la coalition au pouvoir et renforce l’opposition dirigée par Silvio Berlusconi, qui a appelé à l’abstention et qui a réclamé la tenue d’élections législatives anticipées.

Sur le plan économique, l’Italie enregistre une hausse record de 2,9 p. 100 de son produit intérieur brut en 2000. Mais si le chômage recule, la question de l’immigration tend à devenir un problème majeur. En effet, de nombreux étrangers en provenance d’Europe de l’Est (Albanie), du Maghreb et surtout d’origine kurde arrivent en Italie. On estime à près de 350 000 le nombre de clandestins, dont l’augmentation, due à la situation dans les Balkans et en Turquie, devient un thème électoral majeur pour les législatives anticipées du 13 mai 2001.

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Le gouvernement Berlusconi

Face à l’Olivier (la coalition sortante de centre-gauche dirigée par l’ancien maire de Rome Francesco Rutelli), le centre-droit et la droite plus radicale (avec notamment Forza Italia, l’Alliance nationale de Gianfranco Fini et la Ligue du Nord d’Umberto Bossi) se regroupent au sein de la Maison des libertés derrière Silvio Berlusconi. Le 13 mai 2001, cette coalition remporte la majorité absolue. À la Chambre des députés, sur 630 sièges, la Maison des libertés en obtient 368, tandis que la coalition de centre-gauche, l’Olivier, en gagne 242, et Refondation communiste 11. Au Sénat, la Maison des libertés obtient 177 sièges sur 315, l’Olivier 128 et Refondation communiste 3. Ces élections font apparaître une bipolarisation de la vie politique italienne, tandis que Forza Italia s’affirme comme la première formation politique du pays, avec 29,4 p. 100 des voix.

Silvio Berlusconi devient président du Conseil le 11 juin, et Gianfranco Fini vice-président du Conseil. La question du conflit d’intérêts entre les fonctions publiques et les activités privées de Silvio Berlusconi est à nouveau à l’ordre du jour, tandis que les premières lois votées visent à réduire les charges judiciaires qui pèsent encore sur lui. Le lancement de l’euro en janvier 2002 entraîne la démission du ministre des Affaires étrangères, un européen convaincu, Renato Ruggiero, qui préfère quitter un gouvernement majoritairement eurosceptique. L’actualité sociale est marquée par la volonté du gouvernement de réformer les retraites et le statut des travailleurs (notamment l’article 18 du Code du travail protégeant les salariés contre les licenciements abusifs) qui rencontre l’opposition des syndicats et de la population. Entre 2 et 3 millions de personnes manifestent en mars 2002 à Rome et une grève générale est organisée en avril, la première depuis vingt ans. Début 2003, les Italiens manifestent également massivement contre la guerre en Irak, ce qui met en lumière une fracture croissante entre la population et le gouvernement, qui s’aligne sur les positions de la Maison-Blanche. Au second trimestre 2003, l’Italie assume la présidence de l’Union européenne. Alors que la situation économique est morose et marquée par les difficultés de FIAT et Alitalia ainsi que par le scandale financier de la société Parmalat, l’élection du Parlement européen en juin 2004 voit Forza Italia en fort recul. Largement devancé par la coalition de l’Olivier (31,1 p. 100 des suffrages, 25 sièges sur 78), le parti de Silvio Berlusconi recueille 21 p. 100 des suffrages (16 sièges), soit une perte de 4 millions de voix depuis 2001. Les autres partis de la majorité gouvernementale, Alliance nationale, la Ligue du Nord et l’Union des démocrates du centre, sont en revanche en progression.

À la suite de la défection de ses alliés centristes, Silvio Berlusconi est contraint de démissionner en avril 2005. Reconduit dans ses fonctions, il forme un nouveau gouvernement au sein duquel Forza Italia occupe une place renforcée, dans un contexte marqué par une crise économique persistante. Après la Chambre des députés en janvier, le Sénat ratifie le traité établissant une Constitution pour l’Europe en avril 2005.

Les élections générales d’avril 2006 voient la coalition de centre-gauche emmenée par Romano Prodi, l’Unione, l’emporter de peu sur celle de Silvio Berlusconi, la Maison des libertés. L’Unione, qui va des centristes aux communistes, remporte ainsi 348 sièges à la chambre des députés contre 281 pour la droite, mais elle ne dispose que de 2 sièges d’avance au Sénat. Au mois de mai, son candidat, Giorgio Napolitano, est élu à la présidence de la République et Romano Prodi forme un gouvernement de coalition aux positions pro-européennes marquées. Après avoir élaboré un budget 2007 conforme aux exigences d’orthodoxie européennes et présenté un projet de loi créant un Pacs à l’italienne (appelé Dico), le gouvernement italien est mis en minorité au Sénat sur les orientations de sa politique étrangère par l’aile gauche de la coalition, notamment sur la présence de troupes italiennes en Afghanistan. Démissionnaire, Romano Prodi est reconduit dans ses fonctions et forme un nouveau gouvernement en février 2007.

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