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Présentation ; Littérature orale ; Liens entre littératures orale et écrite ; Littérature écrite ; Littérature contemporaine
Afrique noire, littérature d', littératures écrites et orales de l’Afrique noire, composées en langues africaines, ainsi qu’en anglais, en français et en portugais. Les littératures d’Afrique du Nord et d’Afrique du Sud appartiennent à des espaces culturels spécifiques (littérature du Maghreb ; voir littérature sud-africaine).
La littérature orale est aux sources des sociétés africaines ; d’une immense richesse, sa tradition continue de s’épanouir aujourd’hui, malgré l’industrialisation et l’urbanisation de l’Afrique postcoloniale.
La prééminence de la littérature orale en Afrique est liée surtout à sa fonction sociale. Les sociétés africaines, dans leur diversité, considèrent en effet la parole, le bien-dire, comme un élément fondamental de la cohésion du groupe. Ainsi, la parole quotidienne, usant de formules figées, de dictons et de références, apparaît encore aujourd’hui comme un vecteur privilégié des codes sociaux établis. Les rois et les chefs de l’Afrique traditionnelle ont d’ailleurs toujours marqué un grand intérêt pour la poésie orale, qu’ils encourageaient en souhaitant la maîtriser. L’acte de parole, notamment dans son lien avec le pouvoir, qu’il soit coutumier ou sacré, possède également une fonction magique importante ; c’est le cas, par exemple, des incantations des guérisseurs et des sorciers, ou encore des termes tabous, considérés comme pouvant exercer une action directe sur le monde matériel et sur les événements.
La littérature orale africaine, contrairement à l’image déformée qu’en ont reçue les Occidentaux, n’est pas constituée que de genres dits « mineurs », comme le conte, la chanson ou le proverbe ; elle est faite aussi de textes fondamentaux, d’une grande portée spirituelle et intellectuelle. Ainsi que l’a démontré l’ethnologue Marcel Griaule dans son livre sur les Dogon du Mali (Dieu d’eau, entretiens avec Ogotemmêli, 1948), les mythes et légendes d’Afrique noire sont complexes et jouent un rôle fondateur, au même titre que les mythologies grecque et romaine. Considérés comme « vrais » par ceux qui les énoncent ou qui les écoutent, ils transmettent les croyances en des entités surnaturelles, relatent les origines du monde et font la chronique des clans et des principales formes d’organisation sociale. Dans toute l’Afrique de l’Ouest, dans l’aire culturelle mandingue, les griots, chanteurs « passeurs » de la tradition orale, mais surtout historiens, se transmettent de génération en génération des récits épiques (comme l’épopée mandingue transcrite notamment par l’écrivain guinéen Djibril Tamsir Niane dans Soundiata, 1960), ainsi que des généalogies et des panégyriques des familles de leur région. La littérature orale suppose ainsi un prodigieux travail de conservation et d’éducation, qui implique tous les individus d’une société, non seulement dans le devoir de mémoire, mais aussi dans le processus créatif.
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