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    Le Caravage : Né en 1573 à Caravaggio, Michelangelo Merisi, dit « Le Caravage », vient à Rome vers l'âge de 15 ans ...

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    Michelangelo Merisi, dit « Le Caravage » (1573-1610) Cliquez sur l'image pour voir le tableau dans son entier

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Caravage, le

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Caravage (le), les TricheursCaravage (le), les Tricheurs
Plan de l'article
1

Présentation

Caravage, le (1571-1610), peintre italien, un des très grands maîtres de la peinture naturaliste du XVIIe siècle.

L’œuvre puissante et novatrice du Caravage, empreinte d'un naturalisme qui a choqué nombre de ses contemporains, dénote une remarquable virtuosité dans la technique du clair-obscur. Il en résulte un modelé et une mise en relief plastique de chaque élément qui accentuent l’intensité dramatique et l’irradiation de la composition, et lui donnent une spiritualité profonde, « hors d’atteinte », inscrite dans la lignée de Charles Borromée (1530-1584) et de Philippe Neri (1515-1595), les deux grands saints de la Contre-Réforme.

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Les années de formation

Michelangelo Merisi, dit le Caravage, est né vraisemblablement à Milan, et non pas à Caravaggio, village de la région de Bergame dont sa famille est originaire. Son père (Fermo) travaillait comme contremaître (magister) dans la capitale lombarde au service de la famille de Francesco Ier Sforza, marquis de Caravage, apparentée aux Colonna et aux Borromée. C'est dans cette ville qu’à partir de 1584, le Caravage fait son premier apprentissage chez un peintre bergamasque d'une certaine renommée, Simone Peterzano, un ancien élève du Titien. Arrivé probablement à Rome à l’automne 1592, deux ans après la mort de sa mère (Lucia Aratori) — les archives n'attestent sa présence qu'à partir de 1596 —, le Caravage travaille dans l'atelier-galerie de Giuseppe Cesari da Arpino, le futur Cavalier d'Arpin (1568-1640), peintre introduit à l’Accademia degli Insensati et proche de Monsignor Maffeo Barberini, le futur pape Urbain VIII.

Membre de l’Académie de Saint-Luc, l’académie des beaux-arts romaine fondée en 1593 par Federico Zuccaro (ou Zuccari), le Caravage se fait très vite remarquer des amateurs et des collectionneurs pour ses peintures de chevalet, scènes de genre subtilement allégoriques : les Tricheurs (v. 1594, Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas), les deux versions de la Diseuse de bonne aventure (1594-1595, musées capitolins, Rome ; musée du Louvre, Paris), les Bacchus — Bacchus malade (v. 1593-1594, galerie Borghèse, Rome), Bacchus (v. 1597-1598, galerie des Offices, Florence) —, l'Enfant mordu par un lézard (1595-1596, fondation Roberto Longhi, Florence).

À partir de 1595, le Caravage s'installe au Palazzo Madama, la résidence de son mécène, le cardinal Francesco Maria Borbone Del Monte (1549-1626). Ce prélat d'origine vénitienne, protecteur officiel de l'Académie de Saint-Luc et grand collectionneur, commande huit toiles au Caravage, affectionnant particulièrement le Concert de jeunes gens (v. 1595-1596, The Metropolitan Museum of Art, New York, fonds Rogers). Contrairement à une croyance bien établie ne fait pas partie de cet ensemble le célèbre tableau du Joueur de luth (1595-1596, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg), qui reprend pour modèle le personnage central du précédent tableau. Ce tableau a en effet été commandité par le marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637), un des collectionneurs les plus avisés et les plus cultivés de son époque, et a souvent été confondu avec une copie autographe exécutée à la même époque par le Caravage pour le cardinal Del Monte. Cette toile a récemment été retrouvée et est aujourd’hui conservée à New York.

3

Les grands sujets religieux

3.1

La chapelle Contarelli de Saint-Louis-des-Français

La production du Caravage comporte déjà quelques œuvres religieuses — le Repos durant la fuite en Égypte (v. 1595-1596, galerie Doria-Pamphilj, Rome), la Madeleine repentante (v. 1596-1597, idem), l’Extase de saint François (v. 1596, Wadsworth Atheneum, Hartford, Connecticut), Judith et Holopherne (v. 1598, Galerie nationale d’Art antique, palais Barberini, Rome) ; celles-ci deviennent prépondérantes à partir de 1599, lorsque le Caravage se voit confier la décoration de la chapelle du cardinal dataire du pape Grégoire XIII, le prélat français Matthieu Coyntrel (connu sous le nom de Matteo Contarelli) à Saint-Louis-des-Français. La Vocation de saint Matthieu (1599-1600), tableau très réaliste (où est évoqué l’appel du publicain par Jésus) baigné d'une étonnante luminosité oblique, y est traitée comme une scène de genre contemporaine. Cette toile s'oppose à la théâtralité dramatique du Martyre du saint (1599-1600) comme à la composition tourbillonnante de Saint Matthieu et l'Ange (1602 pour la toile de la chapelle Contarelli. Une première version, refusée par les commanditaires, a été achetée par le marquis Vincenzo Giustiniani pour sa propre collection. Elle sera détruite en 1945 lors de la chute de Berlin).

3.2

Un tableau révolutionnaire : la Conversion de saint Paul

Les trois grandes toiles de la chapelle Contarelli rendent le Caravage célèbre ; celui-ci voit dès lors affluer les commandes et devient l'un des peintres les mieux rétribués de Rome. En 1601, le Caravage est installé dans le palais du cardinal Gerolamo Mattei. Cette même année, Ciriaco Mattei lui commande la Cène à Emmaüs (1601, The National Gallery, Londres) et Jeune Garçon avec un bélier (v. 1602-1603, musées capitolins, Rome) et le marquis Giustiniani l'Amour vainqueur (1601-1602, Gemäldegalerie, Staatliche Museen, Berlin) et l’Incrédulité de saint Thomas (1601-1602, château de Sans-Souci, Bildergalerie, Potsdam). Le Caravage entreprend parallèlement pour l'église des Augustiniens de la congrégation de Lombardie, Sainte-Marie-du-Peuple, deux œuvres de conception si révolutionnaire, la Conversion de saint Paul et la Crucifixion de saint Pierre, que les premières versions déplaisent au commanditaire, le cardinal Tiberio Cerasi, trésorier du pape Clément VIII, et sont rachetées par le cardinal Giacomo Sannesio (aujourd’hui collection Odescalchi, Rome, pour la Conversion de Saint Paul, la seule des deux toiles qui nous soit parvenue).

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