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protestantisme

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2.2. 1

Martin Luther

L’histoire a retenu, comme début de la Réforme, la publication en 1517, par Martin Luther, de 95 thèses, dans lesquelles il condamne la vente systématique des indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome. Moine augustin et professeur de théologie à l’université de Wittenberg, Luther ne se satisfait pas de l’enseignement catholique traditionnel sur la question du salut. Il élabore la doctrine de la justification par la grâce divine au travers de la foi. Il juge la foi négligée par une théologie catholique qui a placé sur le même plan l’efficacité des « bonnes œuvres ». À ses yeux, la vente abusive d’indulgences découle de l’importance accordée aux œuvres au détriment de la foi.

Martin Luther n’a d’abord pour intention que de promouvoir une réforme au sein de l’Église catholique ; il se heurte à une vive opposition. Refusant de renier ses opinions et exigeant qu’on lui démontre ses erreurs en s’appuyant sur l’Écriture, il en vient à rejeter l’autorité de l’Église et se retrouve excommunié. Protégé par Frédéric le Sage, duc de Saxe, il peut développer ses idées dans une série de livres et de pamphlets religieux : elles se répandent ainsi rapidement à travers l’Allemagne puis dans toute l’Europe. En Scandinavie, des Églises luthériennes sont organisées relativement rapidement.

2.2. 2

Ulrich Zwingli

Un peu plus tard, dans la lignée de la rébellion luthérienne, un mouvement réformateur encore plus radical se fait jour en Suisse, à Zurich, sur l’initiative du pasteur Ulrich Zwingli. Au terme de ses études bibliques, Zwingli arrive à la conclusion que l’on doit conserver, dans la doctrine et les rites de l’Église, uniquement ce qui se trouve spécifié dans les Écritures. Alors que les luthériens conservent nombre d’éléments de la liturgie médiévale, Zwingli instaure une liturgie simplifiée et présente l’eucharistie comme une cérémonie purement symbolique. Les réformes de Zwingli sont adoptées sans conflit par le conseil municipal de Zurich, puis s’étendent à d’autres villes suisses.

2.2. 3

Jean Calvin

Le principal réformateur de la génération suivante est Jean Calvin, théologien français installé à Genève en 1536. Sans être aussi radicales que celles d’Ulrich Zwingli sur le plan doctrinal, les réformes de Calvin associent l’Église et l’État en un régime sévère, destiné à garantir la rigueur morale et doctrinale des croyants. Calvin rédige aussi le premier catéchisme systématique de théologie protestante, organise les églises selon un modèle presbytérien démocratique et fonde des universités influentes.

John Knox s’y forme avant d’introduire le calvinisme en Écosse, où il donne naissance à l’Église presbytérienne établie. Le calvinisme se répand également en France, où ses fidèles sont appelés les huguenots, et en Hollande, où il contribue à l’essor du sentiment national néerlandais face à l’Espagne catholique occupante.

2.2. 4

Les sectes radicales

Tandis que les luthériens et les calvinistes organisent leurs Églises, apparaissent de nouveaux courants protestants plus radicaux. Ils jugent que le protestantisme établi ne va pas assez loin dans la simplicité du christianisme biblique. Ils s’attaquent donc, avec une égale violence, aux Églises protestantes établies et à l’Église catholique ; ils sont en retour violemment persécutés par les deux camps.

Plusieurs de ces groupes suscitent des révoltes politiques ou s’attaquent aux églises dont ils détruisent les images, les vitraux, les statues et les orgues. Presque tous rejettent le lien entre l’Église et l’État. La plus significative de ces sectes est celle des anabaptistes, surtout présente en Allemagne et aux Pays-Bas, jouant un rôle majeur dans la guerre des Paysans. Ils rejettent le baptême des jeunes enfants et le réservent aux croyants adultes. D’autres courants renoncent à tout usage de la force : ainsi les mennonites, secte anabaptiste née en Hollande et en Suisse, tentent de former des communautés pacifistes vivant en autarcie et fondées sur les principes du Nouveau Testament. Tous ces groupes influencent fortement le mouvement anglais des quakers, apparu dans les années 1640. Beaucoup de ces petites sectes, à commencer par les puritains, fuient la persécution en émigrant vers les colonies américaines. Plusieurs colonies du Nord sont fondées par l’une ou l’autre secte, surtout luthériennes, mennonites et anabaptistes ; en revanche, dans les colonies du Sud, l’Église anglicane s’impose comme l’Église établie.

2.2. 5

Le schisme anglican

En 1534, le roi Henri VIII d’Angleterre s’arroge l’autorité ecclésiastique, jusqu’alors exercée par le pape. L’anglicanisme devient alors la religion d’État. Dans cette affaire, le souverain a été plus motivé par la volonté d’obtenir l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon que par un appétit de réformes doctrinales. Aussi maintient-il les principes majeurs du catholicisme médiéval. Puis, sous les règnes d’Édouard VI et d’Élisabeth Ire, l’Église anglicane adopte un symbole (credo) protestant, formulé dans les Trente-neuf Articles. Le rite anglican et l’organisation de l’Église d’Angleterre conservent cependant beaucoup des formes du catholicisme — ce qui lui vaut les critiques des dissidents calvinistes, les puritains (voir puritanisme).

2.3

Réactions à la Réforme

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