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Présentation ; Qu’est-ce que la science historique ? ; L’Antiquité : naissance de la discipline ; Le Moyen Âge : une histoire religieuse ; L’Ancien Régime : du renouveau aux Lumières ; Le XIXe siècle, âge d’or de l’histoire ; L’histoire scientifique depuis le XXe siècle
histoire, histoire de l', étude et connaissance des événements passés de l’humanité, d’un peuple, d’une personne ou d’une société. Jusqu’à ce que l’histoire devienne une discipline au XIXe siècle, elle n’est que le récit des événements dignes de mémoire.
En 1873, le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle proposait sa propre définition de l’histoire : « L’histoire, comme fait, est le développement de l’esprit humain tel qu’il se manifeste dans ses relations sociales et ses rapports avec l’État. Comme science, elle est l’intelligence de ce développement. Comme art, elle en est la reproduction ou la représentation par la parole. » Il est vrai que de tous les domaines d’étude scientifique, l’histoire est peut-être celui qui est le plus difficile à définir. D’une part, elle touche à de nombreuses sciences (notamment à la science pure, mais également à la philosophie, la sociologie, l’archéologie, l’épigraphie, la paléographie, etc.) ; d’autre part, elle peut devenir un enjeu politique, dans la mesure où elle est simultanément temporalité et devenir. Dans ce contexte, le métier d’historien est le résultat d’une lente maturation de l’appréhension de l’histoire comme discipline des sciences sociales.
Sauf dans les cas exceptionnels où les historiens rédigent le récit d’événements dont ils ont été eux-mêmes témoins (l’histoire originale, qui est aujourd’hui du domaine du journalisme), les faits historiques ne sont connus que par des sources intermédiaires (l’histoire réfléchissante). Celles-ci peuvent être des témoins vivants, des récits, des mémoires, des lettres et des fictions, des documents juridiques et financiers des instances gouvernementales ou administratives, des institutions religieuses ou des entreprises, des informations livrées par les vestiges concrets de civilisations disparues, l’art et l’artisanat, des tombes et des terroirs agricoles, des paysages… pour reprendre une expression de Lucien Febvre : « avec tout ce qui, étant à l’homme, exprime l’homme, signifie la présence, l’activité, les goûts et les façons d’être de l’homme ». Toutes ces sources d’information fournissent un témoignage qui permet à l’historien de déchiffrer le passé. Ce témoignage peut être partiel ou erroné, fragmentaire ou inexact. C’est pourquoi les historiens se doivent de le considérer de manière critique : l’histoire réfléchissante devient alors histoire critique.
L’objectif de l’histoire comme tentative scientifique de comprendre la vie des hommes va au-delà du simple examen des témoignages. La mise en évidence de faits n’est que la base de la sélection, de la compilation et de l’explication qui constituent l’interprétation de l’historien. Ce processus d’interprétation donne des informations sur tous les aspects de l’investigation, à commencer par la sélection d’un sujet de recherche, car le choix d’un événement particulier, d’une société ou d’une institution spécifique est déjà lui-même un acte de jugement affirmant son importance. Le sujet choisi suggère à son tour un modèle ou une hypothèse provisoire qui guide les recherches, permet à l’historien d’affirmer, de classer les témoignages existants et de présenter un exposé détaillé et cohérent. L’historien doit respecter les faits, éviter (dans la mesure du possible) les erreurs, dues entre autres à l’ignorance, et fournir une interprétation convaincante et intellectuellement satisfaisante.
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