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François Ier (de France)

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Clouet, François IerClouet, François Ier
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5.1

Les prémices de l’absolutisme

Grand et élégant, intelligent et calculateur, bien que souvent impulsif et superficiel, doté d’une prestance remarquée par tous les mémorialistes de son temps, François Ier est un souverain majestueux, ayant une haute idée de sa fonction. Dominé par des préoccupations guerrières, le règne de François Ier est caractérisé par un renforcement de l’autorité royale, préfigurant l’absolutisme : la confiscation des biens du connétable de Bourbon (1523), la réunion définitive de la Bretagne au royaume (1532), l’affirmation de la justice royale face à la justice seigneuriale, l’interdiction faite aux parlements d’user de leur droit de remontrance — ne leur laissant que le droit d’enregistrement — l’envoi d’intendants dans les provinces, l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) — imposant, entre autres, de rédiger les actes judiciaires et notariés en français et non plus en latin —, sont autant d’affirmations d’une volonté d’unification et de centralisation, dont les grands conseillers du roi, le duc de Montmorency, le seigneur de Bonnivet (v. 1488-1525) et l’amiral Philippe de Chabot (v. 1480-1543) se font les fidèles interprètes.

Parallèlement, la fondation du port du Havre par Bonnivet (1517), les encouragements apportés à l’explorateur Jacques Cartier marquent le souci du pouvoir d’ouvrir le royaume sur l’extérieur et de participer à l’expansion coloniale.

Alors que le coût des guerres contraint sans cesse à trouver de nouveaux expédients, la politique suivie en matière financière apparaît moins cohérente. Si la création du Trésor de l’Épargne (1523) permet d’améliorer la collecte et le rendement de l’impôt, l’urgence commande souvent de contracter de lourds emprunts, d’avoir recours à des ventes massives d’offices, de favoriser l’inflation et de multiplier les titres (comme les rentes sur l’Hôtel de Ville, création du chancelier Antoine Duprat en 1522) qui grèvent de manière permanente le budget de l’État. Cette superposition de mesures provisoires, aussitôt pérennisées, demeure l’une des constantes du système fiscal français jusqu’à la Révolution française.

5.2

Un chef religieux

Dès le début de son règne, François Ier affirme sa souveraineté sur les trois ordres : la noblesse, le tiers état mais également le clergé. En 1516, il rencontre le pape Léon X et obtient, avec la signature d’un concordat, le droit de nommer les évêques en son royaume. Ce concordat de Bologne lui assure, malgré le pouvoir de confirmation reconnu au pape, le contrôle de l’épiscopat français.

En matière religieuse, il montre, dans un premier temps tout au moins, une certaine tolérance vis-à-vis des protestants ; proche des humanistes de Meaux — animés par l’évêque Guillaume Briçonnet, directeur spirituel de Marguerite d’Angoulême —, François Ier œuvre en leur faveur lorsqu’ils sont soupçonnés de luthéranisme par la Sorbonne. Dans les années 1530, de par sa volonté de rapprochement politique avec les luthériens allemands, il étouffe les différents scandales religieux.

Mais, après l’affaire des Placards (octobre 1534), le roi prend conscience de l’ampleur du mouvement et permet au Parlement de déclencher une vague de persécutions, que l’édit de Coucy suspend par diplomatie (juillet 1535). Renforcée par l’édit de Fontainebleau de 1540, la persécution reprend bientôt avec comme terrible illustration le massacre de plusieurs centaines de Vaudois en Provence, en avril 1545. En définitive, même s’il a protégé ponctuellement quelques proches ou intellectuels, François Ier est resté durant tout son règne fidèle à Rome.

Miné par la syphilis, ce prince de la Renaissance meurt le 31 mars 1547 en son château de Rambouillet. Le dauphin François étant décédé en 1536, son deuxième fils, âgé de 28 ans, accède au trône sous le nom d’Henri II.

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