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Gide, André

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André GideAndré Gide
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1

Présentation

Gide, André (1869-1951), écrivain français, prix Nobel de littérature.

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L’enfance

Né à Paris, André Gide est le fils unique de Paul Gide, professeur de droit issu d’une famille protestante de la région d’Alès, et de Juliette Rondeaux, riche bourgeoise d’origine normande, protestante elle aussi. À la mort de son père, Gide n’a que onze ans. Il fréquente brièvement la prestigieuse École alsacienne à Paris puis, renvoyé, suit des études épisodiques sous la houlette de précepteurs privés. Il est élevé par sa mère dans une atmosphère de rigueur morale qu’on a dit castratrice, entouré presque exclusivement de femmes. Parmi celles-ci, sa cousine Madeleine Rondeaux jouera un rôle déterminant, dans la vie comme dans l’œuvre du futur écrivain : elle est le modèle de l’Emmanuèle des Cahiers d’André Walter et de Si le grain ne meurt, de l’Alissa de la Porte étroite ; elle sera aussi, dans la vie réelle, épousée en 1895 lors d’un mariage qui restera blanc, à la fois adorée et délaissée pour d’autres plaisirs charnels.

3

L’œuvre en germe

Dégagé de tout souci financier grâce à sa fortune personnelle, Gide s’oriente très tôt vers une carrière littéraire dont ses premiers échecs ne le détournent pas (les Cahiers d’André Walter, 1891) : il se déclare soucieux de produire une œuvre qui assure sa postérité plus que sa gloire immédiate. Les Cahiers, publiés à compte d’auteur comme plusieurs des livres qui vont suivre, contiennent en germe la plupart des thèmes que développera Gide par la suite, mais dans un style encore bien éloigné de la pureté classique. André Walter y confesse sous forme de journal son chaste et idéal amour pour sa cousine Emmanuèle, qu’il a promis à sa mère mourante de ne pas épouser. Après la mort de son aimée, il sombre dans la folie puis meurt à son tour. Gide y adjoint en 1892 les Poésies d’André Walter. Il est à cette époque marqué par l’influence du symbolisme et fréquente dès 1891 les « mardis de la rue de Rome » organisés par Mallarmé.

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Une tension vitale

Après Paludes (1895), sotie (du nom d’un genre médiéval de farces satiriques) où, dans une mise en abyme de la littérature, Gide se moque des cénacles symbolistes et de lui-même, il publie les Nourritures terrestres (1897). Ce livre lyrique — et vieilli — plein d’un appétit de vivre que Gide vient de découvrir lors d’un voyage en Algérie avec le « scandaleux » Oscar Wilde, devient, des années après sa parution, le livre culte de la jeunesse de l’après-guerre.

La tension entre la recherche des plaisirs de la vie et celle d’une pureté toute religieuse est moins une exigence de choix qu’une oscillation entre ces deux pôles. Elle alimente une réflexion critique où la morale est sans cesse interrogée. Dans l’Immoraliste (1902), Michel, relevant d’une grave maladie, se détourne de sa vie studieuse et de sa femme pour se vouer aux plaisirs ; dans la Porte étroite (1909), premier succès de Gide auprès d’un large public, Alissa refuse l’amour terrestre de son cousin Jérôme pour se tourner vers Dieu. La Symphonie pastorale (1919) met en scène un pasteur qui, sauvant une jeune orpheline aveugle, voit son amour filial se muer en amour charnel ; mais la culpabilité ne peut être ignorée et mène la jeune fille à la mort.

C’est sans doute dans les Caves du Vatican (1914) que Gide pousse le plus loin son interrogation morale. L’acte gratuit commis par Lafcadio lui vaudra d’ailleurs l’admiration des surréalistes.

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