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Gide, André

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André GideAndré Gide
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Le découvreur

En 1908, Gide fonde avec, notamment, Jacques Copeau, André Ruyters et Jean Schlumberger, la Nouvelle Revue française (N.R.F.), qui va jouer un rôle essentiel dans la vie culturelle de l’époque. Dans le sillage de la N.R.F. est créée la maison d’édition Gallimard — du nom de son fondateur. Gide contribue largement à faire connaître de nombreux auteurs — Dostoïevski, Tagore, Michaux. Son talent de découvreur est certain, même si on a pu lui reprocher d’avoir refusé en 1912 de publier Proust sans même l’avoir lu, sur la simple réputation mondaine de ce dernier. Son œuvre de critique (Prétextes, 1903, Nouveaux Prétextes), ses traductions (de Tagore par exemple) et sa correspondance avec de nombreux écrivains (son ami Roger Martin du Gard, mais aussi avec Paul Claudel, Francis Jammes) en attestent.

Parallèlement, Gide continue à publier. Les Faux-monnayeurs (1926), son seul « roman », constitue une réflexion sur la création littéraire et sur les postures morales de l’époque.

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L’œuvre autobiographique

Si, de façon transparente, des pans entiers de la vie psychique et factuelle de Gide sont transposés dans ses œuvres de fiction, il n’en a pas moins abordé de front le genre autobiographique, sous diverses formes. Si le grain ne meurt (1926) fait scandale. La volonté de sincérité, de ne rien voiler de l’intime vérité, que Rousseau avait proclamée dans les Confessions sans toujours s’y résoudre, pousse Gide à aborder des thèmes aussi tabous que les émois sexuels enfantins et l’homosexualité. Son imposant Journal, qu’il tient depuis sa jeunesse, est une somme de réflexions entre autres littéraires. Le Journal 1889-1939 est publié dans la « Bibliothèque de la Pléiade » l’année de son cinquantenaire, complété par la publication ultérieure des volumes 1939-1942 et 1942-1949.

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Gide et son temps

Immergé dans le milieu culturel de son époque, Gide l’est aussi dans les combats sociaux et politiques qui se livrent alors. Lui qui, à une époque où cette position était difficile à tenir, revendique son homosexualité et même sa pédérastie (Corydon, 1911 puis 1924), s’engage aussi dans des luttes collectives. À la suite de voyages en Afrique noire avec Marc Allégret, il publie Voyage au Congo (1927), où il dénonce les abus de la société colonialiste, puis Retour du Tchad (1928). Séduit par les espoirs du socialisme en construction, il s’engage publiquement, sans toutefois adhérer au Parti communiste, mais exprimera sa profonde déception devant le stalinisme dans Retour de l’URSS (1936). Il s’engage également dans le combat antifasciste.

Voyageur toujours avide de nouveaux horizons, Gide a laissé une œuvre ironique et subtile, marquée de cette recherche de la sincérité qu’il affichait dans son entreprise autobiographique. Pris entre les images de l’écrivain scandaleux et dépassé, il trouve difficilement sa place dans les lettres du xxe siècle, après en avoir été le symbole, peut-être parce qu’une partie des débats moraux et esthétiques qu’il a traités sont désormais ceux d’une époque révolue.

Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 1947.

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