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Plan de l'article
Présentation ; L’intérêt des différentes civilisations pour la chevelure ; Les différents types de coiffure ; Ornements et soins capillaires
coiffure, art d'arranger les cheveux et éventuellement de modifier leur ordonnance et leur aspect extérieur ; cet art implique différents types d’interventions : couper les cheveux, les friser, les tresser, les épiler, les teindre, les décolorer, les poudrer, les enduire de substances variées ou leur adjoindre de faux cheveux (sous la forme d’une perruque ou d’un postiche), ou bien des ornements plus ou moins sophistiqués selon les cultures et les civilisations.
La chevelure, qui n'a aucun équivalent pileux au sein du règne animal, contribue en tant qu'ornement du visage à définir l'identité et la singularité d'un individu, tout comme les yeux ou la voix. Mais si la couleur, l'implantation, la longueur, la finesse, l'abondance d'une chevelure — voire sa rareté ou son absence — sont autant de signes distinctifs naturels qui aident à déterminer le sexe et l’âge d'un individu, ou à révéler les traits dominants d'une nature ou d'un caractère, la coiffure a permis — et parfois permet encore — d'évaluer le rang social, le statut familial, la fonction spirituelle, la caste ou l'appartenance à un groupe, ou encore — notamment dans certains pays d'Afrique —, le statut initiatique ou l'appartenance ethnique. Par-delà cette individuation, la coiffure peut aussi répondre à d'autres finalités (parfois inconscientes), relevant par exemple de l'ordre de la séduction ou, à l'opposé, de la répression ou de la domestication du désir, finalités qu'il n'est possible d'analyser qu'au regard des codifications et des réglementations sociétales ou rituelles dans l'environnement qui est associé à cette coiffure, finalités donc variables selon les époques, les pays et les cultures.
Dans nombre de civilisations, le cheveu est à la fois racine qui relie aux profondeurs de la mémoire et ramification qui le rattache au monde supra-humain ou divin. Ce lien (au sens religieux du verbe latin religere, « relier ») fait du cheveu le « fil de l’âme », comme cela se vérifie par exemple dans l’hindouisme où la texture de l’Univers est constituée par le tissage de la chevelure de Shiva, dans laquelle puisent également leur source les eaux sacrées du Gange. Cette chevelure participe de la création du monde : elle est racine de vie, en même temps que régénération — c’est ainsi que, lors du déluge, le partage des flots s’est effectué dans les raies des cheveux de Shiva. Encore aujourd’hui, à Sumatra, c’est la crainte de couper le fil par lequel circule l’âme (et par lequel cette dernière pourrait s’échapper) qui conduit les parents à laisser pousser les cheveux de leurs enfants. Quand ils sont défaits, les cheveux sont, dans l’iconographie hindoue, l’apanage des divinités terribles. Déjà, dans la mythologie grecque, les Gorgones à la tête hirsute — hérissée de serpents en furie — appartenaient aux divinités monstrueuses, l’une d’entre elles, Méduse, étant devenue le symbole de « l'image déformée de soi, qui pétrifie d'horreur au lieu d'éclairer justement » (Paul Diel, le Symbolisme dans la mythologie grecque), à l’opposé de l’idéal de sagesse symbolisé par Athéna. Dans nombre de cultures, les cheveux (comme les ongles) sont aussi réputés contenir les caractéristiques propres d’un individu, caractéristiques qu’ils conservent même après avoir été coupés. Ainsi la vénération des reliques dans l’Occident chrétien illustre bien — par-delà le pouvoir proprement magique accordé aux reliques — la certitude du fidèle que les vertus de la personne vénérée ont bien été préservées et le désir latent que ce dernier a de s’en pénétrer. Les cheveux sont également symbole de croissance et de fertilité chez les peuples agraires. Symboliquement identifiés à l'herbe — assimilée à la chevelure de la terre —, les cheveux poussent et montent vers le ciel à l’image des plantes nourricières que fertilise la pluie.
Les cheveux sont souvent présents (associés parfois aux plumes) dans les rites propitiatoires. C’est ainsi qu’à l'occasion des fêtes des solstices, les Indiens zuni plantent de grands bâtons surmontés de cheveux et de plumes pour « faire monter les prières vers les dieux » et gagner leur faveur. Ces mêmes jours sont ceux où les femmes peuvent couper les cheveux de leurs enfants sans avoir à craindre le pouvoir des esprits maléfiques (cf. Don Talayesva, Soleil hopi). Cheveux et coiffures occupent également une place essentielle dans les différentes ethnies d’Afrique et d’Océanie. Ils participent alors très souvent aux rites de divination ou de destruction de l'adversaire, provoquant chez ce dernier maladies, ou même entraînant la mort. L’omniprésence des cheveux dans la vie quotidienne des peuples africains ou océaniens se vérifie d’ailleurs à travers nombre d'objets portés, composés en partie de cheveux réels (bijoux, masques, chaussons d'initiés, vêtements de danseurs) ou de cheveux figurés, d'objets associés à la coiffure (plumes, peignes, épingles), d'objets fonctionnels ou rituels auxquels sont intégrés des cheveux (hauts de canne d'homme-médecine, conques, statuettes protectrices).
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