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Churchill, sir Winston Leonard Spencer

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Winston Churchill, discours de la bataille d’Angleterre (18 juin 1940)Winston Churchill, discours de la bataille d’Angleterre (18 juin 1940)
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Présentation

Churchill, sir Winston Leonard Spencer (1874-1965), homme politique britannique, Premier ministre du Royaume-Uni (1940-1945, 1951-1955).

Chef du gouvernement pendant la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill a été l'un des principaux artisans de la résistance du Royaume-Uni et des Alliés contre l'Axe.

Né à Blenheim Palace (Oxforshire), au sein de la grande famille des Marlborough (fils aîné de lord Randolph Churchill), Winston Leonard Spencer Churchill obtient le diplôme de l'école militaire royale de Sandhurst. Il sert en Inde et au Soudan, avant de démissionner de son commandement de cavalerie en 1899 pour devenir correspondant pendant la guerre des Boers. Il est fait prisonnier, et son évasion spectaculaire fait de lui un héros national. En 1900, il est élu au Parlement dans les rangs des conservateurs, puis, en désaccord avec la politique économique du gouvernement, il rejoint le parti libéral en 1904. Ministre du Commerce dans le gouvernement libéral d'Herbert Henry Asquith (1908), puis ministre de l'Intérieur (1910-1911), il travaille en collaboration avec David Lloyd George. Nommé premier lord de l'Amirauté (1911-1915), il réprime la grande grève des dockers puis celle des cheminots et modernise considérablement la flotte britannique.

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Première Guerre mondiale et entre-deux-guerres

Le rôle joué par Churchill pendant la Première Guerre mondiale est très controversé et a failli mettre fin à sa carrière. L'échec de l'expédition des Dardanelles, dont il s'était fait le promoteur, le contraint à démissionner de l'Amirauté. Après avoir commandé un bataillon en France, il rejoint le cabinet de coalition de Lloyd George, où il occupe, de 1917 à 1922, les fonctions de ministre des Munitions et de secrétaire à la Guerre. L'effondrement du parti libéral et du gouvernement de Lloyd George éloigne Churchill du Parlement de 1922 à 1924. Réélu en 1924, cette fois comme député conservateur, il devient chancelier de l'Échiquier du gouvernement de Stanley Baldwin (1924-1929). Il entreprend de rattacher la livre sterling à l'étalon-or, ce qui a des conséquences désastreuses sur l'économie britannique et contribue à déclencher la crise sociale de 1926, où il combat vigoureusement les syndicats. Il est écarté du pouvoir par la défaite des conservateurs en 1929, et durant les années trente, se consacre principalement à l'écriture. Il marque, pendant cette période, son opposition à l'autonomie des Indes, et son soutien à Édouard VIII lors de la crise d'abdication de 1936.

Churchill prend rapidement conscience de la menace que représente le nazisme pour le Royaume-Uni. Pendant la crise tchèque de 1938 (voir Sudètes), il plaide en vain pour une action de la France, du Royaume-Uni et de l'URSS, et condamne les accords de Munich signés par Neville Chamberlain. Il insiste sur la nécessité d'un réarmement. D'abord peu suivie par l'opinion publique, sa position rallie un soutien grandissant, et Chamberlain doit le nommer premier lord de l'Amirauté après la déclaration de guerre à l'Allemagne, en septembre 1939.

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Churchill Premier ministre

La politique d'apaisement de Chamberlain ayant été un échec, Churchill lui succède au poste de Premier ministre le 10 mai 1940. Lors de son investiture, il déclare : « [Ma politique] est de faire la guerre, sur mer, sur terre et dans l’air […], de la faire contre une monstrueuse tyrannie, telle que le sombre et lamentable catalogue des crimes humains n’en offre pas de pire. […] Je n’ai à offrir que du sang, du labeur, de la sueur et des larmes ». Pendant les jours sombres de la bataille d'Angleterre, la pugnacité et les discours passionnés de Churchill persuadent les Britanniques de poursuivre la lutte. Il exhorte ses compatriotes à se conduire de façon que « si l'Empire britannique et son Commonwealth vivent mille ans, les hommes continuent de dire :  C'était leur heure de gloire. » Après la déroute française de juin 1940, il se soucie d'éviter que la flotte française ne tombe aux mains des Allemands, d'où la décision d'attaquer la flotte française à Mers-el-Kébir, en Algérie (3 juillet 1940). Avec l'aide d'Antony Eden, il développe une collaboration fructueuse avec le président Franklin D. Roosevelt, obtenant le soutien militaire et moral des États-Unis. Après l'entrée en guerre de l'Union soviétique, avec laquelle, bien que farouchement anticommuniste, il accepte de s’allier, et des États-Unis, en 1941, Churchill tisse des liens étroits avec les responsables de ce qu'il appelait la « Grande Alliance », y compris avec le général de Gaulle (qui n'est reconnu par les États-Unis qu'en 1942). Se déplaçant pendant toute la durée de la guerre, il contribue dans une large mesure à la coordination de la stratégie militaire alliée. Il a un rôle de premier plan dans les grandes conférences de paix, notamment à Yalta (1945). Il ne participe qu'aux premières négociations de Potsdam, car il perd les élections de juillet 1945 ; le travailliste Clement Attlee le remplace à la tête du gouvernement.

Churchill critique les réformes de « l'État providence » introduites par son successeur. Dans le célèbre discours du « rideau de fer » qu'il prononce dès 1946 à Fulton (Missouri), il met en garde le « monde libre » contre les dangers de l'expansion soviétique. Dans le même temps, pour faire face à l’URSS, il propose en septembre 1946 à Zurich, « quelque chose comme les États-Unis d’Europe. Pour mener à bien cette tâche urgente, la France et l’Allemagne devront se réconcilier. » Mais à ses yeux, la Grande-Bretagne ne pourrait qu’y participer de manière indirecte. À nouveau Premier ministre de 1951 à 1955, il est, en raison de son âge avancé et de sa santé défaillante, empêché de diriger le pays de façon aussi dynamique. Il cède le pouvoir en avril 1955 à Anthony Eden, et consacre ses dernières années à la peinture et à l'écriture, assistant impuissant au démantèlement de l’Empire britannique dont il est un ardent défenseur. Il reçoit pour son œuvre le prix Nobel de littérature en 1953. Il meurt le 24 janvier 1965, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Des funérailles nationales ont lieu à Bladon, près du palais de Blenheim.

Churchill est également un historien remarquable. Parmi ses ouvrages les plus célèbres, on peut citer : The World Crisis (4 vol., 1923-1929), My Early Life (1930), Marlborough (4 vol., 1933-1938), The Second World War (6 vol., 1948-1953) et Histoire des peuples de langue anglaise (4 vol., 1956-1958).

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