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Nicholson, Jack

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Jack NicholsonJack Nicholson
Plan de l'article
1

Présentation

Nicholson, Jack (1937- ), producteur, scénariste, réalisateur et acteur de cinéma américain.

Célèbre pour son regard habité, parfois « démoniaque » selon certains, Jack Nicholson a su dépasser ces clichés en même temps qu’il en a joué, voire abusé, et sa filmographie pléthorique émaillée de quelques morceaux de bravoure — Easy Rider, Vol au-dessus d’un nid de coucou, Shining et Crossing Guard principalement — a fait de lui l’un des acteurs américains les plus admirés de sa génération.

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Jack Nicholson, acteur du mouvement hippie (1958-1969)

Né à Neptune (New Jersey), Jack Nicholson est élevé par sa mère et sa grand-mère avant de partir en Californie à l’âge de dix-sept ans. Engagé par la société de production cinématographique Metro Goldwyn Mayer (MGM), il étudie parallèlement la comédie au sein du groupe Players Ring Theater. Repéré par Roger Corman, réalisateur de séries B, Jack Nicholson obtient son premier rôle au cinéma dans The Cry Baby Killer (1958) de Jus Addiss : il y incarne un adolescent délinquant pris au piège d’une spirale de violence.

En 1960, Jack Nicholson apparaît dans quatre films, dont la comédie satirique la Petite Boutique des horreurs (Little Shop of Horrors) de Roger Corman, qui le dirige de nouveau dans le Corbeau (The Raven, 1963), d’après l’œuvre d’Edgar Allan Poe, et The Terror (1963) aux côtés de Boris Karloff. La même année, Jack Nicholson écrit le scénario de Thunder Island de Jack Leewood, expérience qu’il renouvelle en 1967, après avoir enchaîné quelques films mineurs de genres différents (film de guerre, comédie et thriller notamment), pour The Trip de Roger Corman, œuvre typique du mouvement hippie alors en vogue.

Acteur prolifique, Jack Nicholson multiplie les apparitions à l’écran en 1967 : le Retour des anges de l’enfer (Hell’s Angels on Wheels) de Richard Rush ; l’Ouragan de la vengeance (Ride in the Whirlwind) et la Mort tragique de Leland Drums (The Shooting) de Monte Hellman, évocations de la vie des pionniers américains à la fin du xixe siècle ; ou encore l’Affaire Al Capone (The St. Valentine’s Day Massacre) de Roger Corman, violente chronique des guerres de gangs à Chicago dans les années 1920. Il produit également Head (1968) de Bob Rafelson, succession de saynètes comiques sur fond de musique rock. Parfaitement ancré dans son époque, Jack Nicholson devient en quelques années une icône de « l’ère psychédélique », à la faveur notamment de sa prestation dans Easy Rider (1969) de Dennis Hopper, hallucinante description d’une époque à la fois chaotique et pleine d’espoir.

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L’état de grâce (1970-1980)

Cinq Pièces faciles (Five Easy Pieces, 1970) de Bob Rafelson confirme la nouvelle dimension prise par la carrière de Jack Nicholson, qui trouve dans ce drame psychologique l’occasion de montrer l’étendue de son registre d’acteur en privilégiant la nuance et l’intériorité. Il fait en outre ses premiers pas de réalisateur avec Vas-y, fonce (Drive, He Said, 1971).

Dirigé par Mike Nichols dans Ce plaisir qu’on dit charnel (Carnal Knowledge, 1971) aux côtés d’Art Garfunkel, il met son jeu énigmatique et sa présence charismatique au service d’une évocation — contestée par la critique lors de la sortie du film — des dysfonctionnements sexuels masculins au sein de la société américaine. Sa performance dans la Dernière corvée (The Last Detail, 1973) de Hal Ashby est récompensée par le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes, tandis que Chinatown (1974), relecture du film noir des années 1940 orchestrée avec maîtrise par Roman Polanski, bénéficie également d’un accueil critique particulièrement favorable.

Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo’s Nest, 1975) de Milo Forman marque un tournant dans la carrière de Jack Nicholson : littéralement « possédé » par le personnage qu’il incarne, schizophrène et subversif à l’égard de l’autorité — en l’occurrence un asile d’aliénés —, il reçoit l’oscar du meilleur acteur. Fort de ce succès qui lui apporte une reconnaissance et une légitimité en tant qu’acteur dont il bénéficie aujourd’hui encore, il accepte les nombreuses propositions qui lui sont faites, parfois par des réalisateurs de renom international, tels Michelangelo Antonioni — Profession : reporter (Professione : reporter, 1975) —, Elia Kazan — le Dernier nabab (The Last Tycoon, 1976) — ou encore Arthur Penn (The Missouri Breaks, 1976). Cette période faste est toutefois couronnée par The Shining (1980), libre adaptation d’un roman de Stephen King : le réalisateur Stanley Kubrick y propose une analyse clinique — à la fois excessive et glaçante — de la désintégration des rapports familiaux et de l’inexorable progression de la folie.

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Une filmographie partagée entre drame et comédie (depuis 1981)

Au début des années 1980, Jack Nicholson tourne le Facteur sonne toujours deux fois (Postman Always Rings Twice, 1981) de Bob Rafelson, avec Jessica Lange et d’après un roman de James Cain, puis le western contemporain The Border (1982) de Tony Richardson aux côtés d’Harvey Keitel et la comédie dramatique Tendres Passions (Terms of Endearment, 1983) de James L. Brooks. Il côtoie par la suite des partenaires féminines qui connaissent également leur « heure de gloire » à cette période : Angelica Huston et Kathleen Turner dans L’Honneur des Prizzi (Prizzi’s Honor, 1985) de John Huston, subtile peinture de la mafia ; Meryl Streep dans la Brûlure (Heartburn, 1986) de Mike Nichols et Ironweed (1987) de Hector Babenco ; Cher, Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer dans les Sorcières d’Eastwick (The Witches of Eastwick, 1987) de George Miller. Ces films ne possèdent cependant pas l’intensité dramatique des œuvres tournées par Jack Nicholson dans les années 1970 ; très souvent sollicité, il diversifie ses rôles mais ne parvient pas à faire valoir l’étendue de son talent iconoclaste et multiforme.

À la faveur de films grand public tels que Batman (1989) de Tim Burton, Des hommes d’honneur (A Few Good Men, 1992) de Rob Reiner, avec Tom Cruise, ou Wolf (1994) de Mike Nichols, Jack Nicholson consolide sa notoriété et confirme sa capacité à interpréter avec conviction, justesse et crédibilité des types de personnages très différents.

La deuxième réalisation de Sean Penn — The Crossing Guard (1995) — permet toutefois à Jack Nicholson de revenir à une interprétation plus exigeante et personnelle : après la mort de sa fille, tuée dans un accident de voiture, un père rumine sa vengeance dans l’alcool et l’autodestruction. Tim Burton lui offre par la suite le rôle du président des États-Unis dans la comédie de science-fiction Mars Attacks! (1996), puis il obtient un nouvel oscar récompensant sa prestation dans Pour le pire et le meilleur (As Good As It Gets, 1997) de James L. Brooks. Policier introverti et solitaire, « rongé » par de maladives obsessions personnelles, dans The Pledge (2001) de Sean Penn, Jack Nicholson délaisse le cabotinage et privilégie la dimension tragique, obstinée et mystérieuse de son jeu.

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