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Présentation ; La jeunesse ; La conquête du pouvoir ; Le dictateur de l’Allemagne ; La Seconde Guerre mondiale
Hitler, Adolf (1889-1945), homme d’État allemand d’origine autrichienne, chancelier et dictateur du IIIe Reich allemand (1933-1945). Führer (guide) et chancelier du régime nazi, dictateur et chef militaire, Hitler a fait de l’Allemagne une société entièrement militarisée et une puissance totalitaire et a déclenché la Seconde Guerre mondiale. Faisant de l’antimarxisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme et de l’expansionnisme du peuple aryen les fondements de sa propagande et de sa politique, il a transformé le parti nazi (national-socialisme) en un mouvement de masse et tenté d’imposer un « ordre nouveau ». Après avoir annexé, dans les années trente, plusieurs territoires sur la base de revendications pangermanistes, il a contrôlé jusqu’en 1942 une grande partie de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Il est à l’origine du massacre de millions de Juifs et de très nombreux Slaves et Tsiganes, peuples qu’il considérait comme inférieurs.
Né à Braunau am Inn (Autriche), d’un père douanier et d’une mère paysanne, Adolf Hitler est un élève médiocre. Orphelin à l’âge de quatorze ans, il ne parvient pas au terme de ses études secondaires à Linz. Il est recalé deux fois au concours d’entrée de l’Académie des beaux-arts de Vienne, où il reste jusqu’en 1913, vivant d’abord de sa pension d’orphelin, puis des quelques sous que lui procure la vente de ses tableaux. Grand lecteur, il acquiert des convictions antisémites, antimarxistes et antidémocratiques, ainsi qu’un fort pangermanisme, qui se traduit par une hostilité envers l’empire multinational des Habsbourg, une vive admiration pour les individus hors du commun et un mépris marqué pour les masses. Au début de la Première Guerre mondiale, Hitler, qui réside alors à Munich, se porte volontaire dans l’armée bavaroise. Il s’y révèle un soldat zélé et courageux, décoré de la Croix de fer, mais ne dépasse pas le grade de soldat de première classe, car ses supérieurs ne voient en lui aucune qualité de meneur. Après la défaite de l’Allemagne en 1918, il revient à Munich où il reste dans l’armée jusqu’en 1920. Son commandant en fait un instructeur politique chargé de combattre les idées démocratiques et marxistes, au lendemain de l’échec de l’insurrection de l’extrême gauche en Bavière (voir République des Conseils), ce qui le lance sur la voie de la propagande et lui permet d’affiner ses talents d’orateur. En 1919, il rejoint le Parti ouvrier allemand. En 1920, il devient permanent de ce groupuscule ultranationaliste, qui a été rebaptisé entre-temps Parti national-socialiste des travailleurs allemands (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP). En 1921, il est élu président (Führer) du parti avec les pleins pouvoirs.
Organisant des meetings et terrorisant ses ennemis politiques avec sa propre formation paramilitaire, la Sturmabteilung (SA, section d’assaut), Hitler déverse sa haine raciale et son mépris de la démocratie et devient rapidement une figure clé de la politique bavaroise, aidé en cela par de hauts fonctionnaires et des hommes d’affaires. Les 8 et 9 novembre 1923, profitant du chaos politique et économique qui règne en Allemagne, il prend la tête du putsch de Munich dirigé contre la République de Weimar en s’autoproclamant chancelier d’un nouveau régime autoritaire. Mais dépourvu de soutien militaire, le putsch échoue. En tant que dirigeant du complot, Hitler est condamné à cinq ans de prison, mais il n’y passe que neuf mois, au cours desquels il dicte son autobiographie Mein Kampf (Mon combat) à son secrétaire Rudolf Hess. L’échec du coup d’État lui fait comprendre que le Parti nazi devra parvenir au pouvoir par la voie légale et le suffrage universel. Libéré lors de l’amnistie générale de décembre 1924, il réorganise son parti, se dote d’une garde personnelle, la Schutzstaffel (SS, échelon de protection), sans être inquiété par ceux dont il a tenté de renverser le gouvernement. Si le NSDAP demeure durant les années vingt un petit parti de la droite nationale-populiste, qui obtient 12 députés en 1928 (2,6 p. 100 des voix), il devient en l’espace de quatre années le premier parti du Reichstag (la Chambre des députés), passant à 107 sièges en 1930, puis à 230 en 1932. Un tel succès s’explique à la fois par la crise économique de 1929, dont Hitler rend responsables les Juifs et les communistes, et par une crise politique qui se traduit par un glissement de l’ensemble de la société allemande vers la droite et par la volonté des élites conservatrices d’en finir avec la république et d’instaurer un régime autoritaire. Surtout la mise en place autour d’Hitler d’un véritable culte de la personnalité, orchestré par ses partisans (Göring, Goebbels, Rosenberg), et servi par un sens très moderne de la propagande, mêlant mythologie moyenâgeuse, infaillibilité du chef et « renaissance de l’Allemagne », font apparaître Hitler comme le sauveur de la nation. De 1930 à 1932, le parti ne cesse de prendre de l’importance en exploitant la crise de l’emploi, la peur du communisme, et grâce aux extraordinaires talents d’orateur d’Hitler — qui, ayant obtenu la nationalité allemande, se présente à l’élection présidentielle de 1932 contre le maréchal Hindenburg — et au discrédit qu’inspire le personnel politique de la République de Weimar. Sous-estimant sa puissance, les conservateurs et les grands dirigeants du monde des affaires, à l’origine de sa nomination, pensent pouvoir manipuler facilement Hitler lorsqu’il est appelé à la chancellerie par le président du Reich, Hindenburg, le 30 janvier 1933.
Pourtant, dès qu’il est au pouvoir, Hitler fait en sorte d’obtenir les pleins pouvoirs, qui lui sont conférés pour quatre ans par le Parlement le 23 mars 1933. Des fonctionnaires à ses ordres sont mis en place dans l’administration et dans tous les rouages de la justice ; les syndicats sont remplacés par un syndicat unique, contrôlé par le Parti nazi, le Front du travail (2 mai 1933), et tous les partis politiques sont interdits, à l’exception du Parti nazi qui est proclamé parti unique (14 juillet 1933). L’économie, les médias et toutes les activités culturelles passent sous l’autorité du Parti nazi, liant la vie quotidienne de chacun à sa loyauté envers le parti et son chef. Des milliers d’antinazis sont internés dans des camps de concentration et tout signe de désaccord avec la politique nazie est éliminé. Pour intimider ses opposants, Hitler compte sur sa police secrète, la Gestapo, et sur la menace que font peser sur eux prisons et camps. Dans un double coup de force sanglant, Hitler se débarrasse, durant la « Nuit des longs couteaux » (30 juin 1934), de l’aile gauche du mouvement nazi (les dirigeants de la SA, dont Ernst Röhm) et des conservateurs regroupés autour de Franz von Papen. Le pouvoir du Führer est alors renforcé et devient absolu après la mort d’Hindenburg, Hitler occupant à la fois le poste de chancelier et celui de Führer. Sa politique de réarmement fait diminuer le chômage, tandis qu’il s’attaque à toutes les institutions encadrant la société, notamment les Églises protestantes. Niant le concept de l’égalité des individus et prétendant que les Aryens constituent une race supérieure, dont les Allemands sont l’émanation la plus pure, Hitler met en place un véritable antisémitisme d’État, avec les lois de Nuremberg (1935), qui culmine avec la « Nuit de cristal » en 1938, ouvrant la voie aux pogroms et aux camps de concentration. Ses succès en politique étrangère impressionnent favorablement le peuple allemand, dont il s’assure ainsi le soutien nécessaire pour établir sa domination sur l’Europe et sur d’autres parties du monde. Hitler dénonce avec violence l’humiliation qu’a subie l’Allemagne avec la défaite de 1918, formalisée dans le traité de Versailles de 1919, rencontrant un écho dans la population, notamment chez les anciens combattants. En 1935, ses efforts de réarmement de l’Allemagne ne soulèvent que de faibles protestations de la part des autres pays d’Europe, et, en 1936, lorsqu’il remilitarise la Rhénanie, la France ne réagit pas. Lorsqu’éclate la guerre d’Espagne en juillet 1936, Hitler soutient Franco en lui faisant parvenir des avions et des armes. Ceci permet à Hitler de tester ses stratégies et sa technologie, en utilisant le théâtre des opérations espagnoles comme camp d’entraînement pour ses forces militaires. En 1936, il met en place l’axe Rome-Berlin avec le dirigeant fasciste italien Benito Mussolini, qui aboutira au pacte d’Acier, puis en novembre 1936, le pacte Antikomintern avec le Japon. En septembre 1940, l’Allemagne signe avec l’Italie et le Japon le pacte tripartite, dont le but est de créer un « ordre nouveau » et qui les engage à se soutenir mutuellement. Hitler considère que l’Allemagne doit repousser ses frontières à l’Est pour trouver un espace vital (Lebensraum), thème majeur de Mein Kampf. En mars 1938, il occupe l’Autriche, réalisant l’Anschluss, sans rencontrer de résistance. En septembre de la même année, soutenant que les Allemands des Sudètes sont opprimés, il les encourage à présenter au gouvernement tchécoslovaque des exigences que celui-ci ne peut que refuser. L’Angleterre et la France, craignant la guerre, signent alors les 29 et 30 septembre 1938 les accords de Munich, qui reconnaissent l’annexion par l’Allemagne du territoire des Sudètes, effective début octobre, en échange de la promesse que l’Allemagne n’envahisse pas plus avant la Tchécoslovaquie. Mais, dès mars 1939, Hitler prend le contrôle du reste du pays.
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