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    Dada, dit aussi dadaïsme, est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, se caractérisa par une remise en cause, à la manière de la table ...

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    Dada, dit aussi dadaïsme, est un mouvement intellectuel, littéraire et esthétique qui, entre 1916 et 1925, se caractérisa par une remise en cause, à la manière de la table ...

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Dada

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Dada : les grandes datesDada : les grandes dates
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La révolte Dada en Allemagne

Le dadaïsme allemand, marqué par la poursuite d’objectifs politiques, voire révolutionnaires, prend tout son essor au lendemain de la guerre. C’est à Berlin, où un Club dada est fondé en 1918 — en même temps que se forment d’autres clubs après la révolution de novembre —, que la contestation politique se montre la plus vive, comme le démontrent les œuvres du groupe formé par Richard Huelsenbeck, venu de Zurich dès 1917, Raoul Hausmann, Hannah Höch, Johannes Baader, John Heartfield et George Grosz. Pour mener leur protestation contre le régime de Weimar et manifester leur anti-militarisme, la technique du photomontage — dont l’invention est disputée entre Raoul Hausmann, Hannah Höch et John Heartfield — se révèle un outil puissant. Ces œuvres, faites de photographies, de lettres et de mots découpés dans des journaux et des revues, s’appuient sur la confrontation, souvent violente, des images et des mots. Refusant le statut d’artistes, John Heartfield et George Grosz revendiquent une production mécanique à l’exemple de celle effectuée par les ouvriers d’usines. Raoul Hausmann, fondateur de la revue Die Strasse (« la Rue ») en 1916, auteur de poèmes abstraits élaborés à l’aide d’une typographie visuellement frappante (dite « optophonétique ») tels que « FMSBW », crée durant cette période le célèbre assemblage l’Esprit de notre temps appelé aussi Tête mécanique (1919, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne, Paris). Les dadaïstes berlinois, pour lesquels la tête est associée aux décapitations de la Révolution française, voient en cette sculpture, constituée d’une marotte de coiffeur et de divers objets de rebut, le symbole d’une ère nouvelle, et la choisissent comme emblème. George Grosz livre quant à lui des œuvres virulentes sur la violence de la grande ville dont Le coupable reste inconnu (1918, Art Institute, Chicago), et dans laquelle est fustigée la banalisation du crime. En 1920, a lieu à la Galerie Otto Burchard la Erste Internationale Dada-Messe (« Première Foire internationale Dada ») qui rassemble près de 200 œuvres. Cette exposition vient renforcer la visibilité mondiale du mouvement mais inquiète les critiques d’art et les autorités allemandes ; certains dadaïstes sont ainsi victimes de perquisitions et d’accusations. La fin du groupe, qui est également à l’origine de la revue Der Dada, date de 1923, année où Raoul Hausmann réalise son dernier collage ABCD (Centre Pompidou, musée national d’Art moderne, Paris).

Un autre foyer du dadaïsme allemand se développe à Cologne entre 1918 et 1922 grâce à l’action de Jean Arp, Max Ernst et Johannes Baargeld. Jean Arp et Max Ernst créent des collages élaborés à partir de catalogues d’achats par correspondance qu’ils baptisent FaTaGaGa, terme signifiant « Fabrication de Tableaux Garantis Gazométriques ». Johannes Baargeld se consacre pour sa part à la publication du périodique Der Ventilator. Dès sa parution en 1919, le journal affiche un engagement politique socialiste et contestataire rapidement censuré par les autorités britanniques qui occupent alors la ville ; le journal poursuit sa publication sous une apparence plus discrète mais néanmoins subversive. À Hanovre, le mouvement Dada s’incarne en la personne de Kurt Schwitters qui, empêché de participer au Club dada de Berlin en raison des liens qu’il entretient avec les expressionnistes de la galerie Der Sturm et de l’usage d’un nom personnel de fabrication, fonde son propre mouvement baptisé « Merz ». Ce terme inventé, construit à partir du mot Commerzbank, mot découpé à l’occasion de la réalisation d’une œuvre, lui sert dès lors à désigner les œuvres de tous types qu’il produit. Kurt Schwitters crée des collages à partir d’objets destinés au rebut (journaux, tickets de tramway, napperons en papier, etc.) assemblés sur des toiles peintes avant de produire des œuvres de plus petite taille constituées de papiers collés. Il rédige également des poèmes dont il soigne particulièrement la présentation visuelle par le biais d’un minutieux usage de la typographie. Créateur de la revue Merz qui parait à partir de 1923, et dont le premier numéro est consacré à De Stijl, Kurt Schwitters participe la même année à une tournée De Stijl-Dada en Hollande avec son ami Theo Van Doesburg. Ce dernier se livre, sous le pseudonyme de I.K. Bonset, à des activités dadaïstes — en particulier à la publication de la revue Mécano —, tout en se consacrant à son rôle de propagateur du néoplasticisme.

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Derniers développements et postérité du mouvement Dada

Le succès des remises en cause exprimées par Dada entraîne la création de groupes dans plusieurs autres pays tels que l’Italie (malgré la domination du futurisme), la Belgique, la Tchécoslovaquie, la Hongrie mais aussi la Yougoslavie et le Japon, où l’esprit du mouvement s’incarne dans le mot « Mavo ». Dans ses derniers développements, le dadaïsme s’intègre progressivement aux tendances constructivistes des années 1920, à la suite d’un rapprochement initié lors du Congrès international Constructivisme-Dada qui se tient à Weimar en septembre 1922. Mouvement international, Dada ne peut comme on l’a vu se résumer ni à un style ni à un ensemble de techniques. Il est une entreprise de protestation et de subversion qui dépasse les frontières : marqué par sa dimension activiste, il s’appuie sur une production foisonnante de tracts, d’affiches, de revues, de poésies et de livres remarquables par leurs recherches typographiques. Il manie et réinvente le langage et toutes les formes d’expression plastique, fait usage de matériaux bruts ou voués au rebut, emploie slogans, photomontages et performances publiques pour exprimer son nihilisme et son iconoclasme. Il repousse les limites, bouscule, choque et témoigne avant tout d’un fantastique esprit de révolte à l’encontre de l’ordre établi. Toutes ces stratégies novatrices, pétries d’audace, de liberté et de provocation, sont à l’origine de plusieurs courants artistiques apparus en Europe et aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale tels que le néodadaïsme de Robert Rauschenberg ou le mouvement Fluxus.

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