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Résultats avec Windows Live® Search Paul III FarnèseArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’irrésistible ascension d’un prélat romain vers la papauté ; Politique papale et népotisme farnésien ; L’œuvre ecclésiastique et le mécénat artistique de Paul III
Paul III Farnèse (1468-1549), pape de 1534 à 1549. Fils de son époque, mécène, humaniste et fin lettré, cardinal à l’âge de vingt-cinq ans, ce prince Farnèse fut une personnalité de très haute stature (dont s’inspira Stendhal pour le personnage de Fabrice del Dongo dans la Chartreuse de Parme). Critiqué pour son népotisme, il a contribué à la légitimité romaine de la famille Farnèse. Une fois devenu pape, il a été à l'origine de la Réforme catholique (ou Contre-Réforme), de la réunion du Concile de Trente en 1545 et du rétablissement de l’Inquisition (institution du Saint-Office). Il a aussi approuvé la congrégation de la Compagnie de Jésus.
Né dans le Latium (probablement entre Rome et Canino, près de Viterbe), Alexandre (Alessandro) Farnèse est le fils de Pier Luigi Farnèse et de Giovannella Caetani, issue elle-même d’une vieille noblesse du Latium (Gaète) et lointaine descendante du pape Boniface VIII. Formé aux humanités dans la Ville éternelle par le lettré Pomponius Laetus (Pomponio Leto), il s’inscrit à l’Académie florentine de Laurent de Médicis — où il côtoie Pic de la Mirandole et Jean de Médicis (le futur pape Léon X) —, puis parfait ses connaissances à l’université de Pise où il acquiert une belle réputation d’archéologue. Jeune mondain à l’esprit insolent et frivole, il est doté de bénéfices substantiels par Rodrigo Borgia (le futur pape Alexandre VI Borgia) grâce à l’intercession de sa sœur, la Bellissima Giulia, la très belle mais aussi très jeune Giulia Farnèse (née en 1474), élevée au rang d’« uxor Christi », selon l’expression usitée par les esprits impertinents de la cour pontificale. Alexandre Farnèse est nommé successivement protonotaire apostolique (1491), trésorier pontifical (en septembre 1492, un mois après l’élection d’Alexandre VI Borgia), puis cardinal-diacre (1493), pourpre cardinalice qui lui vaut le surnom de cardinale gonnella (« cardinal jupon »), compte tenu de la nature équivoque du soutien dont il a bénéficié. Nommé l’année suivante cardinal légat du patrimoine de Saint-Pierre, il devient en 1501 évêque de Montefiascone et de Corneto et, en 1502, cardinal légat des Marches. Père de quatre enfants (Pier Luigi, Paolo, Ranuccio et Costanza) nés, au temps des années d’insouciance, d’une mère officiellement inconnue (une majorité d’historiens s’accorde à penser que ce pourrait être une certaine Silvia, noble romaine de la famille des Ruffini), il fait légitimer les deux aînés en 1505 (deux ans après la mort d’Alexandre VI Borgia) par le nouveau pape Jules II Della Rovere, un ennemi féroce des Borgia. Cette même année, il officie très diplomatiquement aux épousailles de sa nièce Laura (fruit des amours de sa sœur Giulia) avec Nicola Della Rovere, neveu du nouveau pape. Entré dans les bonnes grâces de Jules II, Alexandre Farnèse est nommé en 1508 évêque de Vence et, en 1509, évêque de Parme, ville qui devient désormais emblématique de la dynastie Farnèse. Quelques mois après l’élection au siège pontifical (en 1513) de son ami Jean de Médicis (sous le nom de Léon X), il obtient l’évêché de Bénévent, trois ans avant son ordination sacerdotale. Doyen du Sacré Collège, il est persuadé d’obtenir la tiare lors du conclave qui s’ouvre en 1523 après la mort du très austère pape flamand Adrien VI (un pontificat qui n’aura duré qu’une petite année après la mort de Léon X en 1521). Il doit cependant s’incliner (à la suite des pressions exercées tour à tour par le Saint Empire et par la France auprès des membres du conclave) devant un nouvel élu de la famille Médicis (Jules de Médicis), qui prend le nom de Clément VII. Le cardinal Farnèse doit attendre le 13 octobre 1534 pour voir ses attentes enfin comblées par la Providence. À la mort de Clément VII, il est enfin élu à l’unanimité par le conclave. La pieuse assemblée prend en effet acte de l’esprit avisé de ce doyen de la Curie romaine. Elle voit également d’un œil favorable sa position de neutralité entre Charles Quint et François Ier, alors que Rome sort difficilement d’un désastre (le sac de 1527), que ses habitants interprètent comme un châtiment venu du Ciel sur le nouveau Sodome et Gomorrhe qu’est la Ville éternelle. Le nouveau pape choisit le nom de Paul III en souvenir du pape Paul II sous le pontificat duquel il a vu le jour, nom qui lui évoque également le prénom de son propre fils Paul, passé de vie à trépas avant l’âge. Le pape est alors âgé de soixante-sept ans.
Dès les premiers mois de son pontificat, Paul III renforce la suprématie de la papauté (et de sa famille) sur l'Italie centrale en distribuant avec prodigalité charges et bénéfices à toute sa parentèle, offrant notamment le cardinalat et l’évêché de Parme à son petit-fils Alexandre (fils de Pier Luigi), tout juste âgé de quatorze ans, un cardinalat qu’il propose également à un autre petit-fils, Guidascanio Sforza (fils de Costanza), âgé de seize ans, mais aussi à son jeune cousin Nicola Caetani pour ne pas mécontenter la branche maternelle. La nomination la plus symbolique de ce népotisme demeure toutefois celle conférée en 1537 à Pier Luigi, ce fils sanguinaire qui, lors du sac de Rome en 1527, n’avait pas hésité à se mettre au service et à la solde des lansquenets impériaux et des « principules » italiens menés en hordes par Charles de Bourbon à l’assaut de la Rome papale. Pier Luigi est en effet nommé en grande pompe gonfalonier de la Sainte Église romaine et commandant suprême des troupes pontificales, en même temps que duc de Castro et de Nepi. Ce duché, créé à son intention par le pape, rassemble les anciennes féodalités du Latium auxquelles sont adjoints Caprarola, Ronciglione et les régions de Viterbe, de Bolsena et des Maremmes. Cette nomination contribue à la création, à proximité de Rome, d’un véritable État héréditaire au cœur même des anciennes terres farnésines. En juin 1538 s’achève la négociation, sous la médiation du pape, de la trêve de Nice (qui fait alors partie du duché de Savoie), armistice qui met très provisoirement fin aux hostilités entre les deux plus puissants souverains d’Europe. À l’occasion de cette rencontre, l’empereur Charles Quint (qui juge utile de s’octroyer quelques indulgences papales, mais tient aussi pour habile de se faire un allié) propose en mariage sa fille naturelle Marguerite d’Autriche, veuve à quinze ans du duc Alexandre de Médicis après l’assassinat de ce dernier par Lorenzo de Médicis (Lorenzaccio). Le prétendant tout désigné est le tout jeune préfet de Rome, Ottavio Farnèse, deuxième fils de Pier Luigi et petit-fils de Paul III. Le mariage est célébré, mais il n’est véritablement consommé qu’en 1543, après la rencontre de Gênes entre Paul III et Charles Quint. Le 19 août 1545, à l’instigation de Paul III, les États pontificaux sont démembrés. En effet, malgré la vive résistance de nombreux cardinaux du consistoire, la famille Farnèse conclut un échange avec le Saint-Siège et les deux joyaux des États Pontificaux que constituent Parme et Plaisance sont cédés contre les duchés de Camerino et Nepi, qui reviennent à l’Église. Paul III octroie sur-le-champ les duchés de Parme et de Plaisance à son fils Pier Luigi, mais deux ans plus tard, ce dernier est assassiné à Piacenza par des conjurés menés par le gouverneur de Milan, don Ferrante Gonzaga, et probablement stipendiés par Charles Quint. Refusant d’abandonner les duchés à son petit-fils Ottavio, ce qui implicitement serait en accepter la tutelle indirecte de Charles Quint, le pape envisage de les restituer au Saint-Siège. Face au refus obstiné d’Ottavio, le pape, saisi de fièvre maligne et à l’agonie, se voit cependant contraint d’accorder son consentement à Ottavio sur l’intercession ultime et expresse de son autre petit-fils, le cardinal Alexandre, et meurt peu après en prononçant le nom de Parme. Paul III repose dans la basilique Saint-Pierre, au fond de l’abside, dans un tombeau encadré de deux statues monumentales représentant l’abondance et la charité et sculptées par Guglielmo Della Porta (v. 1500-1577). L’une de ces statues est la reproduction en marbre de la belle Giulia Farnèse.
Partisan ardent de la Réforme catholique (ou Contre-Réforme), Paul III ne réussit cependant pas à obtenir de véritable appui des monarques européens. Pour appuyer son opération réformatrice, le pape promeut en 1536 au Sacré Collège quelques éminents humanistes favorables à la réforme, dont le cardinal Jean du Bellay, l’écrivain Jacques Sadolet (rappelé spécialement de Carpentras), le sénateur vénitien Gasparro Contarini, le Napolitain Gian Pietro Carafa (le cofondateur de l’ordre des Théatins et futur pape Paul IV), l’Anglais Reginald Pole, Otto von Truchsess et Marcello Cervini. Il fait ensuite procéder en 1537 à un bilan de l’Église (Concilium de emendanda Ecclesia, Projet de réforme de l’Église) par une commission épiscopale. Dans le même temps, il fait approuver par la Curie romaine la création de nouvelles congrégations et ordres religieux, dont celui des Barnabites (1535) et celui de la Compagnie de Jésus (à laquelle la bulle Regimini militantis Ecclesiae du 22 septembre 1540 donne vie canonique) qui peut constituer à ses yeux un des fers de lance de la Contre-Réforme. En 1542, afin de veiller à l’orthodoxie doctrinale face à la montée du luthéranisme en Italie (attestent à l’époque de cette poussée schismatique les prédications très « luthériennes » du moine augustin piémontais Agostino Mainardi qui attirent le Tout-Rome à l’église des Augustins), le pape rétablit l'Inquisition. Suivant les conseils du cardinal Carafa, il institue la congrégation de l'Inquisition, nommée également Sacrée Congrégation du Saint-Office ou Congrégation de la Suprême et Universelle Inquisition. Puis, en décembre 1545 commencent les travaux du concile de Trente, convoqué par le pape dès 1536 et dont la tâche prioritaire est de mettre fin au schisme. Mais Paul III est aussi un mécène et un protecteur des arts. Il confie à Sangallo le Jeune, puis à Michel-Ange, la responsabilité des travaux de la basilique Saint-Pierre (et notamment de la coupole) et du palais Farnèse. C’est également sous la papauté de Paul III que sont exécutées par Michel-Ange la fresque du Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, ainsi que la chapelle paoline, et enfin l’aménagement de la place du Capitole (demandé par Paul III à l’occasion de la venue officielle de Charles Quint à Rome en 1536, mais qui ne prendra fin que le siècle suivant, en 1654).
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