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Plan de l'article
Présentation ; « Il écrivit ses livres et mourut » ; De la mise en fiction de la réalité à la recréation d’un monde ; Les relations interethniques dans l’œuvre faulknérienne
Faulkner, William (1897-1962), romancier et scénariste américain, figure majeure de la littérature américaine contemporaine.
C’est ainsi que William Faulkner aurait souhaité que l’on rendît compte de son existence. Né à New Albany, dans le Mississippi, il fait cependant quelques détours avant de terminer sa vie non loin de là, à Oxford, capitale du comté de Lafayette en 1962. Aîné de quatre garçons, il renonce rapidement aux études, s’essaie à divers métiers, s’engage comme élève officier dans l’aviation canadienne en 1918 (trop tard pour participer à la guerre, qui, à défaut, devient un sujet de création), avant de publier l’année suivante son premier poème, « L’Après-midi d’un faune » (sic), influencé par son admiration pour les symbolistes français.
Plus tard, William Faulkner subvient à ses besoins en exerçant à nouveau des emplois variés, se dit « poète raté » et se tourne vers la fiction : il écrit des nouvelles, genre selon lui encore proche de la poésie, et son premier roman, Monnaie de singe, paraît en 1926 — le titre original, Soldier’s Pay, rend plus explicite le thème du retour difficile du militaire démobilisé. S’ensuit, à partir de 1927, la série des ouvrages dont l’action se situe dans le comté de Yoknapatawpha, de Sartoris (1927) et le Bruit et la Fureur (The Sound and the Fury, 1929) jusqu’aux Larrons (The Reivers, 1962) et à l’œuvre posthume Étendards dans la poussière (Flags in the Dust, 1973), en passant par Tandis que j’agonise (As I Lay Dying, 1930), Sanctuaire (Sanctuary, 1931) ou Requiem pour une nonne (Requiem for a Nun, 1951). Parallèlement à ses activités littéraires, Faulkner gagne de l’argent comme scénariste à Hollywood, aux côtés notamment de Howard Hawks (le Port de l’angoisse ; le Grand Sommeil). Reconnu en France dès les années trente — Sartre ou Malraux lui rendent hommage —, l’écrivain n’intéresse que peu le grand public américain avant la fin de la décennie suivante.
S’il est resté longtemps méconnu de ses contemporains, c’est peut-être, du moins pour partie, parce que son œuvre ne présente pas un abord facile et requiert des efforts de la part du lecteur — la collaboration de son intelligence, selon Joyce. Faulkner emploie en effet de nombreuses innovations stylistiques caractéristiques d’une esthétique moderniste : dans une prose tumultueuse et aux effets variés (qui passe du tragique de Parabole (A Fable, 1954), par exemple, au comique, ainsi dans le Hameau (The Hamlet, 1940)), il recourt au monologue intérieur, à l’effacement de la subjectivité, à « l’exorcisme de toute exigence de réalisme » (Huyssen).
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