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Égypte

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Égypte : drapeau et hymneÉgypte : drapeau et hymne
Plan de l'article
4.2

Agriculture

L’agriculture occupe toujours 29,9 p. 100 de la population active, mais ne réalise que 14,1 p. 100 du PIB en 2006. Les caractéristiques de la propriété foncière ont été profondément modifiées par les réformes agraires de l’époque nassérienne. Les terres, dont les deux tiers étaient alors concentrés dans les mains de 6 p. 100 de propriétaires, ont été réquisitionnées par le gouvernement et redistribuées aux fellahin (les paysans), mais il subsiste encore un fossé économique entre les fermiers des classes moyennes et les fellahin. Les pouvoirs publics cherchent constamment à augmenter la surface agricole, malgré la concentration des terres arables dans l’étroite vallée du Nil, par le défrichement, le développement de l’irrigation (notamment depuis l’achèvement du barrage d’Assouan en 1970) ainsi que par la mécanisation et l’usage des engrais. 18 000 hectares sont ainsi gagnés chaque année sur le désert, mais l’urbanisation en absorbe 13 000. Le barrage d’Assouan a cependant eu des effets pervers sur l’environnement agricole. Les terres de Basse-Égypte ne sont plus fertilisées par les crues du Nil ; les sols souffrent également d’une remontée des eaux salées et la bilharziose se diffuse de manière inquiétante.

Le rendement des terres cultivées d’Égypte se situe désormais parmi les plus élevés au monde. Il est vrai que la totalité des 3,52 millions d'hectares cultivés sont des terres irriguées. Le blé, le maïs et le coton occupent 70 p. 100 des surfaces cultivées. Le coton est exporté. L’agriculture égyptienne produit également des agrumes, des pommes de terre et des oignons. Cette relative diversité des productions de base et la très forte productivité de l’agriculture ne suffisent toutefois pas à assurer l’autosuffisance alimentaire. La balance agricole est structurellement déficitaire. L’élevage est très peu développé : le nombre de bêtes, rapporté à la population, est trois fois plus faible qu’en France. Le produit de la pêche augmente régulièrement grâce à l’exploitation des eaux très poissonneuses du Nil, des lacs du delta et de la mer Rouge. En 2005, les prises atteignaient 889 302 t, dont les deux tiers en eaux douces.

4.3

Mines et industries

La production annuelle de pétrole brut, principale ressource du sous-sol égyptien, avoisinait 3,8 millions de tonnes au début des années 1960. Après la découverte et la mise en exploitation des vastes gisements pétrolifères situés dans la région d’El-Alamein et dans le golfe de Suez, la production annuelle s’est accrue pour atteindre 225,8 millions de barils en 2004. Celle de gaz naturel était d’environ 27 milliards de m3 en 2003. Depuis 1991, le minerai d’uranium est extrait des gisements proches d’Assouan.

L’industrie égyptienne représente 38,4 p. 100 du PIB en 2006 et emploie 19,8 p. 100 de la population active. Au xixe siècle, les premières tentatives d’industrialisation ont été étouffées par les puissances européennes, l’Égypte constituant un important débouché pour leurs produits manufacturés. Après la Première Guerre mondiale, de nouveaux efforts ont abouti au développement d’une petite activité industrielle capable de satisfaire une partie de la demande intérieure. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’industrie a connu une forte expansion, notamment dans le domaine des textiles. Après le renversement de la monarchie, en 1952, le nouveau régime a donné la priorité absolue à l’industrialisation. En 1965, à la fin du premier plan quinquennal, la valeur totale de la production industrielle, y compris la production d’électricité et de minerais, atteignait 2,71 milliards de dollars par an. Vingt ans plus tard, elle s’élevait à 13 milliards de dollars par an. L’industrie égyptienne s’est considérablement diversifiée depuis le début de la libéralisation économique. Le textile, autrefois premier secteur industriel, a été supplanté par l’agroalimentaire, qui réalise 25 p. 100 de la valeur ajoutée industrielle, et par l’industrie chimique, liée à l’exploitation des hydrocarbures et à la production d’engrais pour l’agriculture. Le développement industriel ne s’est pas accompagné d’un désengagement de l’État ; ce dernier contrôle toujours 70 p. 100 de l’industrie. La plus grande partie de l’activité industrielle se situe aux environs du Caire et d’Alexandrie.

4.4

Échanges

La monnaie est la livre égyptienne, divisible en 100 piastres. La Banque centrale d’Égypte, créée en 1961, reste un organe de contrôle de l’économie très puissant malgré la présence de nombreuses banques à capitaux privés. Le gouvernement mène par son intermédiaire une politique de monnaie forte qui permet de limiter le coût des importations, mais pénalise l’investissement et les exportations. Cette politique a entraîné un conflit avec le Fonds monétaire international (FMI) qui estime que la livre égyptienne est surévaluée de 10 p. 100. En juin 1994, le FMI refusait d’agréer l’effacement de 20 p. 100 des dettes égyptiennes par le Club de Paris.

La dette extérieure brute de l’Égypte s’élevait en 2004 à 30 milliards de dollars. Les principales sources de devises étrangères sont le coton, le pétrole, les redevances du trafic sur le canal de Suez, le tourisme, les transferts de revenus par les nationaux travaillant à l’étranger et l’aide internationale. Chaque source tend à fluctuer en fonction de la conjoncture internationale. La signature de la paix avec Israël, en 1979, a permis la réouverture du canal de Suez, la récupération de territoires pétrolifères et le développement touristique. L’aide financière occidentale s’est accrue également. Les ressources du pays s’en sont trouvées notablement augmentées. De la même manière, l’engagement de l’Égypte dans la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe a été en quelque sorte récompensé par l’effacement d’une partie substantielle de la dette égyptienne.

Le tourisme a, en revanche, été fortement affecté par la recrudescence des attentats islamistes depuis le début des années 1990. Néanmoins, l’Égypte accueillait encore 8,65 millions de touristes en 2006, un volume tout à fait comparable à celui de la Tunisie ou du Maroc, les pays les plus touristiques du monde arabe.

La balance commerciale est structurellement déficitaire. Les principaux partenaires commerciaux sont les pays de l’Union européenne (environ 40 p. 100 des importations et exportations), les États-Unis et le Japon.

Les réseaux de communication sont concentrés sur l’axe nord-sud de la vallée du Nil. En 2004, l’Égypte comptait 92 370 km de routes. Le système autoroutier est limité à la Basse-Égypte. L’avion est le moyen de transport le plus adapté. Le pays possède environ 80 aéroports. Les ports d’Alexandrie, de Port-Saïd et de Suez sont desservis par de nombreuses compagnies maritimes. Le canal de Suez, percé dans l’isthme de Suez, permet, depuis son ouverture en 1869, le passage de la mer Rouge à la Méditerranée.

5

Histoire

5.1

L’Égypte ancienne

Pour l’histoire de l’Égypte antérieure au viie siècle de notre ère, voir l’article Égypte ancienne.

5.2

L’Égypte musulmane

5.2. 1

Les califats

Après une période de chaos, l’Égypte sous domination byzantine est envahie en 639 par les Arabes, sous la conduite du général arabe Amr. Dès 642, Alexandrie capitule. L’Égypte relève désormais du califat mais, comme dans l’ensemble de l’Empire musulman en voie de constitution, les Égyptiens peuvent maintenir leur pratique religieuse en échange du paiement d’un impôt de capitation (jizyah) et d’un impôt foncier (kharaj). Cependant, les Égyptiens se convertissent rapidement à l'islam — plus égalitaire que le christianisme byzantin — et se mêlent aux populations arabes qui y migrent massivement.

Les Arabes n’apportent guère de modifications au système administratif byzantin, qu’ils ouvrent cependant plus largement aux dhimmis (protégés) coptes.

Durant les deux siècles qui suivent, l’Égypte est dirigée par des gouverneurs appointés par le calife, chef de la communauté musulmane. L’arrivée de tribus arabes et le remplacement de la langue copte par l’arabe dans tous les documents officiels favorisent l’arabisation et l’islamisation de la société égyptienne. Dès 750, les chrétiens ne constituent plus qu’un quart de la population. La rapidité avec laquelle s’opère la conversion du peuple égyptien à l’islam s’explique en grande partie par la volonté d’échapper aux impôts spéciaux frappant les dhimmis. Mais l’islam propose également une doctrine égalitariste séduisante et permet aux Égyptiens, divisés par les querelles religieuses sous l’Empire byzantin, de refonder une communauté.

Sous les califes abbassides, la situation intérieure se dégrade au point que le pays est confié en iqta (sorte de fief) à l’oligarchie militaire turque qui domine le califat de Bagdad. En 868, Ahmad Ibn Tulun, un Turc, est nommé gouverneur militaire de l’Égypte. Il organise une puissante armée et affranchit bientôt le pays de la tutelle abbasside, avant de conquérir la Syrie. En 905, l’armée abbasside reprend l’Égypte aux Tulunides, auxquels succèdent, en 935, les Ikhchidites, autre dynastie turque. Ceux-ci ne peuvent résister à la puissance fatimide, qui s’étend depuis 909 sur l’ensemble du Maghreb. En 969, l’Égypte et la Syrie sont conquises. Les souverains chiites fondent la nouvelle ville du Caire (al-Qahira, « la Victorieuse ») où ils établissent le siège de l’anticalifat et créent l’université islamique al-Azhar. La période fatimide est prospère et culturellement féconde, jusqu’au règne d’Hakim (969-1021), mystique fanatique. Dès lors, l’agitation gagne l’armée, au sein de laquelle s’opposent contingents mamelouks, formés par des esclaves de Turquie et de Circassie, contingents berbères et soudanais. À l’extérieur, la puissance fatimide est entamée par la perte du Maghreb, en 1045, et de la Syrie, enlevée par les Seldjoukides en 1075. En 1099, les croisés prennent Jérusalem et s’établissent sur une partie du territoire palestinien.

La lutte contre les croisés est menée par les troupes sunnites de Nur al-Din, atabeg d’Alep, qui sont appelées à prêter main forte aux Fatimides, menacés sur leur territoire par les armées croisées, en 1168. Saladin, l’un des généraux de Nur al-Din, est nommé vizir d’Égypte et fonde sa propre dynastie, celle des Ayyubides. Saladin restaure l’orthodoxie sunnite en se plaçant sous l’autorité (nominale) du calife abbasside et institue un enseignement coranique unifié, en créant des médersas. Il reconquiert sur les croisés la plus grande partie de la Syrie et de la Palestine, et fait de l’Égypte une puissance militaire, dominant un vaste ensemble s’étendant jusqu’en Mésopotamie. Cependant, la puissance ayyubide est rapidement minée, après la mort de son fondateur, par les querelles intestines. Elles permettent aux chefs mamelouks d’imposer leur pouvoir. Appelés à combattre les chrétiens de la neuvième croisade contre le roi de France, Louis IX (Saint Louis), les mamelouks renversent les Ayyubides et installent leur propre gouvernement en 1250.

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