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Inde

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Inde : drapeau et hymneInde : drapeau et hymne
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6.2.2. 2
Le sultanat de Delhi (1206-1526)

À la mort de Mohammad de Ghur, en 1206, Qutb al-Din Aibak (l’un de ses esclaves d’origine turque) prend le titre de sultan, acte fondateur du sultanat de Delhi. Le musulman Aibak est également à l’origine d’une dynastie, dite « des Esclaves », qui se maintient jusqu’en 1290. À cette dynastie succède celle des Khalji, dont le second souverain, Ala al-Din Khalji (1296-1316), s’illustre par sa volonté de renforcer le royaume. Ses conquêtes sont nombreuses — Dekkan et Gujarat notamment —, toutefois, les Mongols ont déjà commencé à s’infiltrer par le nord du territoire qu’il contrôle. Durant la troisième dynastie musulmane, celle des Tughluq (1320-1413), le sultanat de Delhi connaît un fort recul ; l’empire est déchiré par des conflits, et certaines régions font sécession (en témoigne le royaume hindou de Vijayanagar, dans le centre du Dekkan).

Ainsi, lorsque le conquérant mongol Tamerlan mène ses troupes en Inde, il ne rencontre qu’une assez faible résistance. Son invasion victorieuse est parachevée par la destruction de Delhi et le massacre de ses habitants, en 1398. Il quitte l’Inde un an plus tard, laissant Delhi ravagée et en proie à la famine. À partir de 1414, le premier roi Sayyid y établit sa dynastie, jusqu’en 1451, date à laquelle Buhlul Lodi, fondateur de la lignée des Lodi, s’empare du trône de Delhi. Il règne pendant près de quarante ans, et réussit à conquérir une grande partie de l’Inde du Nord. La dynastie des Lodi s’effondre en mai 1526 (première bataille de Panipat), victime notamment des raids lancés par Babur (le « Tigre »), roi de Kaboul et arrière-petit-fils de Tamerlan. Après avoir vaincu Ibrahim, dernier des Lodi, Babur occupe toute la vallée du Gange et fonde l’Empire moghol.

6.2. 3

L’Empire moghol (1526-1857)

6.2.3. 1
Splendeur des Grands Moghols

Akbar, petit-fils de Babur, est le plus grand des empereurs moghols. Durant son règne (1556-1605), il place sous son autorité les princes rebelles de nombreuses régions — Pendjab, Rajputana, Gujarat — et conquiert le Bengale, le Cachemire, le Sind et l’Orissa. Doté de remarquables compétences d’administrateur, il favorise le commerce, instaure un système d’imposition équitable et encourage la tolérance religieuse. Son fils Jahangir lui succède sur le trône d’Agra (devenue capitale sous Babur) en 1605 et, sous le règne de son successeur, Shah Jahan (1628-1658), l’Empire moghol atteint son apogée culturelle et l’âge d’or de son architecture monumentale — avec notamment la construction du Taj Mahal.

Shah Jahan est destitué en 1658 par son fils, Aurangzeb, qui déclare la guerre aux royaumes autonomes de l’Inde. La stabilité de son régime est minée par les victoires des Marathes, ainsi que par les oppositions populaires soulevées par son fanatisme religieux et sa politique hostile aux hindous. Son règne s’achève en 1707, date de sa mort.

6.2.3. 2
Du déclin à un État fantoche

La première moitié du xviiie siècle est marquée par le déclin de l’Empire moghol. Gouverné par des souverains fantoches (entre 1707 et 1857), il finit par disparaître en tant qu’État. Hyderabad, fondé en 1712, est l’un des premiers grands États à acquérir son indépendance. Des invasions perses et afghanes accélèrent la chute de l’empire. L’armée du souverain perse Nader Chah pille Delhi en 1739, emportant dans son butin un énorme diamant, le Koh-i-Noor, ainsi qu’un fabuleux trône en forme de paon en or massif incrusté de pierres précieuses.

En 1756, Delhi est assaillie par Ahmad Chah Dorrani, souverain afghan. L’armée de ce dernier est de nouveau victorieuse, en janvier 1761 à Panipat, des forces combinées des Marathes et des sikhs. Cependant, malgré la présence séculaire dans la péninsule de royaumes ou d’emprises musulmans, l’islam est demeuré minoritaire, religion d’États plus que de peuples (lesquels demeurent fidèles aux préceptes de l’hindouisme). La péninsule indienne, sujette à d’âpres rivalités coloniales entre les puissances maritimes européennes, est déjà en partie acquise à l’autorité britannique au milieu du xviiie siècle.

6.2.3. 3
L’installation des premiers comptoirs européens

Le 27 mai 1498, Vasco de Gama jette l’ancre dans le port de Calicut, sur la côte de Malabar. Les Portugais sont les premiers Européens à établir des comptoirs commerciaux en Inde, dont celui de Goa, fondé en 1510 par le navigateur Afonso de Albuquerque. Ils obtiennent d’ailleurs le monopole du commerce maritime avec l’Inde, et le conservent pendant un siècle. Au début du xviie siècle cependant, les Anglais (en 1600) et les Hollandais (en 1602) créent à leur tour des Compagnies des Indes orientales, afin de concurrencer les produits portugais. La Compagnie anglaise des Indes orientales négocie avec l’empereur moghol Jahangir et parvient à fonder, en décembre 1612, le premier comptoir commercial anglais à Surat, dans le golfe de Khambhat.

En dépit de la concurrence portugaise et hollandaise, les Anglais parviennent à s’imposer durablement en Inde au cours du xviie siècle. La Compagnie anglaise des Indes orientales élargit progressivement sa sphère d’influence, notamment en Orissa (1633) ainsi qu’à Madras (1639) et à Bombay (rachetée au Portugal en 1661). En 1690, elle fonde Calcutta, qui devient la première capitale des Indes britanniques. Les Français, par l’intermédiaire de Jean-Baptiste Colbert, créent quant à eux la Compagnie française des Indes orientales en 1664.

En 1746, le gouverneur général des établissements français en Inde, Joseph François Dupleix, s’empare de Madras avec le soutien de la flotte de Mahé de La Bourdonnais. La ville est restituée aux Britanniques en 1748, en vertu du traité d’Aix-la-Chapelle. En 1751, un nouveau conflit éclate et s’achève par la victoire britannique, remportée par Robert Clive sur Siraj-ud-Dawlah (le nabab du Bengale), à Plassey, en juin 1757. Aux termes de l’accord signé à la fin du conflit européen, le traité de Paris (1763), la France ne conserve en Inde que quelques comptoirs commerciaux. Les Britanniques, ayant remporté la bataille militaire et commerciale, se lancent alors sans retenue dans la colonisation.

6.3

L’Inde britannique

6.3. 1

La Compagnie britannique des Indes orientales

6.3.1. 1
L’essor de l’emprise britannique

L’influence britannique grandit à mesure que l’Empire moghol périclite. L’issue de la bataille de Panipat de 1761 laisse ainsi le champ libre aux ambitions de la Couronne. Sous l’impulsion du gouverneur Warren Hastings, les Britanniques remportent à la fin du xviiie siècle plusieurs victoires décisives contre les Marathes, alors principale force politique de la péninsule indienne.

Pour atteindre leurs objectifs, les Britanniques ont recours à leur puissance militaire, mais également à la corruption et à la manipulation politique des princes locaux, dont la dépendance à l’égard de la Couronne est savamment maintenue. La résistance de certains États indiens — Confédération marathe, Mysore, Sind, Pendjab — demeure vaine face à la puissance de la Compagnie britannique des Indes orientales. Une ultime série de conquêtes assure au Royaume-Uni le contrôle du Sind (en 1843), du Cachemire (en 1846), du Pendjab (en 1849) et de la basse Birmanie (en 1852). L’Inde devient ainsi progressivement une pièce maîtresse du royaume victorien, à la fois source intarissable de revenus par le truchement des impôts et débouché commercial considérable pour une industrie britannique naissante.

La Compagnie britannique des Indes orientales, qui dispose de positions stratégiques dans le Bengale et dans la région du Dekkan, joue à cet égard un rôle central. Progressivement, elle devient l’instrument du gouvernement britannique, relayé par les princes locaux. De son statut initial de société commerciale, elle se transforme en 1773, par le Regulating Act, en un organisme semi-officiel du gouvernement britannique. En 1813, le Charter Act ouvre la Compagnie aux entreprises privées. Vingt ans plus tard, enfin, la Compagnie perd son monopole commercial, pour être réduite à une représentation du gouvernement britannique. Sa disparition, en 1858, accroît encore la dépendance de l’Inde vis-à-vis du Royaume-Uni.

La colonisation britannique contribue indubitablement à l’essor économique de l’Inde. Le développement des communications, notamment du chemin de fer dans les années 1850, donne à la production locale des débouchés inespérés. Les services de la poste et du télégraphe sont eux aussi créés à cette époque.

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