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métal, art duArticle
Plan de l'article
Dorure et argenture permettent de donner un aspect précieux à un métal moins noble. Les procédés de placage ont évolué du simple martelage d’une feuille sur une autre à la dorure au mercure, puis à la dorure ou argenture par électrochimie. Dans le cas de la dorure au mercure, l’or ou l’argent est d’abord mélangé, sous forme de poudre, au mercure. Ce mélange est ensuite réparti sur la surface voulue, puis chauffé de manière à obtenir l’évaporation du mercure et à souder le métal précieux sur le métal d’origine. Technique dangereuse en raison des émanations de mercure, elle est remplacée, au milieu du XIXe siècle, par le procédé électrochimique. Encore employée de nos jours, l’électrochimie permet de dorer ou d’argenter un objet en métal en le plongeant dans un bain dans lequel passe un courant électrique. Les molécules de métal précieux viennent se fixer sur l’objet.
Le damasquinage, méthode d’incrustation de petits filets de métal, dans un objet constitué d’un métal différent, aux fins de décoration, est mis au point au Moyen Âge dans la ville de Damas (Syrie). Toutefois, on a trouvé la trace d’un type d’incrustation équivalente sur des vaisseaux chinois datant du Ier millénaire. Le filigrane peut être fait en or ou en argent ; des motifs ajourés sont travaillés à partir de câbles minuscules constitués de deux ou trois fils d’or ou d’argent juxtaposés ou nattés. Aux XVIe et XVIIe siècles, on utilise beaucoup le filigrane dans la décoration de vases et de vaisseaux, particulièrement en Italie et en Allemagne, ainsi qu’en Amérique du Sud aux XVIIIe et XIXe siècles. Dans les pays russes et scandinaves, le filigrane a subsisté comme artisanat régional, et il est utilisé dans la confection de coffrets, d’étuis de miroirs et de bijoux. Cette technique est fragile et, à l’exception des bijoux, nécessite un matériau de renforcement. La technique de l’ajouré, utilisée dans les arts ménagers et parfois dans la bijouterie, consiste à découper ou à percer des motifs dans le métal. Elle est très employée de la fin du XVIIe au début du XIXe siècle. La technique inverse, consistant à créer des motifs en relief en soudant de petites pièces ou des motifs découpés sur une surface plane, est également très employée.
Le serti ou enchâssement de pierres précieuses ou semi-précieuses, de bois exotiques, d’ivoire, de jade ou d’ambre est une autre manière d’orner le métal. Dès l’Antiquité, le mobilier de cérémonie est aussi orné que les bijoux ou les objets de culte. Les émaux et le nielle (émail noir sur argenterie) font aussi partie du répertoire décoratif. Toutefois, l’usage de ces techniques s’est progressivement restreint à la décoration de petits objets, et surtout à la bijouterie.
La forme, la fonction et l’aspect des objets en métal sont largement déterminés par la nature du métal utilisé. Les métaux précieux (l’or et l’argent, notamment) sont les plus malléables, tandis que les caractéristiques des métaux de base (cuivre, fer-blanc, plomb et fer) et de leurs alliages (bronze, laiton et étain) peuvent être très variables.
Composé de cuivre rouge et d’étain, le premier alliage de bronze est vraisemblablement fait au Proche-Orient dès le VIIIe millénaire. Mais la production ne semble s’être généralisée que vers 1500 av. J.-C. en Eurasie. On a toutefois retrouvé à Mycènes des armes en bronze, ainsi que des objets décoratifs de petite taille datant de la première moitié du IIe millénaire. Plus aisé à couler que le cuivre, le bronze donnait des outils et armes de meilleure qualité. Sa faible malléabilité, en revanche, rendait impossible un travail au repoussé, par exemple. L’alliage est progressivement affiné au cours des siècles, et on a su très tôt que les meilleures proportions étaient un volume d’étain pour dix volumes de cuivre. En Europe et au Moyen-Orient, le bronze est principalement utilisé pour fabriquer des armes et des outils tranchants — épées, lances, têtes de flèches, boucliers et haches —, ainsi que des récipients et des chaudrons. Au cours du Ier millénaire, le bronze est très employé en Grèce, puis à Rome, comme élément de mobilier (trépieds, armatures de lits et de tables, lampes à huile, pieds de lampe), souvent décoré d’animaux ou de feuilles en relief. Dans l’art celtique, le bronze battu sert à fabriquer des objets quotidiens dès le milieu du IIe millénaire. En Chine, il semble que le bronze ait été presque exclusivement utilisé pour la fabrication de cloches, de miroirs et de récipients de diverses formes correspondant à des fonctions rituelles précises pour les armes et la décoration du harnachement des chevaux et des chariots. Les objets conservent encore une patine rouge ou verte qui révèle l’usage de l’oxydation artificielle. Cette première ère du bronze en Chine s’étend du milieu de la dynastie Shang (v. 1500 av. J.-C.) à la fin de la dynastie Qin (206 av. J.-C.). En Europe, le IXe siècle semble avoir été propice à une création artistique abondante. Les portes de la chapelle Palatine à Aix-la-Chapelle témoignent à la fois de la qualité du travail des bronziers et de leur localisation privilégiée dans les pays germaniques dans lesquels on constatera longtemps une forte tradition. Le Moyen Âge délaisse la production de bronze au profit du laiton. En Italie, on trouve davantage de trace d’une activité héritée de Rome. Parmi les plus belles œuvres italiennes en bronze, on peut citer la Porte du Paradis (1429-1452), réalisée en bronze doré par Lorenzo Ghiberti pour le baptistère de Florence. Elle est composée de dix panneaux rectangulaires, encastrés les uns dans les autres, qui représentent des scènes bibliques en haut relief. L’Italie apparaît à cette époque comme le plus important centre de fondeurs de bronze du monde, et de nombreux autres artistes de la Renaissance (Filippo Brunelleschi, Donatello, Della Robbia) ont recours à ce matériau. En France, on trouve des fondeurs de bronze à Fontainebleau au XVIe siècle. Sous Louis XIV, la faveur accordée à l’art de la statuaire entraîne une importante production en bronze. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on ajoute au mobilier d’art de nombreux accessoires en bronze doré ou similor. Les motifs saillants et richement décorés sont posés sur les bordures, les tiroirs et les pieds des meubles. Le XIXe siècle voit naître une production en série de moindre qualité d’œuvres de Carrier-Belleuse, Moreau, Chéret ou Barbedienne, qui meublent les intérieurs bourgeois.
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