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métal, art du

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Statuette équestre de CharlemagneStatuette équestre de Charlemagne
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3.2

Le cuivre

Le cuivre pur entre dans la composition du laiton et du bronze, souvent utilisé dans la fabrication d’objets quotidiens. Il a, toutefois, été plus employé dans la création artistique qu’on ne le pense. En témoigne une grande statue faite de feuilles de cuivre martelé et datant de l’époque du pharaon Pépi Ier (v. 2289-2255 av. J.-C., VIe dynastie, Musée égyptien du Caire).

Dans l’Antiquité et sur le pourtour de la Méditerranée, le cuivre est remplacé par le bronze dans la fabrication des armes et des outils ; toutefois, il continue à être utilisé pour la vaisselle, les coupes et les ustensiles domestiques légers. Important complément du bronze, le cuivre est par la suite employé comme matériau durcissant de l’argent et de l’or.

En Europe, à partir du Moyen Âge, le cuivre sert également de base aux plaques d’émail champlevé, car sa malléabilité facilite l’excavation des alvéoles pour l’insertion de la pâte de verre colorée.

Les Pays-Bas étaient le plus grand fabricant d’articles en laiton, alliage de cuivre et de zinc, souvent appelé cuivre jaune par opposition au cuivre rouge ou cuivre pur. La ville de Dinant (aujourd’hui en Belgique) était alors la principale productrice et exportatrice de plats en laiton ornés de décoration en relief.

Les artisans orientaux qui s’installent à Venise au XVe siècle apportent avec eux un renouveau du travail du cuivre, dont témoignent les récipients, aiguières, plats et chandeliers damasquinés d’or et d’argent, aux ornements orientaux raffinés. Leur technique est reprise au milieu du XVIe siècle par les artisans vénitiens, qui adaptent les styles renaissants à leurs décorations.

Le laiton est toujours utilisé au XXe siècle pour les marteaux et seuils de portes, les boîtes aux lettres, les bougeoirs et les accessoires de cheminée.

3.3

Le plomb

Apprécié pour ses propriétés isolantes davantage que pour ses qualités esthétiques, le plomb est un métal fragile qui doit être fréquemment remplacé. Les Romains disposent, après le traitement de l’argent, d’une grande quantité de plomb qu’ils réutilisent pour leurs toitures, les cercueils, les citernes à eau, les canalisations et la plomberie. Matériau très malléable, le plomb se travaille facilement. En Europe, au Moyen Âge, il est utilisé dans la fabrication de sceaux et de monnaie pour certains objets du culte (crosses, calices, patènes, etc.) placés dans les sépultures de dignitaires de l’Église. Au XVIIe siècle, on apprécie les statues de jardin en plomb et ce goût se prolonge jusqu’au XVIIIe siècle. Sa résistance à l’oxydation en a fait un matériau privilégié en architecture (gouttières, encadrements de lucarnes, etc.).

3.4

L’étain

L’extraction de l’étain date de l’Antiquité. Les Romains, entre autres, possèdent des mines à ciel ouvert dans certaines provinces de l’Empire, dans la péninsule Ibérique et les îles Britanniques. Le traitement, après préparation du minerai, permet d’obtenir trois qualités d’étain : l’étain « claire étoffe », composé d’une forte proportion de plomb (jusqu’à 40 p. 100), n’est pas utilisé dans la fabrication d’objets quotidiens. L’« étain commun », composé de cuivre, de bismuth et de plomb, et l’« étain fin », composé de 90 p. 100 d’étain, de bismuth, de cuivre et d’antimoine, sont en revanche utilisés dans la fabrication de vaisselle. L’étain fin est le plus beau des trois et devient brillant une fois poli. Ce métal est mis en forme au marteau ou fondu. On a trouvé quelques témoignages du travail de l’étain remontant au XIXe siècle av. J.-C. La Rome antique donne naissance à une tradition féconde qui s’éteint toutefois avec la chute de l’Empire. Le Moyen Âge semble avoir délaissé son usage et l’on ne connaît pas d’exemple avant le XIVe siècle, excepté les calices et les patènes retrouvés dans les tombes de prêtres à Metz. On a conservé davantage d’objets de facture allemande, comme la cuve baptismale de l’église de la Vierge à Mayence datant de 1320 environ, ou comme les salières du musée de Cluny (Paris). Au XVIIe siècle, la France remet l’étain à l’honneur et on commence à parler d’une « orfèvrerie d’étain ». Il est vrai que les motifs et les formes utilisés pour l’étain sont, à partir de cette date, copiés sur les pièces d’argenterie. Au XIXe siècle, l’étain connaît une faveur toute particulière. Son aspect brillant, lorsqu’il est neuf, en fait un alter ego meilleur marché de l’argent pour toute une classe de la société.

3.5

Le fer

Si l’on a retrouvé la trace d’un travail très précoce du fer météorique à Gerze en Turquie (3500 av. J.-C.) ou en Anatolie (v. 1400 av. J.-C.), il faut attendre le VIe siècle av. J.-C. pour noter la présence d’une activité à grande échelle en Chine. Les Chinois sont sans doute les premiers à couler le fer. Ils se servent en effet de supports en fer coulés dans la construction des pagodes, par exemple.

Au IVe siècle av. J.-C., le travail du fer indien est déjà réputé. Un des exemples les plus importants est sans doute le pilier en fer de la mosquée d’Altamsh à Delhi (8 m de haut pour 6 t).

Peu utilisé en tant que matériau d’art par les Grecs et les Romains, le fer a surtout servi à la fabrication d’armes. La production de lames de la vallée du Rhin notamment et celle des pays scandinaves ont longtemps été réputées.

Au Moyen Âge, la France semble avoir développé un art du fer forgé de grande qualité, quoique nous n’en ayons que peu de témoignages avant le XIIIe siècle. On peut cependant citer les grilles de l’abbaye d’Ourscamp (conservées au musée Le Secq des Tournelles à Rouen). On connaît certains objets des XIIIe et XIVe siècles, tels des chandeliers et des coffres témoignant d’un véritable art du fer forgé à destination ecclésiastique.

À partir du XIVe siècle, la ferronnerie, influencée par l’Italie, prend un essor nouveau. Les grilles des églises témoignent d’une inventivité hors du commun. Elles sont ornées d’un décor presque architectural à motifs végétaux ou animaux. À la Renaissance, c’est en Italie et en Espagne que se trouvent les grands centres de ferronnerie. Au XVIe siècle, les ouvrages de serrurerie prennent, en France, une ampleur nouvelle, donnant des pièces d’une grande finesse. Au milieu du XVIIe siècle, la ferronnerie française prend un nouvel essor. C’est de cette époque que datent les premiers balcons, les rampes d’escalier, alors que le fer est encore considéré comme un matériau précieux. Parmi les plus belles réalisations de l’époque, il faut citer les balcons du premier étage de la cour de marbre à Versailles (1679), la grille du château de Maisons (v. 1650, musée du Louvre). Au XVIIIe siècle, l’art de la ferronnerie s’oriente vers un raffinement toujours plus léger. Les créations se multiplient dans toute la France : place Royale à Nancy, ou encore place de la Bourse à Bordeaux. Le XIXe siècle et son inspiration néoclassique imposent des compositions plus sobres. Techniquement, on passe de la forge à la fonte. La fin du XIXe siècle et le tout début du XXe siècle sont marqués en Europe par un renouveau de la ferronnerie, lié à un intérêt des artistes de l’époque pour l’artisanat. On peut citer le travail de Victor Horta à Bruxelles, celui de Charles Rennie Mackintosh à Glasgow ou celui d’Antoni Gaudí à Barcelone. En France, Louis Majorelle et Hector Guimard renouvellent l’art du fer forgé.

Pour le travail des métaux précieux, voir orfèvrerie.

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