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Résultats avec Windows Live® Search collage (art)Article
Plan de l'article
Présentation ; Cubisme et collage ; Diffusion du collage ; Le photomontage ; Max Ernst ; Le collage depuis 1940
collage (art), technique artistique consistant à agencer et coller sur un support donné (toile peinte ou non, papier, etc.) des matériaux ou objets divers (bois, carton, papier journal, photographies, etc.).
La technique du collage, déjà employée au cours de l’histoire, notamment dans l’art populaire, devient l’instrument d’une toute nouvelle conception de la représentation picturale grâce aux recherches menées dès 1912 par les peintres cubistes. Parvenus à un niveau d’abstraction très poussé, Pablo Picasso et Georges Braque souhaitent renouer avec une dimension plus réaliste par l’insertion dans leurs toiles d’éléments directement empruntés à la vie quotidienne (papier peint, papier journal, cartes à jouer, etc.). L’invention du « papier collé » par Georges Braque, mais aussi l’utilisation de matériaux étrangers à la peinture et au dessin par Pablo Picasso, marquent ainsi une rupture avec la tradition picturale. En témoignent la réalisation du tout premier collage, la Nature morte à la chaise cannée de Pablo Picasso (1912, musée Picasso, Paris), qui intègre à la peinture un morceau de toile cirée imitant le cannage d’une chaise, ainsi que les nombreux travaux de Georges Braque, parmi lesquels Compotier et verre (1912, collection particulière). Dans cette œuvre, l’objet n’est plus reproduit par l’illusion de la peinture — imitation du réel ou trompe-l’œil —, mais remplacé par son modèle même. Ce procédé fait perdre à la peinture le caractère supérieur accordé au talent du peintre, tandis que les rapports entre illusion et réalité se jouant à l’intérieur des œuvres se trouvent ébranlés. Ces réalisations inspirent Henri Laurens, notamment pour sa sculpture Tête de femme (1918, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne, Paris) et Juan Gris, qui utilise dans sa toile le Lavabo (1912, collection particulière) de véritables fragments de miroirs. Par ce geste, le peintre accentue l’impression de réalisme tout en mettant en évidence les limites chromatiques de la peinture ; il importe dans sa toile un objet que la couleur ne peut pas représenter. Ces avancées majeures développées par les peintres cubistes comptent parmi les plus importantes révolutions plastiques du xxe siècle.
La démarche initiée par les artistes cubistes trouve rapidement un écho favorable auprès des futuristes italiens. Soucieux de traduire la vitesse et le mouvement par la simultanéité de la perception, les futuristes utilisent à leur tour ce procédé pour réaliser de nombreux collages (Carlo Carrà, les Bruits du café nocturne, 1914 ; Giacomo Balla, la Guerre, 1916, collection particulière). Ils développent également la technique de l’assemblage, dérivée du collage, qui permet la mise en relation d’objets dans une optique tridimensionnelle, à l’image du « complexe plastico-moto-bruitiste » présent dans certaines œuvres de Fortunato Depero. Les membres du mouvement Dada s’emparent eux aussi du collage qui, par sa prise de distance vis-à-vis des méthodes de représentation traditionnelles, par le renouvellement du geste artistique dont il est le vecteur, convient à leur démarche anticonformiste. Jean Arp et Sophie Taueber, qui s’intéressent à partir de 1916 à l’utilisation du hasard dans leur travaux, procèdent à un tirage au sort de morceaux de papiers qu’ils assemblent au hasard sur une surface donnée (Jean Arp, Selon les lois du hasard, 1916, Kunstmuseum, Bâle). À Hanovre, Kurt Schwitters, poussé par la pénurie provoquée par la guerre, collecte des matériaux de rebut et se consacre exclusivement à la réalisation d’assemblages d’objets et de collage de papiers « trouvés » (Mz 231 Miss Blanche, 1923, collection Werner Schmalenbach, Düsseldorf).
Les artistes du groupe Dada de Berlin utilisent le collage pour donner naissance aux premières formes de photomontage. Dans une recherche d’expressivité maximale, ils agencent sur des supports photographies, textes, illustrations ou mots isolés découpés dans la presse. Ces montages sont des compositions complexes porteuses de messages politiques virulents et bâties selon des perspectives et des modes de lecture multiples. Les photomontages dadaïstes témoignent d’une grande liberté créatrice mettant en jeu des éléments de nature très variée : portraits photographiques, plans, cartes routières, éléments typographiques, etc. (Raoul Hausmann, ABCD, 1923, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne, Paris ; John Heartfield, Après dix ans, pères et fils, 1924). La technique du photomontage est également exploitée par les artistes constructivistes russes Aleksandr Rodtchenko (la Crise, 1923) et El Lissitzky (The Constructor, 1924), notamment pour réaliser des affiches à l’esthétique novatrice. Herbert Bayer, issu du Bauhaus et reconnu pour ses recherches typographiques, s’illustre également dans cet art (le Citadin solitaire, 1932).
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