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Résultats avec Windows Live® Search Rothko, MarkArticle
Rothko, Mark (1903-1970), peintre américain d'origine russe, l'un des plus importants représentants de l'expressionnisme abstrait. Né à Dvinsk (aujourd'hui Daugavpils, Lettonie), Marcus Rothkowitz, dit Mark Rothko, émigre aux États-Unis en 1913. Il obtient en 1921 une bourse pour l'université Yale qu’il quitte sans diplôme à l’automne 1923, puis suit les cours de dessin de l'Art Students League de New York et notamment la classe de nature morte de Max Weber. Il peint dans un premier temps des œuvres figuratives à la manière « cézannienne » et tient sa première exposition en 1928 à l’Opportunity Gallery. En 1935, il fonde à New York, avec le peintre Adolph Gottlieb, le groupe d’artistes The Ten, qui organise en décembre de cette même année sa première exposition à la Montross Gallery de New York. Dès la fin des années 1930, l’intérêt de Rothko pour l’expressionnisme fait place à une démarche plus personnelle s'inspirant de thèmes mythologiques, comme en témoignent, par exemple, Antigone (1939-1940) et Œdipe (1940). Progressivement, ses œuvres deviennent plus abstraites, se composant (à l’intérieur du format rectangulaire de la toile) de larges aplats de couleur rectangulaires, empilés ou juxtaposés, aux contours incertains et flottants (aux « frontières vibrantes », selon son expression). De ces plages de couleur disposées horizontalement sur la toile irradie une lumière dont la profondeur force la contemplation. L'atmosphère mystérieuse, à la fois grave et sereine, qui baigne ses œuvres semble relever d'un dialogue avec l'invisible. Pour Rothko, grand admirateur d’Henri Matisse (et tout particulièrement de l’Atelier rouge, tableau de 1911 — acquis par le Museum of Modern Art de New York en 1949 — que Mark Rothko a étudié quotidiennement sur place pendant plusieurs mois), la couleur est messagère et doit être une forme de langage : « Un tableau vit grâce à ceux qui l'entourent ; c’est dans l’œil du spectateur qu’il s’anime et grandit. » Avec Clyfford Still et Ad Reinhardt, il devient l'un des artistes les plus représentatifs de la color field painting, dont le caractère expressionniste s'oppose, après les années 1945, à l'action painting américaine. Parmi les meilleurs exemples de son travail, on peut citer Number 10 (1950, Museum of Modern Art, New York) et Four Darks in Red (1958, Whitney Museum of American Art). En 1958, il travaille au vaste programme de décoration du restaurant Four Seasons du Seagram Building de New York, immeuble en cours de construction sous la direction de l’architecte Philip Johnson. Rothko renonce un an plus tard à cette réalisation, pourtant déjà largement entamée : un certain nombre des Seagram Paintings figurent dans l’exposition « The New American Painting » qui se tient au Museum of Modern Art de New York de mai à septembre 1959 (ces peintures appartiennent depuis à la Tate Modern de Londres). En 1964, il commence à travailler à la décoration de la future chapelle « interconfessionnelle » de l’université Saint-Thomas à Houston, au Texas — cette décoration ne sera mise en place et inaugurée qu'après sa mort. Dans les années 1960, la palette de Rothko commence à se modifier, d'abord au profit de bruns chauds et de rouges profonds et saturés puis, à partir de 1968, en faveur du noir et du gris. Les couleurs plus sombres et mortifères que le peintre adopte dans ses dernières œuvres (le sentiment de la mort y transparaît à la fois comme hantise et comme fatalité) ont souvent été lues comme une leçon de ténèbres ou comme une apothéose de la lumière. Sans doute, l'adoption de ces couleurs correspond-elle aux propres limites ressenties par le peintre, qui met fin à sa carrière en se suicidant, en 1970.
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