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Résultats avec Windows Live® Search Barrault, Jean-LouisArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un interprète des grands textes ; L’Odéon et la compagnie Renaud-Barrault ; Le langage du corps
Barrault, Jean-Louis (1910-1994), acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français, qui, avec sa femme, Madeleine Renaud, a dominé la scène française de l’après-guerre jusqu’aux années 1960.
Né au Vésinet, Jean-Louis Barrault s’intéresse d’abord à la peinture. Il suit à partir de 1931 les cours d’art dramatique de Charles Dullin, qui l’engage comme acteur dans sa troupe du théâtre de l’Atelier. Il affectionne tout particulièrement le mime, qu’il travaille en compagnie d’Étienne Decroux. En 1935, son premier spectacle, Autour d’une mère, d’après un roman de William Faulkner (Tandis que j’agonise, 1930), est essentiellement gestuel ; il est salué comme un événement par Antonin Artaud, qui y voit une réalisation proche de son « théâtre de la cruauté ». En 1937, il monte Numance, son premier Claudel, au théâtre Antoine. En 1940, il entre à la Comédie-Française, où il met en scène Phèdre de Racine (1942), avec Marie Bell dans le rôle principal, et crée le Soulier de satin de Paul Claudel (1943).
Opposé aux réformes mises en œuvre dans cette institution, il en démissionne six ans plus tard, pour fonder avec sa femme, Madeleine Renaud, également démissionnaire, la compagnie Renaud-Barrault, qui s’installe pour dix ans au théâtre Marigny, à Paris. En 1959, André Malraux, alors ministre de la Culture, lui confie la direction de l’Odéon, rebaptisé alors Théâtre de France. Durant toute cette période, Jean-Louis Barrault propose un répertoire éclectique : des classiques comme Hamlet de William Shakespeare (1946) ou les Fausses Confidences de Marivaux (1946), des pièces de Paul Claudel, son auteur préféré (Partage de midi, 1948 ; l’Échange, 1951 ; Christophe Colomb, 1953 ; Tête d’or, 1959) et des pièces contemporaines comme le Personnage combattant de Jean Vauthier (1956) ou Rhinocéros d’Eugène Ionesco (1960). Il invite des metteurs en scène comme Roger Blin, Jean-Marie Serreau, Maurice Béjart, et à partir de 1966, dans le cadre du théâtre des Nations, Jerzy Grotowski, Peter Brook et la troupe du Living Theatre. Mais, ayant accueilli avec sympathie en mai 1968 l’occupation de l’Odéon par des étudiants contestataires, Jean-Louis Barrault est congédié. Il donne alors son Rabelais sur un ring de catch à l’Élysée-Montmartre. Il reconstitue avec son épouse la compagnie Renaud-Barrault, qui s’installe en 1972 dans la gare d’Orsay puis en 1981 au Rond-Point des Champs-Élysées. Cette dernière période est marquée surtout par des adaptations ou des créations à partir de montages de textes (Ainsi parlait Zarathoustra, 1974 ; les Nuits de Paris, 1976 ; Zadig, 1979).
Jean-Louis Barrault est également connu pour les rôles qu’il a interprétés au cinéma, notamment dans les Enfants du paradis (1944) de Marcel Carné, où il joue un grand mime du xixe siècle, Jean-Gaspard Deburau. Il a mis également en scène plusieurs productions de la Metropolitan Opera Company de New York, et sa troupe a sillonné le monde entier. Animé par le désir d’un « théâtre total », il a utilisé le maximum de moyens scéniques (les masques et la danse notamment), mettant toujours l’accent sur le geste, le rythme, le « langage du corps ». Il a exprimé dans plusieurs livres (Réflexions sur le théâtre, 1949 ; le Théâtre de Jean-Louis Barrault, 1961) son dévouement au théâtre, vécu comme une expérience à la fois intellectuelle et sensible.
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