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Hugo, Victor

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1

Présentation

Hugo, Victor (1802-1885), écrivain français, chef de file du romantisme français.

Poète, romancier, dramaturge, critique, Victor Hugo est un auteur d’une stature incomparable et inégalée. Sa devise « Ego Hugo », qui traduit son orgueil légendaire (sa mégalomanie, selon ses détracteurs), a inspiré à Jean Cocteau la formule suivante : « Victor Hugo était un fou qui se prenait pour Victor Hugo ».

Il n’en reste pas moins qu’à l’âge de trente ans, Victor Hugo, à la tête du mouvement romantique, a révolutionné le théâtre et inventé un nouveau langage poétique, et qu’à cinquante ans il a eu le courage d’abandonner une existence confortable et une situation acquise pour l’exil, au nom de la résistance au régime impérial de Napoléon III.

2

L’enfant sublime

Victor Marie Hugo est, historiquement, un enfant de la Révolution française. Ses parents font connaissance en 1796 et se marient l’année suivante. Son père, Léopold Hugo (1773-1828), appartient à une famille d’artisans de Nancy ; sa mère, Sophie Trébuchet (1772-1821), est originaire de la bonne bourgeoisie nantaise : Victor Hugo est donc issu de deux milieux très différents. De l’union assez malheureuse de Léopold et de Sophie naissent trois enfants : Abel (1798-1855), Eugène (1800-1837) et Victor.

Victor Hugo voit le jour le 26 février 1802 à Besançon où son père, qui s’est enrôlé très jeune, est en garnison. Léopold Hugo suit les drapeaux vainqueurs de Bonaparte ; il connaît une ascension rapide dans la hiérarchie militaire, ce qui lui permet d’accéder au poste de gouverneur d’Avellino en Italie, puis d’être nommé gouverneur de trois provinces et comte de Siguenza en Espagne. L’enfance de Victor est quelque peu mouvementée, partagée entre Paris et les lieux de mutation de son père, entre l’amant de sa mère (le général Victor Lahorie) et les maîtresses de son père. À quatorze ans, le futur poète écrit sur un cahier d’écolier : « Je veux être Chateaubriand ou rien. » À dix-sept ans, il fonde avec son frère Abel une revue, le Conservateur littéraire, rédigée presque intégralement par lui. À vingt ans, le jeune poète publie ses Odes (1822), recueil encore classique par la forme mais plein d’audace, qui lui vaut une pension royale. Il l’augmentera et le remaniera quelques années plus tard, sous le titre Odes et Ballades (1828). La mort de sa mère en 1821 permet à Victor d’épouser l’année suivante Adèle Foucher (1803-1868), son amie d’enfance. De ce mariage, il aura cinq enfants : Léopold (1823, mort dans sa première année), Léopoldine (1824-1843), Charles (1826-1871), François-Victor (1828-1873) et Adèle (1830-1915).

3

Le chef de file du romantisme

3.1

Le créateur du drame romantique

En 1827, la préface que Victor Hugo rédige pour son drame historique, Cromwell — sa première œuvre dramatique majeure —, devient immédiatement le manifeste du théâtre romantique. Ce traité se divise en trois parties : la première, à finalité destructrice, condamne les règles aristotéliciennes de l’unité de lieu et de temps (deux des règles appliquées dans le théâtre classique) ; la deuxième partie recommande en revanche de conserver la seule règle acceptable, celle qui concerne l’unité d’action ; la troisième partie, enfin, affirme le droit et le devoir, pour l’art, de représenter la réalité sous tous ses aspects. Hugo définit ainsi, contre l’esthétique du théâtre classique (voir classicisme), les règles d’un nouveau genre théâtral, le drame romantique.

Le drame romantique né des théories de Hugo se caractérise par l’introduction du laid et du grotesque sur la scène théâtrale, par un plus grand souci de la couleur locale et surtout par le mélange des genres — puisqu’au sein d’un même drame figurent des éléments tragiques et comiques.

Le 25 février 1830, la représentation de la pièce Hernani, qui donne à Hugo l’occasion de mettre lui-même en pratique ses principes, se déroule dans une atmosphère surchauffée par les polémiques entre défenseurs de la tradition et tenants des nouvelles doctrines. C’est cette soirée mouvementée, restée dans l’histoire littéraire sous le nom de « bataille d’Hernani », qui fait officiellement de Hugo le chef de file du romantisme français. Hugo illustre encore ses théories au théâtre, notamment avec des drames passionnés comme Le roi s’amuse (1832), interdit par la censure, Lucrèce Borgia (1833) et surtout Ruy Blas (1838), qui parachève son projet théâtral. Voir romantisme.

3.2

Le poète lyrique

Sa renommée de poète lyrique est confirmée par la publication de plusieurs recueils de vers. L’éclatante révélation de Hugo comme poète romantique date en effet de 1829 avec le recueil des Orientales, nourri d’images de la Grèce en flammes et de visions de villes espagnoles. Des Feuilles d’automne (1831) au recueil les Rayons et les Ombres (1840), s’affirment les thèmes majeurs d’une poésie à la fois intimiste et méditative, voire visionnaire : la nature, l’amour, le droit du rêve. Dans les Voix intérieures (1837) apparaît le personnage d’Olympio, double et interlocuteur du poète, immortalisé peu après par le célèbre poème « Tristesse d’Olympio » dans les Rayons et les Ombres.

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