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  • Révolution Française

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Révolution française

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Maximilien de RobespierreMaximilien de Robespierre
Plan de l'article
2.1. 3

Les changements culturels

On a depuis longtemps imputé les fondements philosophiques de la Révolution à Voltaire et à Rousseau. Les idées des Lumières ont progressivement pénétré toutes les couches de la société. Le rationalisme et le progrès, l’aspiration à plus de liberté et d’égalité se répandent partout, y compris dans l’aristocratie. Mais la société d’ordre reste accrochée à ses privilèges et, dans certaines campagnes, on assiste même à une radicalisation du régime seigneurial de la part des petits nobles, souvent appauvris.

Outre ces fondements intellectuels et le caractère subversif de la philosophie des Lumières, les historiens actuels mettent l’accent sur les origines culturelles de la Révolution. Ils insistent sur la sécularisation des mentalités et sur l’émergence d’une opinion publique à la fin du XVIIIe siècle.

Dans un tel contexte, la nécessité d’un changement est ressentie par tous. La France semble mûre pour une réforme de la monarchie. Mais la Révolution va manifester une conjonction chaotique de plusieurs mécontentements : celui, traditionnel et violent, des émeutes populaires ; celui, nouveau, des « talents » inemployés, qui forment une masse d’intellectuels, bloqués dans leur désir d’ascension sociale.

2.2

Les causes immédiates

Depuis 1776, la France est sortie du cycle de croissance entamé en 1730. L’accroissement des dépenses de l’État, en particulier militaires avec la participation à la guerre de l’Indépendance américaine (1775-1783), a alourdi la dette publique au point que la monarchie parvient à peine à payer les intérêts.

Les solutions envisagées par des ministres éclairés et résolus de Louis XVI (Jacques Turgot, Jacques Necker, Calonne) impliquent toutes la fin des privilèges fiscaux et donc une forte contribution des classes exemptées. Tous se heurtent à la résistance de l’aristocratie, fortement attachée à ses privilèges.

En août 1774, Louis XVI nomme l’économiste libéral Jacques Turgot contrôleur général des Finances. Il tente d’unifier le système des impôts et de libéraliser le commerce. La plupart de ses réformes sont annulées, et Turgot est acculé à la démission en 1776 par la faction la plus conservatrice de la noblesse et du clergé, soutenue par la reine Marie-Antoinette. Son successeur, le financier Jacques Necker, n’a guère le temps de mettre en œuvre son programme d’économie budgétaire et d’élargissement de l’assiette fiscale avant sa chute, en 1781. Il acquiert néanmoins une certaine popularité en publiant un rapport sur les finances royales, qui révèle le coût élevé des privilèges.

Aux difficultés économiques et financières s’ajoute une crise agricole provoquée par une série de mauvaises récoltes. Après les rigueurs de l’hiver 1788, le pays connaît une pénurie de blé. En outre, la crise industrielle provoquée par l’arrêt des importations espagnoles de laine et de drap, ainsi que par l’ouverture du marché français aux produits anglais, en 1786, entraîne la fermeture de nombreuses manufactures. La misère populaire augmente, tandis que le nombre croissant de vagabonds génère un climat d’insécurité dans les campagnes, les « peurs ».

Le projet de réforme de l’intendant des Finances Calonne, en 1786, prévoit la création d’une subvention territoriale pesant sur tous les propriétaires. Il est rejeté par l’assemblée des notables, en 1787. Le conflit entre les parlements (composés de nobles) et le gouvernement dégénère en révolte. Les nobles en appellent à l’opinion publique pour réclamer la convocation d’états généraux — assemblée réunissant les représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état — et fomentent de véritables émeutes qui plongent le pays dans l’anarchie pendant près d’un an (journée des Tuiles à Grenoble, le 7 juin 1788, assemblée de Vizille dans le Dauphiné). Leur objectif est en fait de déconsidérer le roi pour lui imposer un pouvoir aristocratique.

3

La Révolution

3.1

Les États généraux

En 1788, sous la pression de l’opinion, Louis XVI se résout à convoquer les états généraux, qui n’ont plus été réunis depuis 1614. Lors de la campagne précédant les élections aux états généraux, la censure est suspendue et un flot de pamphlets exprimant des idées inspirées des Lumières circule. Dans toutes les paroisses de France, des cahiers de doléances adressés au roi sont rédigés.

Jacques Necker, rappelé par Louis XVI en 1788, obtient le doublement de la représentation du tiers état (en majorité des bourgeois), qui doivent disposer d’autant de députés que la noblesse et le clergé réunis.

Les états généraux se réunissent à Versailles le 5 mai 1789. Rapidement se pose la question du mode de scrutin. Les privilégiés réclament un vote par ordre, leur assurant d’imposer leur point de vue, tandis que le tiers état exige un vote par « tête », lui garantissant la majorité. L’impasse de procédure (et l’épreuve de force) dure six semaines et, le 17 juin, le tiers état se proclame Assemblée nationale. Il est rejoint le 19 par la majorité des représentants du clergé (en grande partie des curés) conduits par Emmanuel Joseph Sieyès et par un groupe de nobles libéraux menés par le comte de Mirabeau (élu du tiers état). Méfiante à l’égard du gouvernement royal, qui a apporté son soutien à la noblesse et au clergé, l’Assemblée nationale se déclare seule habilitée à lever les impôts. En guise de représailles, Louis XVI lui supprime sa salle de réunion, la salle des Menus-Plaisirs. L’Assemblée nationale réplique, le 20 juin, en se réunissant dans une salle de Jeu de paume, où elle jure solennellement de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France (voir serment du Jeu de paume).

3.2

L’Assemblée nationale constituante (juillet 1789-octobre 1791)

3.2. 1

La rébellion ouverte

La défiance des députés envers les décrets royaux et les mouvements de mutinerie dans l’armée conduisent le roi à capituler. Après avoir tenté, en vain, de revenir à la représentation en trois ordres, le 27 juin 1789, Louis XVI invite la noblesse et le clergé à rejoindre l’Assemblée nationale, qui s’érige en Assemblée nationale constituante le 9 juillet.

3.2.1. 1
La prise de la Bastille

Cédant aux pressions de la reine et de son frère le comte d’Artois (futur Charles X), Louis XVI appelle plusieurs régiments étrangers loyalistes, qui viennent stationner à Paris et à Versailles. Le 11 juillet, il renvoie le très populaire Jacques Necker. Le peuple de Paris réagit à ce qu’il prend pour une provocation par des émeutes, qui commencent le 12 juillet. Le 14 juillet, la prison royale de la Bastille, symbole du despotisme de la dynastie des Bourbons, est prise d’assaut (voir prise de la Bastille).

Le roi rappelle Necker le 16 juillet et, le lendemain, il se fait présenter par Jean Sylvain Bailly, à l’Hôtel de Ville, la cocarde tricolore (bleu, blanc, rouge), nouveau symbole de la nation. Inquiets de la tournure des événements, le comte d’Artois et d’autres grands du royaume, les premiers émigrés de la Révolution, quittent le pays ce même jour.

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