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Révolution françaiseArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les causes de la Révolution ; La Révolution ; L'apport de la Révolution ; Deux siècles d’historiographie
La bourgeoisie parisienne, craignant d’être débordée par la « populace », a établi en hâte le 13 juillet un pouvoir municipal provisoire et organisé une milice populaire, qui prend le nom de Garde nationale. L’exemple de Paris est bientôt imité partout en France, et la Garde nationale est placée sous le commandement du marquis de La Fayette, qui s’est déjà illustré durant la guerre de l’Indépendance américaine. Incapable de refouler la marée montante de la révolte, Louis XVI retire ses troupes. Depuis plusieurs années, la misère et la disette ont accru le brigandage et le vagabondage dans les campagnes françaises. Les événements de Paris et la crise politique amplifient le sentiment d’insécurité et sont à l’origine de la Grande Peur, qui se répand dans le pays à partir du 20 juillet 1789. Les paysans prennent les armes pour se défendre contre la menace supposée et, la crainte passée, se tournent contre la noblesse pour détruire les traces écrites des droits féodaux, allant parfois jusqu’à incendier les châteaux.
Inquiète de voir le mouvement lui échapper, la bourgeoisie possédante décide de reprendre ces revendications à son compte. Dans la nuit du 3 au 4 août 1789, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie du parti patriote votent l’abolition des privilèges (corvée, servitudes personnelles) et le rachat des autres droits seigneuriaux. Dans les jours suivants, l’assemblée proclame l’égalité des peines, la libre admission à tous les emplois, l’abolition des dîmes levées par l’Église, ainsi que celle de la vénalité des charges et de tous les droits féodaux.
Dans la foulée, elle décide de placer en préambule de la future constitution une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Inspiré de la philosophie des Lumières et conçu sur le modèle du préambule de la Constitution des États-Unis, ce texte est voté le 26 août 1789. Les idéaux révolutionnaires sont résumés sous la formule « Liberté, Égalité, Fraternité ». Tandis que l’Assemblée constituante délibère, la population de Paris, affamée et alarmée par des rumeurs de conspiration royaliste, réclame du pain et s’agite. Des récits rapportant qu’au cours d’un banquet, à Versailles, la cocarde tricolore a été piétinée, font monter la tension. Les 5 et 6 octobre 1789, une foule de Parisiens, principalement des femmes, marche sur Versailles et entame le siège du palais royal. Louis XVI et sa famille sont secourus par La Fayette qui, à la demande des émeutiers, les escorte jusqu’au palais des Tuileries à Paris, où ils s’installent. Après cet épisode, les membres les plus conservateurs de l’Assemblée constituante, qui a suivi le roi à Paris, remettent leur démission. Dans la capitale, la pression des citoyens s’accentue tant sur la cour que sur l’Assemblée. La tendance la plus radicale domine de plus en plus à l’Assemblée, mais l’objectif premier, une monarchie constitutionnelle, est maintenu.
La Constituante consacre la fin de l’année 1789 au vote des lois sur l’élection, le découpage administratif et les questions financières. Les provinces abolies sont remplacées par un découpage en 83 départements. Les titres héréditaires sont bannis, un jury populaire est institué pour les procès criminels, et une refonte complète des lois françaises est entreprise. En instaurant des conditions de propriété pour accéder au droit de vote, la Constitution réduit l’électorat aux seuls possédants. L’autorité législative est confiée à une assemblée unique composée de 745 membres élus suivant un scrutin indirect. La première rédaction de la Constitution reçoit l’approbation du souverain le 14 juillet 1790, au cours des cérémonies grandioses de la fête de la Fédération, au Champ-de-Mars à Paris, auxquelles participent des délégations de tout le pays. Pour éviter la banqueroute financière, l’État est autorisé dès le mois de décembre 1789 à créer une formule qui devient papier-monnaie en mars-avril 1790 : l’assignat est garanti par les terres confisquées à l’Église, les biens nationaux, qui représentent un dixième de la superficie de la France.
La suppression de la dîme et la « mise à disposition de la nation des biens du clergé » (2 novembre 1790) exigent une redéfinition du statut de l’Église et de ses rapports avec l’État. Le 12 juillet 1790, est votée la Constitution civile du clergé, d’inspiration gallicane, destinée à être intégrée à la Constitution. L’organisation de l’Église est calquée sur celle du pays. Il doit désormais y avoir un seul évêque par département ; archevêques métropolitains, évêques et curés doivent être élus par des assemblées électorales. Chacun doit recevoir de l’État un traitement. Cette Constitution civile du clergé est approuvée par le roi en l’état. Lasse d’attendre la consécration de la Constitution civile du clergé par le pape, l’Assemblée constituante exige des ecclésiastiques un serment de fidélité à la nation, le 27 novembre 1790. Cette décision provoque une cassure profonde et imprévue. Bien que la majorité des membres du bas clergé soit pourtant acquise à la Révolution, l’Église est divisée par un schisme. Les prêtres « constitutionnels » acceptent de prêter serment, tandis que les « réfractaires » continuent à ne reconnaître que l’autorité suprême du pape. La plupart d’entre eux prennent le parti de la contre-révolution. La population se retrouve en position de choisir entre un bas clergé dont elle se sent proche et les idéaux de la Révolution.
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