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Révolution françaiseArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les causes de la Révolution ; La Révolution ; L'apport de la Révolution ; Deux siècles d’historiographie
Les quinze mois séparant l’acceptation par Louis XVI du premier projet de constitution à l’achèvement de la version définitive enregistrent l’échec de la tentative de compromis entre le roi et la Révolution. Les rapports de force au sein du mouvement révolutionnaire évoluent sensiblement au profit des radicaux.
Les rumeurs faisant état de contacts réguliers entre la reine Marie-Antoinette et son frère Léopold II, empereur du Saint Empire romain germanique, attisent la tendance radicale. Comme la plupart des autres monarques d’Europe, Léopold a recueilli les émigrés et ne fait pas mystère de son aversion envers la Révolution. La véritable rupture entre le peuple et la famille royale a lieu lorsque celle-ci tente de fuir à l’étranger ; elle est arrêtée à Varennes, le 21 juin 1791. Déjà discrédité par son hostilité manifeste à la Révolution, Louis XVI est ramené à Paris le 25 juin et provisoirement suspendu.
Au sein du camp révolutionnaire, la modification du rapport de force provient avant tout de la méfiance et du mécontentement des couches populaires exclues des élections. Réclamant le droit de vote et surtout des mesures pour mettre fin à la misère, les couches populaires s’ancrent fermement dans le radicalisme. De plus en plus présent lors des débats de l’Assemblée, le peuple parisien exerce une pression sur les délibérations. Ce processus est accéléré par la création de clubs (club des Jacobins, des Cordeliers, etc.) qui, de Paris, font circuler les mots d’ordre révolutionnaires grâce à leurs ramifications dans tout le pays. Le vote de la loi Le Chapelier (14 juin 1791), qui interdit aux « citoyens d’un même état ou profession » de se regrouper, affirme le caractère bourgeois de la Révolution. Le 17 juillet 1791, les sans-culottes se rassemblent sur le Champ-de-Mars pour soutenir une pétition réclamant la déposition du roi. Sous les ordres du marquis de La Fayette, la Garde nationale ouvre le feu sur les manifestants (voir fusillade du Champ-de-Mars). Ce bain de sang provoque une fracture définitive entre le peuple, favorable à l’instauration de la république, et une frange de la bourgeoisie. Les modérés, qui souhaitent une monarchie constitutionnelle, quittent le club des Jacobins et fondent le club des Feuillants. Après avoir démis Louis XVI, la majorité modérée de l’Assemblée constituante, redoutant le désordre croissant, décide de réinstaller le roi sur le trône dans l’espoir de freiner la radicalisation de la Révolution et d’empêcher une intervention étrangère.
Très différente du projet initial, la Constitution est finalement adoptée le 3 septembre 1791. Louis XVI, qui prête serment le 14, devient « roi des Français ». Il conserve l’autorité exécutive, mais ses moyens d’action sont strictement limités. Son pouvoir de veto est simplement suspensif, et l’Assemblée, souveraine et disposant d’un pouvoir prédominant, a un droit de regard effectif sur la conduite des affaires étrangères. L’Assemblée constituante se sépare le 30 septembre 1791. Le lendemain a lieu la première réunion de la nouvelle assemblée, l’Assemblée législative.
L’Assemblée législative est élue au cours de l’été 1791, tandis que Léopold II et Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, se rencontrent à Pillnitz le 27 août et affirment leur soutien à la monarchie française. Cette menace à peine voilée à l’égard de la Révolution décuple l’ardeur des patriotes.
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