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Révolution françaiseArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les causes de la Révolution ; La Révolution ; L'apport de la Révolution ; Deux siècles d’historiographie
Avec la chute de la monarchie, la guerre prend un caractère national et politique au lieu d’être un simple conflit entre princes. Le 20 septembre 1792, une armée de sans-culottes commandée par le général Dumouriez stoppe à Valmy l’avance prussienne. La Convention nationale fraîchement élue, qui se réunit le jour même de cette victoire éclatante, proclame la République le 21 septembre. Le 19 novembre, les Girondins font voter un texte promettant « fraternité et secours à tous les peuples qui voudront recouvrer leur liberté ».
L’accord entre les principales factions de la Convention, les Girondins et les Montagnards, va à peine au-delà de ces premières mesures. Des dépêches optimistes arrivent presque chaque semaine des armées, qui ont pris l’offensive après la bataille de Valmy et se sont successivement emparées de Mayence, de Francfort, de Nice, de la Savoie et des Pays-Bas autrichiens. Au même moment, la lutte s’intensifie à la Convention, la Plaine oscillant entre un soutien aux Girondins (qui craignent l’influence de Paris et souhaitent arrêter la Révolution) et aux Montagnards (plus radicaux). Le premier bras de fer important est le procès de Louis XVI, que les Girondins veulent retarder. La majorité approuve la proposition des Montagnards de le juger pour trahison devant la Convention. Le 15 janvier 1793, par un vote quasi unanime, la Convention déclare le souverain coupable, mais se divise le lendemain sur la nature de la peine. Des lignes de clivage très nettes apparaissent entre les « régicides » et ceux qui refusent la peine capitale. Condamné à mort par une très faible majorité (387 voix contre 334), Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793.
L’influence des Girondins à la Convention nationale diminue sensiblement après l’exécution du roi. Leurs divisions internes au cours du procès atteignent irrémédiablement leur prestige, depuis longtemps au plus bas dans la population parisienne, laquelle leur préfère les Jacobins. Les Girondins subissent aussi les contrecoups des revers militaires essuyés par les armées françaises contre la coalition formée par l’Angleterre, les Provinces-Unies, l’Espagne et plusieurs États italiens. Le 24 février 1793, la Convention vote la conscription de 300 000 hommes. Les émissaires dépêchés dans les départements afin d’organiser la levée sont choisis parmi les Montagnards, creusant le fossé entre Girondins et masses populaires. En Vendée, des royalistes et des prêtres réfractaires savent exploiter le traumatisme causé par l’exécution du roi et l’hostilité des paysans à la conscription pour mener une révolte armée qui s’étend rapidement aux départements voisins. Le 18 mars 1793, le général Dumouriez est battu par les Autrichiens à Neerwinden et passe à l’ennemi. Les Girondins tentent en vain de s’opposer aux propositions jacobines destinées à renforcer le pouvoir du gouvernement. Un Tribunal révolutionnaire est institué le 10 mars 1793 pour juger les suspects et, le 6 avril, la Convention crée le Comité de salut public (organe exécutif de la République) et réorganise le Comité de sûreté générale. La défection du chef de l’armée, l’extension de la guerre civile et l’avance des forces ennemies, qui envahissent à nouveau le territoire national, provoquent une crise à la Convention. La rivalité entre Girondins et Montagnards se fait de plus en plus acharnée. Les Girondins tentent une contre-attaque maladroite en mettant en accusation Jean-Paul Marat, l’un des chefs montagnards les plus populaires et les plus radicaux, qui est acquitté triomphalement par le Tribunal révolutionnaire le 24 avril.
Les 31 mai et 2 juin 1793, une insurrection de trente et une sections parisiennes, menée par le journaliste Jacques Hébert et d’autres radicaux, somme la Convention d’arrêter vingt-sept députés girondins ainsi que les ministres Lebrun-Tondu et Clavière (le premier est exécuté et le second se suicide). Les sans-culottes réclament une meilleure répartition des richesses et la poursuite de la déchristianisation. Ils constituent le principal soutien des Jacobins, qui prennent le contrôle du Comité de salut public le 10 juin, et en font le principal instrument de la dictature révolutionnaire après l’avoir totalement réorganisé. Trois jours plus tard, Jean-Paul Marat est assassiné par Charlotte Corday, une Girondine. L’indignation suscitée par ce crime élargit considérablement l’influence des Jacobins.
Le 24 juin 1793, la Convention promulgue une nouvelle Constitution faisant une large place à la démocratie directe, ainsi qu’une Déclaration des droits de l’homme, d’inspiration plus sociale que la première mais jamais appliquée. Le 10 juillet, Georges Danton quitte le Comité de salut public et, le 27, Maximilien de Robespierre y fait son entrée ; il en devient rapidement le membre le plus influent. En collaboration avec Louis Saint-Just, Lazare Carnot et Georges Couthon, il prend des mesures radicales pour sauver la Révolution et anéantir ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. D’avril 1793 à juillet 1794, la Convention nationale renouvelle chaque mois les pouvoirs du Comité, qui met en place un régime de Terreur, instrument politique de la lutte contre les contre-révolutionnaires.
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