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Révolution française

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Maximilien de RobespierreMaximilien de Robespierre
Plan de l'article
3.4.2. 2
Instauration de la « Terreur »

La situation militaire de la République est critique. Les monarchies européennes coalisées ont repris l’offensive sur tous les fronts. Condé-sur-l’Escaut (10 juillet 1793), Mayence (23 juillet) et Valenciennes (28 juillet) tombent, et Toulon est assiégée par les Britanniques. Un nouveau décret de conscription, publié le 23 août, ordonne la levée en masse de toute la population mâle apte au service. Quatorze armées (750 000 hommes) sont constituées en hâte, équipées et expédiées au front. Les contre-révolutionnaires royalistes et catholiques contrôlent la majeure partie de la Vendée et de la Bretagne. L’insurrection fédéraliste s’étend, et plusieurs villes importantes (dont Caen, Lyon, Marseille et Bordeaux) sont aux mains des Girondins. En outre, le Comité doit faire face à une opposition interne croissante.

La loi des suspects, votée le 17 septembre 1793, permet d’étendre la Terreur. Le 16 octobre, la reine Marie-Antoinette est exécutée, et 31 dirigeants girondins de premier plan (dont Brissot de Warville) subissent le même sort le 31 octobre. La répression s’abat sur tous les royalistes, prêtres, Girondins et autres suspects d’activités ou de sympathies contre-révolutionnaires. Les tribunaux révolutionnaires fonctionnent de manière expéditive et envoient des milliers de personnes à la guillotine. À Paris, 2 585 personnes périssent sur l’échafaud entre avril 1793 et juillet 1794, dont la moitié au cours des deux derniers mois. En province, en particulier dans les régions d’insurrection royaliste, les traîtres, avérés ou suspects, subissent un sort plus dur encore. En trois mois, sous la houlette de Jean-Baptiste Carrier, le tribunal de Nantes condamne à la guillotine plus de 8 000 personnes qui ont soutenu la rébellion vendéenne, et procède à des exécutions de masse par noyade.

Outre les milliers de condamnations à mort prononcées dans toute la France par les tribunaux révolutionnaires, de nombreuses personnes meurent dans les prisons surpeuplées, ou sont sommairement exécutées. Le nombre total de victimes est estimé à près de 40 000 personnes. Tous les courants politiques et toutes les couches de la société sont touchés. Environ 8 p. 100 des condamnés par les tribunaux révolutionnaires sont d’origine noble, 6 p. 100 appartiennent au clergé, 14 p. 100 à la petite bourgeoisie et 70 p. 100 sont des ouvriers ou des paysans accusés de désertion, d’accaparer des denrées, de rébellion et d’autres crimes.

3.4.2. 3
L’apogée de la « dictature jacobine »

C’est le clergé catholique qui subit proportionnellement les pertes les plus importantes. L’anticléricalisme s’exprime encore par l’abolition, en octobre 1793, du calendrier julien, remplacé par le calendrier républicain. Sous l’impulsion de Robespierre, le Comité de salut public tente de réformer la France à partir d’un mélange d’humanitarisme fanatique, d’idéalisme social et de patriotisme. Pour établir une « République de la Vertu », le Comité encourage le culte de la Révolution et prend des mesures contre la corruption et les accapareurs. Le 21 novembre 1793, Maximilien de Robespierre prend position contre la déchristianisation, mais deux jours plus tard, la Commune de Paris décide de fermer toutes les églises et d’encourager activement le culte de la Raison, véritable religion révolutionnaire. Ce mouvement spontané de déchristianisation active s’étend rapidement à toute la France. Prise à l’instigation des chefs radicaux Pierre Chaumette et Jacques Hébert, cette décision accentue le fossé séparant les Jacobins centristes, menés par Robespierre, des « hébertistes » et des « enragés », respectivement puissants à la Convention et au sein de la Commune de Paris.

Grâce à la levée en masse, la guerre contre la coalition tourne à l’avantage de la France. Le général Jean-Baptiste Jourdan bat les Autrichiens à Wattignies le 16 octobre 1793 et, avant la fin de l’année, les envahisseurs sont repoussés au-delà du Rhin et Toulon libérée. À l’intérieur, le Comité de salut public est parvenu à mater les insurrections des royalistes et des Girondins.

Avec l’aide des « dantonistes », Maximilien de Robespierre parvient à se débarrasser de Jacques Hébert, qui est exécuté le 24 mars 1794 avec ses principaux partisans. Le 5 avril, c’est au tour de Georges Danton et des « indulgents », qui réclament la fin de la Terreur. À cause de ces purges et des représailles massives contre les tenants des deux camps, Robespierre perd le soutien de nombreux chefs jacobins, qui se sentent eux-mêmes menacés. Hostile à la déchristianisation et au culte de la Raison des hébertistes, il cherche à mettre en place un culte de l’Être suprême (décret du 7 mai 1794), inspiré de la philosophie des Lumières. Cette tentative pour réveiller le civisme et la morale républicaine se solde par un échec.

Une série de succès militaires, notamment à Fleurus le 26 juin 1794, ouvre la voie à une deuxième conquête des Pays-Bas autrichiens. L’espoir d’une victoire renaît dans l’opinion et la politique quasi paranoïaque, maintenue par Robespierre, perd sa justification. La Terreur atteint son paroxysme à Paris durant l’été 1794, et le bain de sang finit par provoquer l’écœurement de nombreux révolutionnaires.

3.4.2. 4
La chute de Robespierre : le 9 Thermidor

La tension croissante entre le Comité de salut public, où siège Robespierre qui néglige de plus en plus les séances de la Convention, et le Comité de sûreté générale tourne au profit de ce dernier. Ses membres impliqués dans la Terreur (Barras, Tallien, Billaud-Varenne) s’allient aux députés modérés de la Plaine. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), Maximilien de Robespierre, son frère Augustin, Saint-Just, Lebas et Couthon sont décrétés d’arrestation et échouent dans leur tentative d’insurrection de la Commune de Paris. Arrêtés au cours de la nuit, ils sont exécutés le 28 juillet au soir. Dans les jours qui suivent, plus d’une centaine de leurs partisans subissent le même sort. Le 9 Thermidor marque un tournant décisif de la Révolution. La fin de la « République de la Vertu », rêvée par Robespierre, entraîne celle de la radicalisation du mouvement révolutionnaire.

3.4. 3

La Convention thermidorienne (juillet 1794-octobre 1795)

3.4.3. 1
La réaction, une « Terreur blanche »

Jusqu’à la fin de 1794, la Convention nationale est dominée par les députés thermidoriens du centre (la Plaine, ou Marais) qui ont renversé Maximilien de Robespierre et mis un terme à la Terreur. Les clubs jacobins sont fermés en novembre, les tribunaux révolutionnaires supprimés et plusieurs décrets, notamment celui fixant le maximum des salaires et des prix des denrées, sont abolis. Après le rappel à la Convention des Girondins proscrits et d’autres élus modérés, le conservatisme thermidorien fait place à la réaction. Les 1er avril (12 germinal an III) et 20 mai (1er prairial an III) 1795, des émeutes de la faim et des manifestations de protestation éclatent à Paris et dans d’autres régions de France. Ces émeutes sont sévèrement réprimées, et les derniers Montagnards sont exécutés.

3.4.3. 2
Les succès militaires

Durant l’hiver 1794-1795, les forces françaises commandées par le général Pichegru s’emparent des Provinces-Unies, où elles fondent la République batave, et chassent les armées ennemies au-delà du Rhin. La coalition européenne ne survit pas à cette succession de défaites. Le 5 avril 1795, la Prusse et de nombreux États allemands signent, à Bâle, un traité de paix avec la France. Après le retrait de l’Espagne, le 22 juillet, seules l’Angleterre, la Sardaigne et l’Autriche sont encore en guerre contre la République. Les fronts restent stables jusqu’aux campagnes italiennes de Napoléon Bonaparte, l’année suivante. La paix est revenue aux frontières et, en juillet, la tentative de débarquement d’une armée d’émigrés est stoppée à Quiberon (Bretagne).

La suppression du budget du culte, le 18 septembre 1794, a préparé la voie à une séparation de l’Église et de l’État, qui est confirmée par un décret du 21 février 1795.

3.5

Le Directoire (octobre 1795-novembre 1799)

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