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Plan de l'article
Présentation ; Talking Heads, figures de proue de la scène new-yorkaise ; Au-delà du rock, une approche innovante et des influences multiples ; Les activités annexes
Talking Heads, groupe de rock américain formé en 1976.
David Byrne (chant, guitares et claviers) et Chris Frantz (batterie) font connaissance à la Rhode Island School of Design (dans le nord-est des États-Unis). Ils fondent les Artistics (également appelés les Autistics) en 1974, puis les Talking Heads (les « têtes parlantes ») en 1975, ainsi qu’un trio avec Tina Weymouth (basse et synthétiseurs), également étudiante. Vedettes de la scène rock new-yorkaise en 1975-1976 — aux côtés d’artistes et de formations tels que Patti Smith, les Ramones, Television ou encore les New York Dolls —, ils signent un contrat avec Sire Records en 1977. Jerry Harrison (guitares et claviers), qui a fréquenté la Graduate School of Design de Harvard et joué avec Jonathan Richman et The Modern Lovers, les rejoint alors pour enregistrer leur premier album, Talking Heads: 77 (1977) : à l’image du single « Psycho Killer », les compositions sophistiquées reposent sur des canevas musicaux déstructurés et des rythmes syncopés, tandis que la voix légèrement distanciée de David Byrne et les paroles à forte tonalité littéraire relèvent d’une démarche avant-gardiste (l’art rock) revendiquant une forte crédibilité artistique. More Songs About Buildings and Food (1978), produit par Brian Eno, poursuit cette veine musicale originale dans une période marquée en Angleterre par l’avènement du punk et de ses chansons explosives.
Si Fear of Music (1979) initie les premiers pas du groupe — encore timides — vers de nouveaux horizons musicaux, Remain in Light (1980) explore sans détours les rythmes africains (voir musiques d’Afrique) et la musique électronique, tout en s’adonnant à la new wave naissante. Associant synthétiseurs, mélodies pop et guitares syncopées, Speaking in Tongues (1983) renoue avec le style des deux premiers albums et figure parmi les dix meilleures ventes d’albums de l’année aux États-Unis. Les Talking Heads collaborent ensuite avec le réalisateur Jonathan Demme pour Stop Making Sense (1984), qui redéfinit les canons de la mise en scène filmée de concerts. Little Creatures (1985) est l’album le plus accessible du groupe, tandis que Naked (1988), à la fois sérieux et léger, est le dernier volet d’une discographie qui compte parmi les plus influentes du début des années 1980.
Avant même la séparation du groupe, en 1991, chacun des membres des Talking Heads entreprend une carrière individuelle. Jerry Harrison enregistre The Red and the Black (1981) et Casual Gods (1988). Chris Frantz et Tina Weymouth (désormais mariés) donnent des spectacles sous le nom de Tom Tom Club et enregistrent successivement Tom Tom Club (1981), Close To the Bone (1983), Dark Sneak Love Action (1991) et The Good, the Bad and the Funky(2000) : leur musique est un mélange de hip-hop — le rap en est alors à ses débuts —, de musiques africaines, de reggae et de funk ; cette démarche d’ouverture musicale est portée par un trio de voix féminines et guidée par des ambitions artistiques plus modestes que la musique des Talking Heads ne l’était.
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