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anglaise, littérature

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Malory, le Morte d'ArthurMalory, le Morte d'Arthur
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3

Le Moyen Âge anglais

Au cours de cette période, qui s’étend de 1066 à 1485, l’influence de la littérature française sur les formes et les thèmes originaux anglais est importante. À partir de la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066 et jusqu’au XIVe siècle, le français remplace largement l’anglais dans les œuvres littéraires ordinaires, et le latin conserve son rôle de langue savante. Au XIVe siècle, lorsque l’anglais redevient la langue d’élection des classes dirigeantes, il a perdu une bonne partie du système des désinences du vieil anglais, a subi certaines mutations phonétiques et a acquis le trait caractéristique qu’il conserve depuis, l’habitude d’intégrer librement dans le vocabulaire du pays nombre de termes étrangers, à l’époque des mots français et latins. Ainsi, les différents dialectes du moyen anglais parlé au XIVe siècle sont proches de l’anglais moderne et peuvent de nos jours se lire sans grande difficulté.

La littérature en moyen anglais des XIVe et XVe siècles se diversifie. Divers éléments, français et même italiens, l’ont influencée, notamment dans le sud de l’Angleterre. De plus, différents styles régionaux se perpétuent, car la littérature et l’enseignement n’ont pas encore été centralisés. Pour ces raisons, et aussi grâce à la croissance vigoureuse mais irrégulière de la vie de la nation, le Moyen Âge anglais produit des œuvres littéraires assez difficiles à classer.

3.1

L’allégorie

Dans le Nord et l’Ouest, les poèmes sont encore écrits dans des formes très proches des vers du vieil anglais, avec leurs allitérations et leurs quatre accents. Ainsi, les poètes de cour John Gower (1330-1408), John Lydgate (1370-1450) et surtout William Langland (Pierre le Laboureur, 1362 pour la première version) dressent un tableau satirique de la société de leur temps et adoptent une conception chrétienne de la vie en union avec Dieu, et la conduite d’une Église pure. Autre poème visionnaire à allitérations, la Perle, écrit dans le nord-ouest de l’Angleterre vers 1370, véhicule également la doctrine chrétienne, mais son ton est celui de l’extase. Sans doute élégie sur la mort d’une petite fille (mais des interprétations par allégories religieuses très diverses ont été suggérées), ce poème décrit l’innocence enfantine du paradis et la nécessité pour chaque âme de retrouver cette innocence afin de franchir les portes de perles de la Nouvelle Jérusalem, et s’achève sur une étonnante vision du ciel. Le désir mystique de communion avec Dieu est un thème fréquent de la prose et de la poésie de la fin du Moyen Âge, notamment dans le nord de l’Angleterre.

3.2

Romans de chevalerie et d’aventure

Poème allitératif, attribué à l’auteur anonyme de la Perle, Sir Gawain et le chevalier vert (v. 1370) est un roman courtois. La plupart des romans courtois anglais concernent les chevaliers du roi Arthur et s’inspirent de légendes celtiques très anciennes.

3.3

Chaucer

Geoffrey Chaucer est l’auteur de deux romans courtois en vers sans allitération, tous deux inspirés de Boccace. Ce sont le Conte du chevalier (v. 1382), plus tard incorporé aux Contes de Cantorbéry, et Troïlus et Cressida (v. 1385), qui raconte le cours fatal d’un noble et malheureux amour dans le cadre homérique de Troie. S’intéressant plus aux motivations de ses personnages qu’à leurs actions, Chaucer modernise l’écriture courtoise. Introduit à la cour et chargé de missions diplomatiques qui le mènent jusqu’en Italie, Chaucer traduit des œuvres françaises et latines, compose, en s’inspirant du français, plusieurs poèmes semi-allégoriques (le Livre de la duchesse, la Maison de la renommée), et surtout les Contes de Cantorbéry (apr. 1387), fresque réaliste des types sociaux composant l’Angleterre médiévale.

3.4

Les légendes du roi Arthur

Parmi les poètes du XVe siècle, un certain nombre est manifestement influencé par Chaucer, mais, en règle générale, les thèmes et les styles littéraires médiévaux s’épuisent durant cette période. Thomas Malory se distingue par son œuvre importante, dont le Morte d’Arthur (1469-1470, publié en 1485), roman de chevalerie qui perpétue la tradition du roman de la geste d’Arthur, dans une prose d’une vivacité et d’une vigueur remarquables, mais dont l’intérêt réside plus dans le développement psychologique des personnages, en particulier celui de Lancelot, tiraillé entre son amante Guenièvre et son ami Gauvain, que dans l’écriture épique de la quête du Graal. Par-delà les nombreuses péripéties et l’intrigue complexe, le thème dominant est aussi celui du nécessaire sacrifice des passions individuelles pour préserver l’unité nationale et le salut religieux, symbolisé par le Saint-Graal. Voir cycle arthurien.

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